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Besson / Guillon

Publié le 30 mars 2010 par Aurelinfo
87988 une-guillon-bessonLa réplique de Stéphane Guillon à Éric Besson était attendue. Le Scud guillonesque est tombé, il y a une semaine mardi matin, à 7 h 55. L'humoriste d'Inter a pris un malin plaisir à répondre aux accusations ("racisme", "dérive") du ministre de l'Identité nationale, proférées lundi matin, en prélude à son interview par Nicolas Demorand. Le ton était plus ironique et moins violent que la veille où il avait imaginé Besson en "taupe" engagée par Jean-Marie Le Pen pour infiltrer le PS, puis l'UMP en vue d'instaurer une "France pure et blanche, sans délinquance, sans burqa et sans rappeur."

Et Plantu, alors ?

Guillon s'est amusé à comparer la réaction du ministre à sa fille Violette, aussi "colérique et sanguine". "Mais bon, elle a trois ans", ajoute Guillon en piquant le caractère d'Éric Besson. Au lendemain d'une élection perdue par la droite, l'humoriste a qualifié le ministre de "mauvais perdant" à l'image de son frère "totalement immature à 45 ans". Guillon a également ironisé sur les SMS reçus par Besson et qui l'ont induit en erreur sur les propos réellement prononcés à son endroit par l'humoriste. "Nous, on vérifie nos sources, on ne travaille pas par SMS", a enfoncé Guillon.

Mais la partie la plus intéressante de cette chronique a tourné autour des excuses que Jean-Luc Hees, le patron de Radio France, a présentées à Éric Besson. D'abord, Guillon invente que Hees lui en a présenté pour l'accusation de "racisme" que Besson lui a lancée. Puis, il feint d'abonder dans le sens de Hees et force le trait en présentant des "excuses" outrées pour avoir peint "l'oeil de fouine et le menton fuyant" du ministre. À l'appui de sa démonstration par l'absurde, il enjoint le patron du Monde à s'excuser auprès des politiques pour les "caricatures immondes" de Plantu quand celui-ci dessine "Martine Aubry en éléphant" ou Nicolas Sarkozy dans un nuage de mouches.

Hees et Val pris en otage

Guillon n'ignore pas qu'il marche sur un fil tendu qu'à tout moment Philippe Val, le patron de France Inter, pourrait rompre. Les deux hommes se détestent. Guillon joue à se faire peur en prétendant, pour les auditeurs d'Inter qui ne possèdent pas les codes de la maison, que leurs relations sont chaleureuses. Mais surtout, il comprend tout le parti qu'il peut tirer de la polémique avec Besson : "Si jamais (Philippe Val) avait envie de me virer en juin, maintenant, il ne peut plus. Il est coincé. On dira qu'il obéit à Éric Besson. Heureusement qu'on s'apprécie beaucoup, ce n'est pas d'actualité."

Jean-Luc Hees, en prenant ses fonctions, avait l'intention de ne pas se laisser imposer un rapport de force avec l'humoriste le plus poil à gratter de la station. Il avait en tête le calvaire vécu par son prédécesseur, Jean-Paul Cluzel, dont les derniers mois avaient été chahutés par les conséquences politiques de l'humour vache de Guillon. Pur prétexte pour l'écarter de son fauteuil... Hees, osera-t-il, après la sortie d'Éric Besson et toutes celles que Guillon ne manquera pas de susciter d'ici juin, réajuster la tranche d'humour matinale comme il en avait le projet ? Le patron de Radio France aurait préféré un humour moins violent, qui dit les choses avec plus de tendresse, à la manière d'Omar et Fred, le duo comique de Canal+, dont il est un fervent admirateur... Guillon l'a pris en otage. Et avec lui, tout Radio France. Chapeau l'artiste !

Source : Le point

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