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Un campement pour défendre un projet d’hébergement - LibéLyon

Publié le 30 mars 2010 par Unpeudetao

 
Un campement pour défendre un projet d'hébergement

Depuis lundi matin, les abords de la mairie du 8e arrondissement de Lyon sont occupés par des lits de camps, des tentes et des panneaux qui résument la colère de salariés d'une association qui travaille auprès de grands exclus. Le centre d'hébergement d'urgence qu'ils gèrent doit fermer mercredi : le bail, signé avec le Grand Lyon, s'achève. Ils pensaient ces dernières semaines avoir trouvé l'alternative idéale. L'Opac du Rhône, soutenu par l'Etat, était disposé à racheter la clinique Montplaisir, située dans le 8e arrondissement et fermée depuis un an, pour y installer leur centre d'hébergement, ainsi qu'une trentaine de places pour des personnes vieillissantes en grande précarité, et une quarantaine de chambre pour des étudiants.

Beau projet de mixité mais il a provoqué un tollé auprès des riverains et de la mairie d'arrondissement, informée tardivement. Devant les protestations, l'Opac a renoncé à acheter le bâtiment…

L'association REGIS accueille soixante personnes dans son centre d'hébergement d'urgence. Le bail, qui arrivait à terme au printemps 2008 a été prolongé par le conseil général puis le Grand Lyon a trouvé une solution de remplacement, le temps de trouver une solution. L'association expliquait qu'elle avait besoin de 1.000 m2 pour un bâtiment de deux étages maximum. “Le Grand Lyon leur a proposé un terrain à côté de Perrache”, explique Jean-Louis Touraine, premier adjoint au maire de Lyon. L'association répond qu'il était si petit qu'il aurait fallu construire sur six étages, ce qui rendait la gestion impossible compte tenu de ses moyens d'encadrement.

Cet hiver, un élu communiste du 3e arrondissement a eu l'idée d'utiliser la clinique Montplaisir, vide depuis quelques mois, pour installer le centre. Il a mis en lien l'association, l'Etat, et Heïdi Giovachini, ex-adjointe à la ville de Lyon qui avait dirigé la clinique Montplaisir avant sa fermeture. Travaillant toujours pour le groupe propriétaire des murs, elle a sondé les responsables, qui étaient prêts à vendre. Le bâtiment, fermé depuis mars 2009 seulement, présentait l'avantage d'être aux normes pour l'hébergement. Mi-janvier, à la demande de l'Etat, REGIS a d'ailleurs installé dans la clinique une soixantaine de personnes à titre provisoire pour répondre en urgence au manque de places par grand froid.

L'Opac du Rhône, qui dépend du conseil général, était prêt à racheter la clinique. L'Etat de son côté s'engageait à participer à hauteur de 1,2 millions d'euros à l'investissement, et d'assurer une partie du fonctionnement. “Dès que l'idée a germé, explique une porte-parole de la préfecture du Rhône, le préfet a considéré que c'était une initiative intéressante. Cela réglait le problème du centre Cléberg, cela participait à régler le problème du logement social à Lyon, et cela nous semblait en outre un projet intéressant en terme de mixité.” Le préfet a donc écrit aux élus pour leur dire qu'il soutiendrait ce projet et l'Opac a pris attache avec l'université Lyon III au sujet des chambres d'étudiants. Le bâtiment permettait de proposer des entrées dédiées et des patios très séparés, afin d'éviter les problèmes de voisinage.

Tout semblait rouler, sauf que les promoteurs du projet ont eu le tort de ne pas associer les élus locaux à leur idée. “D'un seul coup, ils ont jeté leur dévolu sur la clinique Montplaisir, sans nous prévenir”, affirme Jean-Louis Touraine. L'idée a soulevé une véritable bronca de la part des riverains et des élus de l'arrondissement, de droite comme de gauche. Ils considéraient que leur arrondissement avait assez donné avec déjà un foyer d'hébergement à proximité de la clinique, et une autre structure qui devrait prochainement accueillir des couples, des personnes isolées et des “SDF avec chiens”. Début mars, la mairie du 8e a prévenu les responsables de REGIS qu'elle s'opposerait à leur projet. Non que ce dernier lui déplaise. Mais elle considérait que chaque arrondissement devait prendre sa part. “L'hébergement d'urgence, c'est comme les autoroute, soupire Jérôme Colrat, directeur de REGIS. Tout le monde est content qu'elles existent, mais personne n'en veut en bas de chez lui.”

Devant les résistances, et après un échange entre Michel Mercier, président du conseil général, et Gérard Collomb, l'Opac du Rhône a renoncé à racheter la clinique. Le préfet a alors écrit au maire du 8e pour s'étonner de son opposition au projet. Et ajouter, selon la porte-parole de la préfecture, qu'il ne comprendrait pas pas “que le bâtiment soit vendu à un promoteur privé au lieu de conserver sa vocation sociale”.

Le Grand Lyon propose désormais une “solution transitoire”. L'occupation dans le bâtiment dans lequel le centre est pour l'instant installé serait prolongée. “Ils pourront, indique Jean-Louis Touraine, rester là un certain temps, jusqu'à ce qu'une solution intermédiaire soit trouvée.” L'occupation pourrait, selon la mairie, être prolongée de quelques mois. Puis, en attendant de disposer d'une solution définitive, les personnes hébergées seraient réparties dans des foyers de type Sonacotra de l'agglomération.

Le courrier devait partir lundi du Grand Lyon. Les responsables de l'association, qui venaient de recevoir le soutien d'élus Verts et communistes, n'en avait pas encore été informés.

Olivier BERTRAND.

http://www.libelyon.fr/info/2010/03/campement-pour-d%C3%A9fendre-un-projet-dh%C3%A9bergement-mixte.html

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Association Régis :

www.asso-regis.org


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