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Sarkozy au plus bas, droite aux abois

Publié le 30 mars 2010 par Hmoreigne

Homme pressé, Nicolas Sarkozy est un Président qui s’use plus vite que les autres. A mi-chemin d’un mandat réduit à seulement cinq années, le voilà au plus bas des sondages menacé par le syndrome Giscard : être sèchement sanctionné dans la quête d’un deuxième mandat. Dans sa descente aux enfers, le président emmène avec lui une droite en rien préparée à un tel scénario.

Tout avec Nicolas Sarkozy devient possible. Cette promesse là est tenue. Celui qui à fait gagner hier son camp sera-t-il demain celui qui les fera perdre ? Dès à présent il mesure que si Nicolas Sarkozy n’a pas l’assurance de l’emporter en 2012, il pourrait ne pas être candidat. Las, ce choix qui n’interviendrait que dans les derniers mois ne laisserait guère de temps à la majorité pour s’organiser et se ranger comme un seul homme derrière un candidat alternatif.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, des personnalités à l’instar d’Alain Juppé se mettent désormais à rêver tout haut qu’elles pourraient incarner le plan B d’une majorité orpheline de champion. A cet égard le fait que Xavier Bertrand ait évoqué la mise en place de primaires constitue un appel d’air à des vocations qui ne vont pas manquer de s’organiser et de se manifester.

En attendant de désigner un capitaine pour un éventuel radeau de sauvetage, les parlementaires dans un réflexe grégaire serrent les rangs. La défaite des régionales était certes annoncée mais le vacillement du pouvoir qu’elle a suscité a profondément troublé la confiance des parlementaires dans un chef plus craint qu’apprécié. Peu importe d’ailleurs le sort de celui-ci, les députés UMP craignent pour leur propre gamelle, imaginant d’ores et déjà la vague rose qui viendrait les balayer si un président socialiste était élu.

François Fillon a beau tenter de motiver les troupes, on ne passe pas du jour au lendemain du rôle de Premier ministre ectoplasmique à chef de guerre respecté. L’intendance a tué la carrure d’homme d’Etat d’un chef de gouvernement trop discret ravalé à des fonctions de boutiquier.

Avec la côte de confiance, c’est la magie de la campagne de 2007 qui s’en est allée. La thérapie de groupe des parlementaires de la majorité aura certes fait du bien dans l’instant mais ne saurait être constitutive d’une nouvelle dynamique. Les élus du Nouveau Centre qui s’estiment mal traités ont boycotté la séance et Jean-François Copé s’est vu opposer un refus poli à son idée d’élaboration d’un nouveau pacte majoritaire pour les deux années restantes.

Etrangement, mêmes mécontents les parlementaires ne veulent pas remettre en cause la prééminence de l’exécutif pour s’inscrire dans une co-production législative comme s’ils avaient peur d’assumer directement des responsabilités qu’ils préfèrent laisser à l’Elysée.

La volonté affichée de rester dans le respect des engagements de 2007 n’a pourtant guère de sens. La crise a mis à mal l’idéologie libérale qui a présidé à l’élaboration de la plateforme programmatique de l’UMP des dernières présidentielles. Sans parler de coup de barre à gauche, une partie de la droite ne serait pas mécontente de renouer avec un gaullisme social plus adapté aux attentes des français.

François Fillon, l’idéologue de la plateforme de 2007, n’en veut pas, persuadé que les Français ne voient pas que la France s’en sort mieux et plus vite que la plupart de ses voisins européens. On ne change pas une politique engagée depuis trois ans, qui commence à peine à produire ses effets, au risque de rater le train de la croissance qui repart“, déclarait-t-il dernièrement au Journal du Dimanche. Ce faisant, “le collaborateur de Matignon” prend le risque d’apparaître comme un point de blocage pour un président de la République plus pragmatique et moins dogmatique.

Si on est là, c’est grâce à lui” a reconnu Éric Raoult en parlant de Nicolas Sarkozy avant d’ajouter “Je ne veux ni le Titanic ni le Bounty“, autrement dit, ni le naufrage ni la révolte. Titillés par leur base et conscients qu’une hausse des impôts sera incontournable face à l’ampleur de la dette publique, les députés UMP ne cachent plus leur agacement à l’encontre du bouclier fiscal . Outre une plus grande pédagogie à l’égard de réformes ressenties comme anxiogènes, les députés qui ont dans leurs circonscriptions les fesses sur des barils de poudre, ont conscience de la forte demande d’équité et d’égalité qui traverse la société française.

Relégué à jouer la mouche du coche, Alain Juppé ne ménage pas ses critiques tant sur le maintien du bouclier fiscal que l’abandon de la taxe carbone sans oublier le fonctionnement de l’UMP. “Il faut conforter l’UMP, lui redonner son sens originel. L’UMP n’est pas une écurie présidentielle, c’est un lieu de débat, de propositions, où diverses sensibilités se manifestent” écrit l’ancien ministre sur son blog. Nicolas Sarkozy qui se vantait il y a encore peu d’être le DRH du PS devrait peut être s’occuper de l’UMP.


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