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Pléonasme

Publié le 30 mars 2010 par Olivier57

avril 2010, mars 2010, février 2010, janvier 2010, décembre 2009, novembre 2009, octobre 2009, septembre 2009, août 2009 ... tiens non, en août, pas de grève SNCF ?

C'est vrai, c'est les vacances, mais une petite grève début juillet, cela ne se refuse pas !

Plus un mois sans grève SNCF, on ne sait plus si on doit s'en moquer ou s'en offusquer, mais la grève à la SNCF, ce n'est plus une seconde nature mais une première, et le rapprochement de ces deux termes relève maintenant du pléonasme.

On constate les pertes abyssales du fret SNCF, alors que dans le même temps, chaque jour, des files ininterrompues de camions sillonnent jour et nuit les grands axes de toute la France. Des millions de tonnes de gas-oil qui partent en fumée, merci pour la planète, merci pour nos enfants, merci pour nous tout court.

J'avais envie de hurler, de pester après une Direction de la SNCF bornée, des gouvernements successifs incompétents, des syndicats obtus, quand je me suis aperçu que je l'avais déjà fait... il y a près de 3 ans...

Finalement, la SNCF, ses syndicats, ses cheminots, ses patrons, ses organismes de tutelle, c'est surtout de pleurer qu'ils donnent envie devant tant de gâchis et de stupidités partagées, devant cette incapacité à construire ensemble pour le plus grand bien de tous.


Il y a quelques années, lorsque je partais en vacances, ma voiture était trop petite, je mettais l'excédent dans une grande malle métallique que j'expédiais par le SERNAM (Fret SNCF). Aujourd'hui, si je vais dans une gare avec une malle, je ne suis même pas sûr que je trouverai un employé qui sache quoi en faire.

Alors qu'une autoroute comme l'A1 est remplie en permanence d'une file continue de camions de Paris à la frontière belge, que l'ancienne voie ferrée juste à coté ne sert plus à grand chose en raison du Thalys, alors que l'on se rend bien compte de l'intérêt du rail sur la route pour les longues distances "écologiques", la SNCF annonce qu'elle va supprimer des milliers d'emplois dans son service Fret. On peut sans nul doute considérer que ceci est un véritable scandale national dans lequel gouvernements, directions et syndicats SNCF ont une lourde part de responsabilités.

- Les gouvernements successifs, qui n'ont pas joué leur rôle en devançant la prise de conscience écologique et l'aspiration au développement durable, manquant d'imposer à la SNCF le développement d'un transport combiné rail/routes ;

- Les directions SNCF, qui ont privilégié le TGV et délaissé le fret et les trains de banlieue, activités pourtant importantes pour limiter les déplacements indviduels, en négligeant de renforcer l'offre, le service et l'accueil du public ;

- Les syndicats, qui ont la réputation d'avoir des priorités plus orientées vers la conservation des avantages acquis que vers les innovations et les évolutions de structures ;

A l'instar de la Poste, autre organisme de transport, qui était, elle aussi, assise sur une mine d'or et dont l'immobilisme a favorisé l'expansion des UPS, Federal Express et autres DHL, la SNCF a pâti d'une gestion sclérosée et sans imagination de tous les responsables partenaires. Il suffit de comparer le site UPS et le site SERNAM pour comprendre.

Et pourtant...

Il était possible de favoriser la dépose de colis dans le réseau des gares ou auprès de commerçants, au profit de livreurs locaux, favorisant ainsi des emplois dans le secteur des livraisons à domicile ;

Il était possible de promouvoir la mise en place de hubs, où les routiers seraient venus chercher les containeurs voyageant sur des wagons plateaux, comme pour le transport maritime ;

Il était possible de faire des offres attractives et de les promouvoir auprès des particuliers et des entreprises ;

Il était possible de créer des wagons plateaux pour les véhicules, accompagnés de couchettes, d'un bar, d'un restaurant pour les routiers longue distance, afin que ceux-ci se reposent dans de meilleures conditions que sur une aire d'autoroute pendant que le chargement avançait, à la grande satisfaction des entreprises et de leurs Clients ;

Il était possible de polluer moins, en coupant les moteurs des camions sur les plateaux, au lieu de réduire la vitesse à 80 comme le propose aujourd'hui un syndicat du transport, conscient du problème de leur pollution ;

Il était possible de préserver l'environnement sans qu'un autre secteur en pâtisse, sans que les salariés en souffrent, bien au contraire en créant des emplois ;

Beaucoup de choses étaient possibles et c'est toujours triste de voire des pactoles partir en fumée par incompétence et manque d'esprit innovant. Et cette fumée, c'est celle du fuel lourd.  Ce serait bien que l'on mette autant d'énergie dans l'étude des responsabilités des échecs du fret SNCF que l'on en met dans celle de l'affaire Clearstream.


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