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Orgie manipulatrice

Publié le 02 avril 2010 par Ruminances

questionmanipulation.jpgAlors que le pays bat de l'aile, que tous les paramètres sont au rouge, que son crédit personnel est au plus mal - histoire de décompresser et se faire lustrer le poil - le National Président fait son petit voyage au États-Unis pour sauver son Oncle et en orchestre la mise en scène par des médias serviles, de ce côté-ci de l'atlantique. Il se rend là-bas pour prescrire à son hôte quelques remèdes en matière de gouvernance. Pour lui prodiguer quelques leçons du savoir-vivre français. Pour expliquer à un public éberlué, depuis son pupitre sur mesure expédié depuis Paris en bagage accompagné, la meilleure façon de circonscrire le mal qui perdure, le capitalisme mondial. Entendant ces propos, le capitalisme américain vit dans la terreur. On ne rit pas, des millions de français ont entendu et vu les images à la télé.

Je suis atterré en regardant la télévision française. Un tel état de servilité est proprement honteux. Tous les médias hexagonaux couvrent ce déplacement comme on sert la soupe à son maître. On se dit qu'un tel déversement d'images et de commentaires ne peut être que le résultat d'une visite triomphale. D'une sorte d'apothéose. Je ne suis qu'à moitié surpris en apprenant par la bouche de Jean-Jacques Annaud revenant d'Amérique (invité par Frédéric Taddei dans l'émission « Ce soir ou jamais » de ce mercredi), que le « triomphe » dont parlent tant les médias n'est qu'une mise en scène très locale. En gros ou en détail, J.-J Annaud affirme que tout ça n'est rien que du vent. Que la visite de Donquichute au pays de l'Oncle Sam était à peine commentée outre-atlantique. Juste s'il a eu droit, par civilité, à quelques entrefilets dans la presse.

Chez nous, la télé s'est donnée à coeur-joie. Que TFBouygues fasse faire la promo du pote du patron par les larbins encartés de la rédaction, pourquoi pas ? Bien que cela ne relève pas de la déontologie, la maison Bouygues roule pour le locataire de l'Elysée et ne s'en cache pas. Le pire venant des médias de type « service public » et autres chaines plus ou moins cryptées. Pas un plateau n'a manqué à l'appel. Tous ont donné sans bémol dans l'aspect « historique » de cette remuade grotesque. Tous ont parlé de l'extraordinaire « importance » du voyage américain dans la relation diplomatique entre les deux pays, alors que nul n'ignore que ce geste politique de la part d'Obama est motivé par la diplomatie américaine qui jugeait le dédain de Barack pour Sarko comme une maladresse. Ce nouvel allié pouvant être utile à l'occasion. Ni plus ni moins. Quant aux familiarités entre les deux hommes, passons…

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