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Difficile situation à Léogâne Par Djems Olivier Plus de ...

Publié le 03 avril 2010 par 509
Difficile situation à Léogâne
Par Djems Olivier
Plus de deux mois après le séisme dévastateur du 12 janvier, la ville de Léogâne, détruite à 90%, peine encore à se relever. Aucune opération de déblaiement n’a jusqu’à présent été lancée. Les rescapés se trouvant dans les camps de fortune sont toujours dans l’attente de tentes et d’aide alimentaire, à l’approche de la saison des pluies. Une situation qui préoccupe particulièrement le député Anthony Dumont.
A environ 30 kilomètres au sud de Port-au-Prince se trouve Léogâne, une ville côtière dont la population était estimée, jusqu’à récemment, à plus de 200 000 habitants. Mais le séisme du 12 janvier qui a dévasté la capitale haïtienne et ses communes avoisinantes n’a pas épargné l’ancienne capitale du Royaume Xaragua, connue aujourd’hui sous le nom de Cité Anacaona.
Deux mois et demi après le tremblement de terre meurtrier, rien n’a pratiquement changé dans la ville de Léogâne. Des tonnes de débris jonchent encore les rues, les sinistrés hébergés provisoirement dans des camps construits en tôle ondulée attendent désespérément de l’eau potable, de la nourriture et d’abris dans la foulée de la saison pluvieuse qui se profile à l’horizon. Une situation qui révolte le député de cette commune Anthony Dumont et le juriste Max Mathurin, responsable de communication de la Cellule d’urgence et de reconstruction de Léogâne (CURL).
« Le président [René Préval] ne nous a pas visités, alors qu’il s’était rendu dans la ville des Cayes après les inondations survenues dans le département du Sud » à la fin du mois de février, condamne le parlementaire. La région de Léogâne n’est pas encore touchée par le cash for work, un programme à haute intensité de main-d’œuvre lancé par le gouvernement, selon Anthony Dumont.
« Nous ne sommes pas satisfaits de la distribution de l’aide humanitaire. Nous n’avons pas le contrôle de la situation. Il y a des gens qui n’ont rien reçu deux mois et demi après le désastre », déplore Max Mathurin. « Les sections communales de Léogâne ne sont pas encore touchées », a-t-il dit.Relocaliser les sans-abriLes autorités municipales devraient trouver un compromis avec les propriétaires de terrains non inondables pour construire des abris temporaires pour les sinistrés dont les maisons ont été détruites dans le séisme du 12 janvier. Il s’agit d’une idée émise par le gouvernement, si l’on croit le député de Léogâne. Mais pour loger les milliers de sans-abri éparpillés sur des espaces publics, M. Dumont estime que plus de 20.000 tentes sont nécessaires.
« Nous vivons difficilement dans ce camp d’hébergement, personne ne nous assiste. Quand il pleut, nous ne pouvons pas dormir », explique une jeune mère de famille, logée provisoirement sur une place publique située à proximité de la Mairie.
A quelques mètres près, se trouve la bicoque d’un homme apparemment dans la trentaine. Ce jeune père d’un enfant garde encore le souvenir amer de la dernière pluie qui s’était abattue sur toute la ville.
« J’ai passé la nuit debout, l’eau montait jusqu’à mon lit. Je suis vraiment dans une situation désespérée et je ne sais où aller », affirme-t-il, avec désolation.
Survivre après la catastrophe
Grâce aux transferts d’argent effectués par leurs proches vivant à l’étranger, ces sinistrés, pour la plupart, arrivent à peine à survivre. Mais les bandits armés qui se sont retranchés dans la région ont déjà attaqué l’une des principales maisons de transfert desservant la population. A cela s’ajoute la destruction, par le séisme, des locaux de la caisse populaire CLEF qui, actuellement, fonctionne tant bien que mal dans un ajoupa construit en objets hétéroclites.
A quelques mètres de l’hôtel de ville, le bureau régional de la Direction générale des impôts (DGI). Une partie de la toiture de ce bâtiment public a été emportée à l’occasion du séisme meurtrier. Ulrick Métellus, un inspecteur du fisc est à son poste de travail, mais aucun contribuable ne lui a pas rendu visite. « Dans ces conditions, nous ne pouvons pas parler de recettes, parce que les habitants ont perdu tous leurs avoirs », reconnait M. Métellus qui a échappé belle lors de cette tragédie.
C’est le même cas de figure à l’église Sainte Rose de Lima. Sur l’emplacement de cette église de confession catholique romaine, des hommes, pressés par le temps, œuvrent à la construction d’une structure en bois, rien que pour accueillir les fidèles à l’occasion de la fête de Pâques. Le père Josué Séide supervise la construction de ce temple. « Nous invitons les chrétiens catholiques ainsi que tout le peuple haïtien à se rapprocher vers Dieu », lance le vicaire de la Paroisse Sainte Rose de Lima qui commémore en 2010 ses 500 ans d’existence.

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