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Rencontre des bailleurs de fonds / Le PARDH : une vision ...

Publié le 06 avril 2010 par 509
Rencontre des bailleurs de fonds / Le PARDH : une vision en deux temps

Rencontre des bailleurs de fonds / Le PARDH : une vision ...

Le premier ministre haitien Jean-Max Bellerive. 


En acceptant de financer, même au-delà des attentes du gouvernement haïtien, le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti (PARDH), la communauté internationale a dit approuver ce document. Pour le ministre de l’Économie, c’est un travail récompensé. Ronald Baudin a indiqué que le gouvernement avait pris toutes les précautions nécessaires au cours de l’élaboration de ce plan.
Depuis le lundi 29 mars, le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti (PARDH) était disponible sur le site de la conférence des bailleurs. En une cinquantaine de pages, illustrées de photos et en sept chapitres, le gouvernement a présenté « les grands chantiers de l’avenir ». Le rêve : transformer la catastrophe du 12 janvier 2010 « en une opportunité pour qu’Haïti devienne un pays émergent d’ici 2030 ». Cette vision a été exprimée, en février, par le Premier ministre Jean Max Bellerive au moment de lancer les travaux du Post Disaster Needs Assessment (PDNA), et par le président René Préval, le 14 mars, lors de la clôture des travaux de réflexion du secteur privé haïtien.
« Cette proposition est haïtienne », lit-on dans le document comme pour faire nettement le distinguo entre ce texte et le PDNA. Elaboré par des cadres nationaux, avec la collaboration d’experts internationaux, le PDNA ne présente qu’une évaluation des pertes et dommages estimés à environ huit milliards de dollars. Alors que, à travers le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti, le gouvernement présente une vision, dans un premier temps, sur 18 mois, et sur 10 ans, dans un second temps. « Malgré le temps court, les principaux secteurs de la société haïtienne ont été consultés », souligne le document.
Perte de 120 % du PIB d’Haïti en 2009
Dans son évaluation, le PDNA a relevé 300 000 morts et autant de blessés. 15 % de la population haïtienne, soit 1.5 millions de personnes, sont affectés directement. Le plan dénombre 1.3 millions de sans-abri, dont 600 000 déplacés qui ont abandonnés les zones sinistrées. Le PDNA a également répertorié 105 000 résidences totalement détruites, 208 000 autres endommagées, 1 300 établissements d’éducation et plus de 50 hôpitaux et centre de santé effondrés ou inutilisables.
Evalué à 7.9 milliards de dollars, le PDNA indique que les pertes et dommages représentent 120% du Produit intérieur brut d’Haïti en 2009. À 70 % du total, soit 5.5 milliards de dollars, le secteur privé est le plus frappé et le secteur public à 30 %, soit 2.4 milliards de dollars.
Les pertes du secteur logement sont estimées à 739 millions de dollars, tandis que les dommages se chiffrent autour de 2,3 milliards de dollars. 639 millions constituent le montant des pertes et dommages du secteur commercial. Les pertes du secteur transport et les dommages subis par les bâtiments de l’Administration publique s’élèvent autour de 595 millions de dollars. Le PDNA ne présente pas de chiffre exact concernant l’éducation et la santé. Il a simplement avancé une moyenne de 6 % pour ces deux secteurs.
18 mois pour déclencher le « véritable renouveau »
À travers le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti (PARDH), le gouvernement estime que les besoins du pays se chiffrent à 11.5 milliards de dollars. Dans l’immédiat, il veut faire face à l’urgence, redémarrer les activités économiques, gouvernementales et sociales. Comme autres priorités, il souhaite réduire la vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles et relancer Haïti sur la voie du développement.
Le gouvernement s’accorde les dix-huit prochains mois pour mettre fin à la période d’urgence et préparer les projets déclencheurs du « véritable renouveau ». Pour cette étape, plus de 3.8 milliards de dollars sont nécessaires. D’autre part, une perspective de dix ans est aussi dégagée qui tienne compte des trois cycles de programmation de la Stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté.
Des 11.5 milliards de dollars, 50 % devront être utilisés pour les secteurs sociaux, 17 % pour les infrastructures y compris logement, et 15 % pour l’environnement et la gestion des risques et des désastres. Tout devra se réaliser et s’exécuter à travers quatre grands chantiers : refondation territoriale, refondation économique, refondation sociale et refondation institutionnelle.
Par refondation territoriale, le PARDH entend identifier, planifier et gérer des nouveaux pôles de développement. Il veut stimuler le développement local, la reconstruction des zones affectées, la mise en place des infrastructures économiques nécessaires à la croissance, la gestion du foncier.
Dans le budget de la refondation, 500 millions sont consacrés aux infrastructures de base. Il est également prévu 265 millions de dollars pour la gestion des décombres, 130 millions pour la prévention et la gestion des risques et des désastres, 10 millions de dollars pour la reconstruction des édifices publics.
Le deuxième grand chantier consiste en la refondation économique qui doit passer par la revalorisation des secteurs clés, la modernisation de l’agriculture, le développement du secteur de la construction professionnelle, la poursuite des activités de l’industrie manufacturière et l’organisation du développement touristique. Ainsi 260 millions de dollars seront engagés dans la production agricole, 400 millions dans l’investissement et l’accès au crédit et 157 millions de dollars pour l’accès à l’électricité.
Le PARDH, à travers sa vision de la refondation sociale, priorise un système éducatif garantissant l’accès à l’école à tous les enfants, une éducation professionnelle et universitaire répondant à l’exigence de modernisation de l’économie, un système de santé assurant une couverture maximum sur tout le territoire. Il prévoit également une protection sociale pour les salariés et les plus vulnérables.
Dans le cadre du volet refondation sociale, 295 millions de dollars sont consacrés au logement temporaire et permanent de la population, 400 millions à la création d’emplois à haute intensité de main-d’œuvre. Un crédit de 470 millions de dollars est alloué à l’éducation pour préparer la rentrée scolaire et la construction d’écoles. Il est prévu 70 millions de dollars pour la protection sociale.
La remise en fonctionnement des institutions étatiques, la mise en place de la structure de gestion de la reconstruction, sont entre autres éléments faisant partie de la refondation institutionnelle. Cette refondation vise également l’établissement d’une culture de transparence et reddition de comptes.
Pour réaliser ce dernier grand chantier, 155 millions de dollars sont budgétisés pour les institutions démocratiques, dont 60 millions pour l’organisation des élections et 20 millions pour le fonctionnement du Parlement. Les besoins pour la justice et la sécurité publique sont chiffrés à 255 millions de dollars.
Dans le document posté sur le site de la conférence du 31 mars sur Haïti ainsi que dans la version imprimée, le secteur culture n’était pas mentionné. Il a fallu rédiger un addenda pour faire état de ce secteur auquel 200 millions de dollars seront consacrés à très court, court et moyen termes, c’est-à-dire entre six mois et trois ans.
Voilà les grandes lignes de la première phase du Plan, laquelle doit durer dix-huit mois. Pour la deuxième phase, il faut se référer au Document de stratégie nationale de croissance et réduction de la pauvreté (DSNCRP) pour identifier les chantiers qui seront développés sur dix ans.
Par Jacques Desrosiers

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