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Biarritz : le crépuscule du jeu.

Publié le 18 avril 2010 par Lben

Chronique du lundi 19 avril 2010.

J’ai assisté au match Racing Métro – Biarritz qui a donné lieu à une formidable remontée des avants Parisiens marquant 2 essais tout en énergie déployée au bout d’un ballon porté sur plus de 35 mètres et d’une charge victorieuse de Sébastien Chabal, offrant ainsi au Racing-Métro une qualification Européenne pour la saison prochaine totalement méritée. Et ce d’autant plus méritée que le prétendant direct pour cette place était l’adversaire d’un soir, Biarritz, qui s’est révélé, sur ce match, des plus quelconques. Explications…

Biarritz ne fait rien mais le fait très bien.

Les Basques ont réussi à mener 14 à 0 en première mi-temps en se montrant opportuniste ( c’est bien sûr une qualité ) marquant à chaque fois que l’occasion se présentait, mais en montrant aussi les grandes limites de leur jeu, pratiquant une tactique des années 1970 dans le rugby des années 2010. Même s’il a fallu une grande force de caractère doublée d’une densité physique bien au-dessus de la moyenne aux Parisiens pour remporter ce match, il est normal qu’une équipe dont la seule stratégie est de donner les ballons à son meilleur joueur, Damien Traille, en espérant qu’il les transformera en or, ce qu’il a fait sur 2 drops et 1 essai, il est normal, donc, qu’une telle équipe ne puisse espérer l’emporter.

La semaine dernière,  l’illusion que les Biarrots possédaient une animation offensive à peu près correcte s’est faite grâce à l’esprit d’attaque et la volonté à tout crin des Ospreys à laquelle est venue s’ajouter une inspiration géniale de Damien Traille pour l’essai de Ngwenya. Mais, ce  samedi soir à Colombes on en était très loin, là où la seule tactique affirmée des Basques était de taper de grandes chandelles en comptant sur un rebond favorable à l’arrivée ou alors, nec plus ultra de la sophistication, de donner, de temps en temps,  le ballon à Damien Traille en espérant que le génie fasse le reste. Cette faible tactique s’est révélée insuffisante pour l’emporter alors que justement toutes les conditions étaient réunies. Jonathan Wisniseski remis trop tôt sur le terrain par Pierre Berbizier après sa blessure, une certaine malchance au pied et sûrement la peur de perdre faisaient que la première mi-temps du Racing Métro déroulait un boulevard pour les Basques. Et le pire, c’est que cette tactique aurait pu marcher et donner raison à Laurent Rodriguez et ses acolytes si les fatigues du quart de finale de HCup n’avaient pas rattrapé les joueurs Biarrots autour de l’heure de jeu. Mais, en même temps, c’est logique. Toujours s’appuyer sur les mêmes ressorts : densité de Jérôme Thion, dextérité d’Imanoil Harinordoquy, solidité de la première ligne et volonté des Faure, Lauret et compagnie, ça peut marcher une fois, mais répété à l’infini, c’est garantir l’inefficacité du système par la fatigue des hommes et la facilité des adversaires à le décrypter.

Biarritz et Stade Français, même combat :

Biarritz peut encore se bercer de l’illusion de la HCup pour sauver sa saison. Et c’est vrai qu’il y a suffisamment de talents individuels dans cette équipe pour, sur un malentendu, battre une machine comme le Munster. C’est suffisamment dense devant pour tenir tête à l’armée Rouge et suffisamment opportuniste pour prendre le match par le bon bout en espérant ensuite que l’organisation défensive et un manque d’intelligence côté Irlandais suffisent pour faire le reste. A partir de là, une finale Européenne suffira à Serge Blanco pour s’enfoncer dans ses certitudes, lui qui a déjà affirmé que l’effectif Biarrot permet déjà tous les espoirs pour la saison prochaine. L’effectif Biarrot, oui, là-dessus, je suis totalement en accord avec le président Biarrot. Par contre, c’est autour que ça pêche sacrément et qu’il y a urgence à agir. Comme pour le Stade Français, Biarritz se berce d’illusions en croyant qu’ouvrir l’actionnariat du club à quelques dizaines ou centaines de supporters est une stratégie d’entreprise en soi. Pour être capable d’inscrire son club dans le succès comme cela a été le cas par le passé, il faut être capable de dépasser le niveau de l’ego pour atteindre celui des compétences. Et, aujourd’hui, au niveau entrepreneurial où se situent les clubs de Top14, un homme seul ne peut être capable de gérer, et le sportif, et l’économique. Les clubs de Top14 sont maintenant de grosses PME qui méritent un management digne de ce nom…

Quand je vois ce que sont capables de produire les trois-quarts Biarrots alors que la fin de la saison approche, RIEN, je me demande ce qu’ils ont fait à longueur de semaines pendant les 10 mois qui viennent de s’écouler. J’espère, au moins, que leur niveau de surf  s’en est trouvé d’autant amélioré de manière à ce que cette période de leur vie ne soit pas complètement perdue ! Mais ce qui m’étonne le plus dans l’affaire, c’est que l’ancien arrière génial de l’équipe de France qu’est le maintenant président du Biarritz Olympique ne s’en offusque pas. Il faut dire qu’en étant aussi entraîneur/ manager à temps partiel de cette équipe, il doit sûrement se montrer solidaire de ses propres choix et les assumer autant que Laurent Rodriguez ou Jack Isaac. En tout cas, que ce soit le président ou l’entraîneur désigné pour le job, il faut que quelqu’un se penche sur le jeu de ligne des Biarrots et vite. Il est urgent de faire quelque chose. Peut-être pas pour gagner la HCup cette année, le chantier demandant quand même un peu de temps, mais pour les année à venir si Biarritz veut, à nouveau, jouer les premiers rôles dans le Top14, et ce, sans même rêver de retrouver l’excellence de la finale 2006…


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