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Envie de publier ? Au boulot !

Publié le 21 avril 2010 par Jlboulin @etourismeinfo

L’avantage du Web c’est l’incroyable nantissement de sa besace à surprises.
Je m’explique. Si vous voulez publier un roman ou faire réaliser de film à partir de votre scénario unique et forcément génial, vous devez quasi impérativement passer par des comités de lecture dont le métier s’apparente plus à celui d‘élagueurs forcenés qu‘à celui de propulseurs de talents. Dans le Web, on vous a fait miroiter l’intérêt de créer un blog de niche rémunérateur (why not jusqu’au moment où arrivent les charges sociales ?) ou de devenir contributeur en téléversant et partageant vos productions. Génial vous a-t-on assuré !

Puis on s’est rendu compte de l‘évidente manipulation : la gratuité des propositions sert d’immenses stocks à contenus qui naturellement vont représenter un jour un fonds de commerce parfaitement monnayable. Pas pour vous, simple contributeur, mais pour les génies inspirateurs des sites collaboratifs. Le meilleur exemple est celui de Trip Advisor : un modèle étonnant porté par Expedia, leader mondial de l’etourisme commercial et soutenu par des milliers de contributeurs généreux. Bien.

Pour ma part, il me semble évidemment depuis le début que tout cela tient d’une parfaite duperie qui n’aura qu’un temps car au final, produire de l’information crédible suppose des compétences, de la constance, du temps et une responsabilité. Et tout cela s’appelle un investissement qui se paye.
Alors voilà une excellente nouvelle : elle est apportée par Cityzeum qui propose de “faire fructifier votre expérience de voyageur en devenant rédacteur rémunéré” (sic).

Envie de publier ? Au boulot !

Alors là plusieurs commentaires s’imposent : – rédacteur est un terme technique de l‘édition et de la presse qui correspond à un emploi (on est rédacteur salarié, voire sur payé sur honoraires – génial statut de l’auto-entrepreneur qui tue le salariat – ou auteur payé en droits d’auteurs ou encore contributeur et là c’est gratuit) – comptez entre 2,80 € ttc et 5 € ttc pour 600 à 1800 caractères publiés via un gabarit qui vous est proposé pour des destinations que vous connaissez parfaitement – les commandes fonctionnent par lots de 50 ou 100 contributions (effet de volume) – la contrainte est que vous devez impérativement pouvoir émettre des factures, en nom propre / facture d’honoraires ou en tant qu’auto-entrepreneur : autrement dit pour facturer 280 € ttc (à 19,6%) pour 100 brèves contributions, qui vous prendront au minimum 30 minutes chacune, il vous faudra…un certain temps et prendre des risques d’entrepreneur.

C’est vachement mieux que dans le passé ou chez les concurrents qui vous font prendre des vessies pour des lanternes : l‘échange, le gratuit, le partage…faut rien avoir d’autres à faire (ndr : c’est ma réflexion du moment alors que je contribue à cet instant sur votre (notre) blog favori !

Vous avez bien lu, les réseaux sociaux basculent dans le paiement des contributions : genre génial ! La fin du gratuit est clairement programmée. En tant que contributeur je me frotte les mains et ma souris frétille car l’appel est significatif même s’il n’est pas encore rentable. Mais en tant qu’office de tourisme (à votre place à l’instant présent) je l’ai mauvaise car j’ai alimenté gratuitement des milliers de sites de mes contributions et je suis bien obligé de continuer pour la bonne notoriété de mon territoire et pour générer du trafic.

Bon n’allez pas croire que je renie mes propos passés sur l’intérêt du collaboratif dans le Web. Je crois de plus en plus à l‘échange en tant qu’apport d’idées nouvelles, d’enrichissement, de confrontation, de débat. Mais l‘échange n’est pas la gratuité absolue et encore moins le pillage : il suppose un apport de part et d’autre et une vraie éthique. C’est cette absence d‘éthique portée jusqu‘à ce jour par le Web 2.0, à finalité commerciale avouée je précise, que je conteste. Lire à ce sujet la bonne analyse de Pisani sur le besoin d’une éthique collaborative. En conséquence, il faut absolument saluer l’initiative de Cityzeum, même si elle est perfectible, elle va dans le bon sens. Au fait, comment allez-vous faire désormais dans votre office : prendre un statut d’entrepreneur pour publier sur Cityzeum ?

Un conseil d’ami, quoi qu’il en soit faites appel à des rédacteurs professionnels et prévoyez des budgets adéquats ! En tous les cas, l’initiative représente une sacrée ouverture pour les auteurs et éditeurs de guides touristiques patentés qui disposent de contenus variés et vérifiés.


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