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Quel avenir pour notre patrimoine photographique ?

Par Photogestion @photogestion

Les solutions attendues pour la préservation du patrimoine photographique se trouveront dans l’édiction de méthodes, dans l’intégration des savoir-faire de dématérialisation et de partage par la communauté scientifique et dans leur transmission aux nouvelles générations de gestionnaires. La pérennité du patrimoine sera aussi assurée par une indexation structurée s’appuyant sur un modèle lié à la communication et non à l’archivage exclusivement. Enfin, l’avenir des fonds est étroitement lié à leur diffusion afin de mettre à profit une indexation collaborative et communautaire, accélérateur magnifique de la connaissance du document.

Quel avenir pour notre patrimoine photographique ?

Paysage d'Italie, photographie anonyme, annéŽes 30, XX�me si�cle, tirage argentique, format 28x38mm. Collection Daniel Hennemand

L’ère de la numérisation Le traitement des orignaux papiers et leur numérisation font appel à des outils produisant des fichiers. Le stockage même des données résultantes demeurent dans une certaine mesure simple, car palpable par la réception, la vérification, le conditionnement et l’archivage de supports ou de contenants. Ce processus relevant de méthodes traditionnelles est maîtrisé. Les choix sont aujourd’hui simples et des spécialistes reconnus existent. Cependant, les techniques évoluent et sans entrer dans le détail d’une histoire encore jeune, constatons simplement que la grande majorité des constructeurs de numériseurs ont abandonné leur fabrication.
Quel avenir pour notre patrimoine photographique ?
Le doute L’adoption d’une chaîne totalement numérique provoque émotion et dérangement, l’ensemble du processus devient virtuel et sa maîtrise passe par une interprétation au moyen d’instruments de lecture et de contrôle. Le choc est culturellement grand car les gestes sont différents, la main ne commande plus directement l’outil mais déclenche un ordre de télécommande. La maîtrise des processus passe en plus par la délégation à une tierce compétence, le sous-traitant, pour une partie des actions. Il s’agit d’adapter son raisonnement, anticiper l’action et ajouter de nouveaux acteurs à la communauté des tiers de confiance. Ceci engendre depuis vingt ans malaise, réflexion et atermoiements.
Quel avenir pour notre patrimoine photographique ?
Les impasses Les retards avérés dans le traitement des fonds photographiques peuvent se comprendre également par les incertitudes d’ordre matériel. Les constructeurs d’instruments et de supports se sont hâté d’ériger les caractéristiques de leurs produits au niveau de standards. Ces faux standards se sont avérés sous dimensionnés, instables et les producteurs se sont trouvés rapidement dans une impasse technique. Il règne donc aujourd’hui une incertitude compréhensible. Pourtant, nous pouvons faire le même constat depuis vingt ans, les solutions ne résident pas dans l’investissement et les équipements; il faut pérenniser les processus et maîtriser les savoir-faire. Les organismes détenteurs du patrimoine doivent adopter les nouveaux métiers, y compris en sous-traitant les services; et là nous pointons une immense faiblesse structurelle : l’édiction et la transmission des techniques de l’immatériel. Un dirigeant voit dans le choix d’une norme et dans un investissement la solution pour la préservation des œuvres. Une histoire de plus de vingt ans vient nous alerter sur les faiblesse de cette idée reçue.
Quel avenir pour notre patrimoine photographique ?
La dématérialisation intégrée à la gestion du savoir La maîtrise des processus de restauration, d’archivage et de reproduction reste le point vital des grands projets de préservation et de diffusion. J’observe pour ma part l’évolution des procédés de reproduction depuis 1979. Les filières techniques évoluent mais n’apportent toujours pas de véritables garanties de pérennité des reproductions. Aujourd’hui l’œuvre est numérique en soit. Il est donc temps de décider aujourd’hui d’une chaine de reproduction, de sauvegarde et de diffusion. La diffusion, étape indispensable au financement de ces grandes opérations de sauvegarde.
Quel avenir pour notre patrimoine photographique ?
Interopérabilité des objets numériques Une piste pour conclure, essayons de mettre en pratique ces quatre étapes indispensables à la bonne gestion d’un processus de dématérialisation, sans oublier les coûts de maintenance liés à chaque poste, particulièrement pour le deuxième :
  1. La sauvegarde des données sur deux sites distincts
  2. La surveillance périodique de ces enregistrements
  3. La pérennisation de l’indexation documentaire par l’usage des métadonnées embarquées suivant un schéma standard pour garantir la compatibilité et l’interopérabilité des objets numériques.
  4. L’organisation documentaire suivant une règle des 4/4, la séparation des informations sémantiques, juridiques, techniques et de traçabilité.

daniel@hennemand.com

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