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« L'empire se nourrit de la mort et du cynisme », entretien avec Tomás Borge

Publié le 26 avril 2010 par Tanjaawi

"Entretien avec Tomás Borge, Commandant de la Révolution Sandiniste du Nicaragua, ambassadeur de son pays au Pérou

Avant de donner à ce blog un rythme allegé, je voudrais offrir au lecteur (vous êtes de plus en plus nombreux) la traduction des propos de Tomas Borge, le légendaire combattant du Nicaragua, parce qu'il dit exactement ce que je pense et comme je le pense, en particulier sur la Révolution cubaine. Dans une vie où j'ai connu des moments exaltants, magnifiques, mais où j'ai vu ces dernières années, en gros depuis la contre-révolution qui a triomphé dans les années quatre-vingt dix se multiplier la décomposition morale de la défaite au point que j'ai parfois perdu le désir de mes contemporains, il reste une étoile lumineuse pour laquelle tout révolutionnaire conscient est encore comme Tomas Borge est prêt à donner sa vie. On doit un immense merci au peuple et à ses dirigeants qui ont combattu au point qu'aujourd'hui il demeure en nous cette richesse immense du sacrifice pour autrui. Je ne sais pas si Cuba menera jusqu'au bout la victoire, si le ressac de l'Amérique latine ne sera pas total mais je sais qu'il faut dire merci à celui qui vous donne envie d'aimer et de donner sa vie pour lui.

le 19 avril dernier nous avons eu un entretien avec Tomás Borge, le Commandant légendaire de la Révolution Sandiniste du Nicaragua et ambassadeur de son pays au Pérou. Véhément, catégorique et étincelant, il a répondu aux questions de Nuestra Bandera qu'aujourd'hui nous remettons au monde ...
NB. compagnon Tomás, dans diverses occasions vous avez parlé du processus politique et social de l'Amérique latine: comment le percevez-vous aujourd'hui ?
TB. Il vaut mieux parler plutôt de ces dernières années où il y a eu un flux progressiste,et dans quelques cas révolutionnaire,il s'est alors accompli une espèce de prophétie que Fidel Castro avait faite il y a un certain temps. Quand alors on lui avait demandé son opinion sur l'Amérique latine, Fidel avait dit : "nous sommes dans une époque de recul", c'était il y a plus ou moins 17 années en arrière, "mais bientôt, dans peu de temps, il y aura un changement très substantif à partir de la lutte des peuples de l'Amérique latine et il y aura des transformations qualitatives en Amérique du Sud, en Amérique centrale Centrale et aux Caraïbes".En effet depuis déjà 10 ans - le temps n'a pas été trop long depuis la prophétie de Fidel- les changements ont commencé avec la révolution bolivarienne du Venezuela, le triomphe de la gauche en Uruguay, certains changements positifs en Argentine, avec la victoire très importante d'Evo Morales en Bolivie, avec le triomphe du dirigeant charismatique Raphaël Correa en Équateur avec la victoire plus tard de Daniel Ortega au Nicaragua.
On ne peut pas dire non plus qu'au Brésil la droite a triomphé jusqu'à aujourd'hui c'est même le contraire, il y a une énorme confiance en l'honnêteté et dans la vision révolutionnaire de Lula; ainsi on ne peut pas affirmer que la gauche a certainement triomphé au Salvador, la droite a été battue. De la même manière on peut accorder au Guatemala, que le président élu de ce pays,un homme honnête avec une vision plus ou moins progressiste, bien qu'avec une corrélation de forces qui ne le favorise pas du point de vue politique. Il est naturel que dans tous les mouvements politiques globaux comme dans le cas du développement de la gauche l'Amérique latine, il existe des reculs transitoires. Il y avait un gouvernement avec un homme décent au Panama - ce n'était pas un révolutionnaire-, c'était Martin Torrijos un garçon plein de bonnes intentions qui a établi des liens avec Cuba, avec le Front Sandiniste et le Venezuela de Chávez.
Ces progressions de la droite ne sont pas déterminantes, mais peut-être on peut dire qu'elles sont inévitables. L'impérialisme est sur une pente déclinante, par conséquent dans un moment de grand danger pour les peuples de l'Amérique latine. Le fauve quand il est blessé devient plus féroce. les fureurs de la décadence ont commencé. L'Empire devient plus féroce et agressif, malgré qu'un homme est arrivé à la présidence, un homme qui a semé des illusions parmi quelques utopistes de l'Amérique latine. Alors au Panama l' d'extrême-droite a triomphé. Il n'y avait pas là de gouvernement révolutionnaire, mais l'extrême-droite a gagné. Au Chili aussi l'extrême-droite a triomphé. Il n'y avait pas non plus là de gouvernement révolutionnaire, mais un gouvernement existait avec unecertaine pudeur politique, parce que le rassemblement n'a jamais osé assumer une attitude semblable à celle de Salvador Allende, de telle sorte que la concertation a été un archétype d'hésitations politiques et d'opportunisme.
Aussi comme je le dis, les gens se mesurent en Amérique latine par leur position politique. Comme Ricardo Lagos qui a fait à un moment donné des déclarations contre Cuba comme est en train de le faire et de la même manièrele dernier candidat d'une supposée gauche Marco Enríquez Ominami, qui maintenant appelle Cuba un "pays autoritaire et intolérant". ce qui ne nous étonne pas de ces supposés dirigeants de gauche qui prétendent être contre l'unité de la gauche et qui aspirent à des positions politiques personnelles et sacrifient les principes sur l'autel de leur capital électoral.
Mais nous sommes au milieu des avances et de certains reculs transitoires. De toute manière on peut dire que la lutte révolutionnaire des peuples d'Amérique latine est irresistible, et qu'il est en train de se construire la perspective dans laquelle se réalise le rêve de Bolivar l'unité de nos peuiples, qui commence à se profiler dans l'ALBA et d'autres manifestations similaires.
NB. Les pays de l'Amérique latine sont précisemment en train de célébrer le bicentennaire de l'indépendance par rapport au joug espagnol.Quels enseignements pouvons nous tirer de cela?
TB. Cela a commencé au Venezuela, et ce n'est pas un hasard si le processus de la vraie indépendance des des peuples de l'Amérique latine a recommencé précisément au Venezuela. En ce moment se sont réunis à Caracas avec le président Chávez de nombreux pésidents progressistes de l'Amérique latine et à partir de là se dessine et se discute un horizon différent et riche pour les peuples de notre Amérique. Les documents qui sortiront de là auront une grande importance pour nos peuples.
La propagande faite par l'empire et la droite d'une certaine manière en a démoralisé certains. Elle a été abondante et trompeuse. Mais bon, cela change. De nouveau les peuples s'éveillent et se lèvent avec un nouveau courage pour lutter pour la défense de leurs droits ...
NB. Dans son poème à Bolivar, Neruda disait : "Tu te Réveilles chaque cent ans, comme se réveille le peuple ... :" On pourrait dire qu'aujourd'hui les peuples s'éveillent ...
TB. Les peuples se réveillent chaque 100 années, disait Pablo Neruda. Cela est vrai et je dirais de plus qu'ils le font d'une manière plus consciente et claire nous voyons en Amérique latine un développement continu des mouvements progressistes et révolutionnaires, avec tous leurs problèmes et particularités déjà mentionnées, cependant il y a une constante.
Les agressions en Iraq, en Corée du Nord, à Cuba, au Venezuela, la Palestine, etc.. démontrent une agressivité de l'empire actuellement ....
Ce sont des échantillons décharnés d'un empire qui se nourrit de la mort et du mensonge. Un clair exemple de propagande sur l'usage pour des fins militaires d'énergie nucléaire de la part de l'Iran ou la Corée du Nord elle est totalement dénaturée, et malveillante. Pourquoi ne dit-on pas la même chose dans les cas de l'Égypte, du Pakistan ou d'Israël ?parce que l'Iran et la Corée du Nord sont des pays qui ne sont pas dans l'orbite de l'empire, et comme ils ne sont pas affiliés; ils représentent le mal et leur manière d'agir doit être condamné à un niveau mondial.
L'empire a sa "vérité", et cette "vérité", voit ce qu'il veut, comme dans les crimes à Gaza et la mort d'innocents faite par les sionistes. Qu'est-ce qui se dit sur le million de morts à l'Iraq, comme conséquence de l'invasion et occupation de ce pays par les États-Unis.
L'Empire se nourrit de la mort et du cynisme. Toute cette campagne pour la mort d'un être humain d'un prisonnier de droit commun
Orlando Zapata, converti par la magie de la manipulation en "prisonnier politique", le confirme. Nous n'avons pas le moindre doute, que le gouvernement de Cuba ait fait tout son possible pour éviter l'issue fatale dans ce cas, en accord avec la vocation cubaine. Zapata, en conséquence de la faiblesse provoquée par le jeune, est mort d'une pneumonie.
Maintenant tous ces propagandistes de la vie disent : pourvu qu'il meure, l'autre inculpé qui est en train de jeuner : Ils désirent qu'il meure, prient Dieu pour qu'il décède, avec l'unique intention d'y trouver un intérêt politique contre Cuba. C'est leur message de toujours celui de la mort. Ils n'aimeront jamais la vie comme nous l'aimons nous les révolutionnaires.
Comment peuvent-ils monter un tel bateau de mensonges contre Cuba ? Des centaines de médecins cubains prêtent leurs services à Haïti. Des milliers de volontaires cubains parcourent le monde en allégeant la souffrance. Tout cela vient d'un pays clôturé par la haine et le blocus économique et où, à cause de cela, l'abondance est rare. Non seulement en Amérique latine des centaines de Cubains sont morts en protégeant des hommes, des femmes et des enfants.
Il faut vraiment être bien vil pour ne pas reconnaître que la révolution cubaine et ses dirigeants se sont spécialisés dans le sauvetage des vies et non dans la mort.
NB. récemment a été célébré le cinquantenaire de la Révolution Cubaine. Aujourd'hui Cuba marche un terrain ferme sur le chemin de la victoire, mais l'offensive Impériale ne lui donne pas de trêve : qu'est-ce que signifie pour vous la Révolution Cubaine dans notre temps ?
TB. La Révolution Cubaine signifie la racine et le référant pour tous les révolutionnaires de l'Amérique latine et du monde. Il y a 10 ans la Révolution du Venezuela a triomphé. Cela n'aurait pas été possible sans le triomphe de la Révolution Cubaine, comme la Révolution cubaine n'aurait pas été possible sans José Martí; l'homme moderne de José Martí s'appelle Fidel Castro et c'est un motif d'orgueil pour Cuba autant que pour l'Amérique latine.
La Révolution Cubaine est notre mère à tous et une fois pour toutes s'est assumée telle. De plus, aucun des changements qui se sont produits en Amérique latine, dans l'Équateur, au Brésil, dans une certaine mesure, au Nicaragua, au Guatemala, peut-être au Salvador et particulièrement en Bolivie n'auraient pas été possibles non plus sans l'action de la Révolution Cubaine et sans l'exemple de Fidel Castro.
Nous ne pourrions pas nous les révolutionnaires de Latino-américaine survivre à la disparition de La Révolution Cubaine, ce serait un recul stratégique et total pour les peuples et les gouvernements progressistes de l'Amérique latine.
Je serais disposé à tout donner, ma vie entière, pour la survie de la Révolution Cubaine. C'est notre devoir fondamental
NB. Merci beaucoup Commandant et nous transmettrons notre salut le plus fraternel à tous ...
Merci beaucoup à Notre Drapeau, qui est une expression authentique et révolutionnaire ...
Muchas gracias a Nuestra Bandera, que es una expresión auténtica y revolucionaria...
Gustavo Espinoza M Alberto Vega Tapia, Colectivo "Nuestra Bandera"
Traduction de Danielle Bleitrach pour changement de société.
Gustavo Espinoza M. y Alberto Vega Tapia
Rebelión
Rebelión ha publicado este artículo con el permiso de los autores mediante una licencia de Creative Commons, respetando su libertad para publicarlo en otras fuentes.
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