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Entretien sur les retraites avec Michel de Poncins (4 Vérités)

Publié le 27 avril 2010 par Lecriducontribuable

Cet entretien est paru initialement sur le site des 4 Vérités Hebdo :

4V : Michel de Poncins, dans l’un de vos livres, « parlottes et fêtes » (1), vous évoquez joliment les réunions diverses convoquées par les gouvernements pour traiter des problème publics et vous dites que ce sont des parlottes inutiles. Or actuellement, ce sont les retraites qui sont sur la sellette. Est-il vraiment inutile de se réunir pour en parler ? Michel de Poncins
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arfaitement. La parlotte va coûter très cher et aboutir à un simple bricolage. Certes, il nous est annoncé que tout sera sur la table et le tabou de la retraite à 60 ans sera légèrement ébranlé, mais ce n’est pas l’essentiel. Comme cela se passe depuis des décennies un petit cocktail de mesures sera mijoté : hausse des cotisations, baisse des pensions, léger recul du départ à la retraite et, hop, jusqu’à la prochaine parlotte. Rien d’essentiel là-dedans. Quel est cet essentiel ? Il est dans le seul tabou dont personne ne parle, à savoir la retraite par répartition. Le principe même est destructeur, car il implique une double rapine. Le premier vol se produit lorsque la force publique oblige les salariés et bien d’autres à verser des sommes d’argent immenses dans un grand réservoir non géré qui s’appelle la sécurité sociale ; cela dure ainsi depuis plus de 60 ans. Le deuxième vol s’exerce au détriment des pensionnés ; ceux-ci observent que leurs retraites sont sans cesse manipulées et le plus souvent rognées, selon les variations du bon plaisir des prédateurs publics. L’argent est ainsi pris par la force et distribué aussitôt également par la force. Cet argent ne crée pas de richesse et est détruit comme si les billets étaient jetés dans la déchiqueteuse à papiers. En outre, le système n’est pas contractuel et déresponsabilise les gens. La condition pour payer des retraites est de créer de la richesse. Quelle est alors, selon vous, la solution ? Le seul principe valable est la liberté de l’épargne ; rappelons que celle-ci a existé pendant des siècles en Occident chacun préparant librement ses vieux jours. Le choix des investissements est sans limite : logements locatifs, fonds de pension, commerces, etc. Toutes les villes d’Europe doivent leurs immeubles aux épargnes librement consenties. L’épargne librement gérée sous la responsabilité des épargnants suscite de la richesse, laquelle permet d’assurer à chacun sa retraite et d’accélérer le développement. Bien sûr, il est nécessaire que ces épargnes puissent s’opérer à l’abri des impôts et charges sociales comme les cotisations actuelles de retraite. Soit. Mais dans les placements privés il peut y avoir des accidents lors des périodes de crise, comme aujourd’hui, sans parler des escrocs comme Madoff… La réponse est claire : quand il y a des ratés dans des placements privés, le propriétaire peut corriger, même s’il ne peut pas toujours rattraper l’argent perdu. Dans la répartition, il n’y a pas seulement risque de perte, mais certitude de perte, celle-ci étant intégrée dans le système. Quant à Madoff, la répartition est un système à la Madoff : les premiers ramassent l’argent et à la fin il ne reste plus rien. C’est ce qui se passe à présent et se passera de plus en plus selon les prévisions. Existe-t-il actuellement des expériences dans votre sens ? Beaucoup, le plus souvent sous la forme de fonds de pensions. 27 pays, dont 12 européens, les ont adopté. Parmi eux se trouvent le Chili, la Nouvelle-Zélande, Singapour. Il y eut un double effet : les retraites ont été progressivement sauvées et le PIB a connu une croissance importante, même pendant la période de la crise. Le Chili a muté il y a 28 ans. 95 % de la population a choisi librement le nouveau système. De ce fait, les retraites sont bien plus importantes. En outre, la prospérité s’est accrue d’une façon spectaculaire et le taux de croissance atteint régulièrement 7 % par an. Des gouvernements de gauche et de droite se sont succédé depuis et aucun n’a changé le système, sinon en l’améliorant dans le détail. Le pays a géré la transition avec souplesse, afin que chacun puise opter librement pour le nouveau système s’il le désirait. Comment a pu se réaliser cette transition ? Il fallait évidemment que les titulaires de pension de l’ancien système continuent à les percevoir. Ce fut possible par des techniques trop complexes pour être détaillées dans une interview. En outre, partout, des filets de sécurité ont assuré le minimum aux plus imprévoyants. Mais, hélas, les Français sont désinformés sur les bienfaits de la liberté par les pouvoirs publics et la parlotte en cours va continuer à les égarer. Heureusement, il peuvent lire les Vérités dans votre journal. (1) En vente chez Duquesne Diffusion, 27 avenue Duquesne, 75007 Paris. Tel : 01 45 55 87 55

4V : Michel de Poncins, dans l’un de vos livres, « parlottes et fêtes » (1), vous évoquez joliment les réunions diverses convoquées par les gouvernements pour traiter des problème publics et vous dites que ce sont des parlottes inutiles. Or actuellement, ce sont les retraites qui sont sur la sellette. Est-il vraiment inutile de se réunir pour en parler ?

Michel de Poncins : Parfaitement. La parlotte va coûter très cher et aboutir à un simple bricolage. Certes, il nous est annoncé que tout sera sur la table et le tabou de la retraite à 60 ans sera légèrement ébranlé, mais ce n’est pas l’essentiel. Comme cela se passe depuis des décennies un petit cocktail de mesures sera mijoté : hausse des cotisations, baisse des pensions, léger recul du départ à la retraite et, hop, jusqu’à la prochaine parlotte. Rien d’essentiel là-dedans.

Quel est cet essentiel ?

Il est dans le seul tabou dont personne ne parle, à savoir la retraite par répartition. Le principe même est destructeur, car il implique une double rapine. Le premier vol se produit lorsque la force publique oblige les salariés et bien d’autres à verser des sommes d’argent immenses dans un grand réservoir non géré qui s’appelle la sécurité sociale ; cela dure ainsi depuis plus de 60 ans. Le deuxième vol s’exerce au détriment des pensionnés ; ceux-ci observent que leurs retraites sont sans cesse manipulées et le plus souvent rognées, selon les variations du bon plaisir des prédateurs publics. L’argent est ainsi pris par la force et distribué aussitôt également par la force. Cet argent ne crée pas de richesse et est détruit comme si les billets étaient jetés dans la déchiqueteuse à papiers. En outre, le système n’est pas contractuel et déresponsabilise les gens. La condition pour payer des retraites est de créer de la richesse.

Quelle est alors, selon vous, la solution ?

Le seul principe valable est la liberté de l’épargne ; rappelons que celle-ci a existé pendant des siècles en Occident chacun préparant librement ses vieux jours. Le choix des investissements est sans limite : logements locatifs, fonds de pension, commerces, etc. Toutes les villes d’Europe doivent leurs immeubles aux épargnes librement consenties. L’épargne librement gérée sous la responsabilité des épargnants suscite de la richesse, laquelle permet d’assurer à chacun sa retraite et d’accélérer le développement. Bien sûr, il est nécessaire que ces épargnes puissent s’opérer à l’abri des impôts et charges sociales comme les cotisations actuelles de retraite.

Soit. Mais dans les placements privés il peut y avoir des accidents lors des périodes de crise, comme aujourd’hui, sans parler des escrocs comme Madoff…

La réponse est claire : quand il y a des ratés dans des placements privés, le propriétaire peut corriger, même s’il ne peut pas toujours rattraper l’argent perdu. Dans la répartition, il n’y a pas seulement risque de perte, mais certitude de perte, celle-ci étant intégrée dans le système. Quant à Madoff, la répartition est un système à la Madoff : les premiers ramassent l’argent et à la fin il ne reste plus rien. C’est ce qui se passe à présent et se passera de plus en plus selon les prévisions.

Existe-t-il actuellement des expériences dans votre sens ?

Beaucoup, le plus souvent sous la forme de fonds de pensions. 27 pays, dont 12 européens, les ont adopté. Parmi eux se trouvent le Chili, la Nouvelle-Zélande, Singapour. Il y eut un double effet : les retraites ont été progressivement sauvées et le PIB a connu une croissance importante, même pendant la période de la crise. Le Chili a muté il y a 28 ans. 95 % de la population a choisi librement le nouveau système. De ce fait, les retraites sont bien plus importantes. En outre, la prospérité s’est accrue d’une façon spectaculaire et le taux de croissance atteint régulièrement 7 % par an. Des gouvernements de gauche et de droite se sont succédé depuis et aucun n’a changé le système, sinon en l’améliorant dans le détail. Le pays a géré la transition avec souplesse, afin que chacun puise opter librement pour le nouveau système s’il le désirait.

Comment a pu se réaliser cette transition ?

Il fallait évidemment que les titulaires de pension de l’ancien système continuent à les percevoir. Ce fut possible par des techniques trop complexes pour être détaillées dans une interview. En outre, partout, des filets de sécurité ont assuré le minimum aux plus imprévoyants. Mais, hélas, les Français sont désinformés sur les bienfaits de la liberté par les pouvoirs publics et la parlotte en cours va continuer à les égarer. Heureusement, il peuvent lire les Vérités dans votre journal.

(1) En vente chez Duquesne Diffusion, 27 avenue Duquesne, 75007 Paris. Tel : 01 45 55 87 55


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