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Méritocratie républicaine

Publié le 02 mai 2010 par Jef06

Peu de semaines sans que l’on entende un de nos politiques, de droite comme de gauche, nous vanter le système de “méritocratie républicaine” dans lequel nous serions: chacun a les mêmes chances que les autres à la condition de s’en donner les moyens et de profiter de ce que lui offre la société pour saisir “ses chances”.

A l’appui de cette thèse, ils citent le système scolaire gratuit, maintenant massifié, avec des bourses pour les plus défavorisés “méritants” et donc, à chacun de se débrouiller, s’organiser et se battre pour atteindre les meilleures places, les chances étant égales… 

Cela a certes un peu fonctionné de la fin de la guerre à celle des années 70, le pourcentage de fils d’ouvriers et d’employés dans les grandes écoles montant jusqu’à 5 à 6%. Cela ne fonctionne plus puisque ce pourcentage ne cesse de baisser depuis un peu plus de 20 ans.

On sait  qu’à revenus égaux, s’en sortent mieux ce qui sont dotés du plus gros patrimoine. Patrimoines financier, culturel, social. C’est dire, comme l’a magistralement démontré Pierre Bourdieu que l’école, plus que significativement, reproduit les inégalités de départ quand elle ne les amplifie pas lorsque la part de revenus disponibles pour les moins favorisés s’amenuise.

Peut-on comparer les “chances” d’un enfant d’immigrés fraîchement débarqués,  de parents analphabètes, habitant à 8 dans 60 m2 avec, sans aller chercher les extrêmes, celle d’un fils de classes moyennes dont les parents sont informés des méandres institutionnels et sociaux, qui peuvent le soutenir, et disposant de sa chambre, de son micro-ordinateur, .. ?

Et ce d’autant plus si le premier se retrouve dans des établissements scolaires de grande taille, où la concentration de milieux défavorisés est cinq à dix fois plus importante que celui du second ? Le premier a-t-il seulement les chances lui permettant de devenir “méritant” ? Oui, de l’ordre de une pour mille quand celles du second sont au moins de plusieurs centaines.

Peut-on alors parler d’égalité des chances et de méritocratie républicaine ? Non, bien entendu.

Quelles seraient les conditions qui permettraient non pas de gommer mais au moins d’atténuer significativement cet état de choses ? Nous les connaissons tous: une inégalité de traitement infiniment supérieure à celle qui existe pour les établissements à fort pourcentage de populations défavorisées (à Csp-): Des établissements de taille réduite, des effectifs par classe aussi, un suivi éducatif et social renforcé, bref, enseigner autrement avec des moyens supplémentaires, y compris salariaux pour les enseignants qui y feraient leurs preuves, car ce type d’élèves exige infiniment plus d’investissement personnel que ceux des beaux quartiers.

Y-a-t-il quelque chose dans les mesures proposées par MM Darcos et Chatel qui aille dans cette direction ? Constatons avec regrets que non… Il ya peut-être là aussi une des raisons de la multiplication des violences scolaires qui, nous le savons, ne concernent qu’un nombre réduit et repérable d’établissements.

- Comme un lundi, les revues de blogs d’Olivier et d’Armando.

- Université Populaire des Alpes Maritimes, Mardi 4 mai, 2010, 19h-20h45, Amphi 6 du campus St Jean d’Angely :“Identité(s) et banlieue(s)” . Sur la base de son expérience personnelle, de son travail d’écriture et de travaux de recherches, l’écrivain Mabrouck Rachedi traitera des questions d’identités dans les banlieues populaires françaises.

- “Raison et liberté”. Monde en question.

- “La statue vivante de la Liberté”. Blog de Fabien Bénard.

- “Serge et lou camarade Staline”. Chez Leo Nemo.

- “Debriefing de printemps”. Actu bien pris

- Boules puantes. Eco 89.


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