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La petite boutique des horreurs...

Par Antoni

Maison hantée

Bonjour à toutes et à tous,

Je me suis fait tagué par Lylou qui m'a demandé de composer un texte en insérant la liste de mes lectures à venir. Je me plie donc à l'exercice avec bonne volonté.

C'était un samedi de plus. L'écume des jours glissait sur le visage de Pierre sans que son triste quotidien n'en soit amélioré. Néanmoins, pour pimenter celui-ci, il s'était mis en tête, bien conseillé par Christine, de se rendre dans cette petite maison, un peu à l'écart de la ville, qui faisait office de bouquinerie.

Il poussa la porte d'entrée et se présenta donc à l'accueil. Derrière le guichet s'élevait un homme au physique ingrat. Les enfants de la liberté, ceux qui n'hésitaient pas à venir errer dans ce coin reculé, avaient sans doute raison lorsqu'ils le surnommaient Quasimodo ou Frankenstein. Silhouette replète, figure d'un blanc spectral, un entrelacs de cheveux gras sur le crâne, il exposa au visiteur des dents aussi jaunes que les milliers de pages racornies qui s'amoncelaient sur ses étagères. Tout à fait le genre de type à ne pas croiser dans les bois à la nuit tombée.

"Que puis-je pour vous ?

Son annonce glaça les sangs de Pierre.

- Bonjour, je...

- Ah la la, la ligne !

- Com... Comment ?

- LA ligne ! Vous venez de franchir la ligne noire, là devant vous !

- Et après ? Il n'y a personne. On n'est pas dans un aéroport, ni dans une banque...

- Les règles ne sont pas faites pour être transgressées, l'ami. Cela va changer nos projets.

La porte, jusque-là entrouverte, s'abattit lourdement contre son chambranle ; une brise cinglante tourbillonna dans la pièce. 

- Bon, je suis venu ici _ "et je commence déjà à le regretter !" _ car je cherche un vieux Stephen King...

- Je ne crois pas connaître cet auteur-ci. Un Allemand, peut-être ?

- Vous me faîtes marcher, là ?

- Non. Mais attendez, je vais demander à mon assistante... DO-LO-RES...?

La voix lancinante se voulut lugubre, en harmonie avec l'atmosphère qui suintait des murs défraichis.

Une femme d'une quarantaine d'années surgit de nulle part, faisant sursauter le pauvre Pierre.

- Dolores. Elle comble toutes mes lacunes dans les domaine littéraire et administratif. Je l'appelle la fille de papier, amusant non ?

- Sûrement.

- Peux-tu aider monsieur, Dolores ? Il a une demande toute particulière.

- Bien entendu.

- Ahh, que serais-je sans toi ? Je vous laisse entre de bonnes mains.

Une langue violacée, espèce d'anguille anémiée, rampa sur ses lèvres.

- Suivez-moi, je vous prie. "

La fille de papier l'attira au fond de l'échoppe. Elle disparut sous une alcôve en le priant de patienter un instant.

Pierre flâna alors dans le dédale de rayons.

Soudain, une voix s'échappa, comme extirpée des entrailles de la maison :

"Ne reste pas là, Etranger. Fuis la maison maudite...

Le coeur de Pierre se serra. Il déglutit. Que se passait-il ici à la fin ? Qui avait parlé ?

Le fléau s'est abattu sur cette demeure. Différentes saisons se sont écoulé sans qu'aucun de ceux qui t'ont précédé n'aient été retrouvé. Ils sont tous morts, tu comprends ?"

C'en fut trop.

Sans attendre le retour de Dolores, Pierre se dirigea vers la sortie... que barrait le bouquiniste.

"Ote-toi de mon chemin, Brad Pitt !

- Tiens, le tutoiement, à présent. Tu ne vas pas déjà nous quitter ? Godot va bientôt nous rejoindre...

"Qui c'est, celui-là ?"

- Ah ouais, tenta de se renfrogner Pierre, et qu'est-ce que vous allez faire en attendant Godot ?

Depuis la remise, Dolores annonça fièrement :

- Ca y est ! j'ai remis la main sur le fameux marque-pages qui nous avait servi pour le dernier client.

- A la bonne heure ! se gargarisa Brad Pitt, enfin... Quasimodo.

Amène-le par ici, tu veux ?

Les yeux exorbités, Pierre assistait au retour d'entre les morts de Dolores, brandissant au-dessus de sa tête un glaive imposant.

- Mais vous êtes complètement cinglés ?!?

- C'est de ta faute, Pierre. Tu as franchi la ligne...

- Attendez madame... mademoiselle, enfin qui que vous soyez.

- Madame... Claiborne. Dolores Claiborne ! Je vais te faire un aveu : On ne connait pas ton écrivain car pour nous, il est notre maître !

- Je ne comprends rien... Je voulais juste un livre !

- Il ne fallait pas, pour cela, franchir la ligne et sortir des limites de ta ville.

- Ma ville ...? Parce qu'on est où, là ?

- A Salem, mon très cher Pierre..."

Brr, cela fait peut-être un peu froid dans le dos, mais au vu de mes prochaines lectures, je devais me mettre au diapason. Promis, une fois que j'aurai fini tout ce qui m'attend, je me fais une série de bibliothèque rose !!! Je suis d'habitude un peu plus léger...

Je ne sais pas si cela ressemble à un hommage à Stephen King mais j'ai fait de mon mieux...


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