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Publié le 20 octobre 2007 par Raymond Viger

Quand l’observateur devient acteur

« Nous voulons connaître le passage du journaliste au militant, le procédé liminal – et donc préconscient – qui va lui faire choisir son camp et par la même occasion, qui va lui faire tourner le dos à l’objectivité qui caractérise sa profession », explique le professeur Verna.

Sur le terrain, les témoignages sont toutefois difficiles à recueillir, particulièrement au Rwanda où il s’avère physiquement dangereux de questionner le nouveau pouvoir en place. « Mon étudiante, Annie, a de grande difficultés à faire son travail, les journalistes sont terrorisés » rapporte même le chercheur. Prendre position reste encore périlleux, surtout sur le terrain.

Malgré les écueils, la voix des journalistes porte loin et différents organismes tentent de se l’approprier. Par exemple, l’OTAN déploie actuellement une campagne de propagande en Afghanistan, par le biais de stations de radios – CJ-POTF, Radio RANA 88,5 FM – pour changer son image auprès de la population civile.

Armée humanitaire et femmes de terrain

La coopération entre les civils et les militaires dans l’aide humanitaire est le thème d’un récent ouvrage du professeur Verna. Ce dernier livre d’une série consacrée à la gestion humanitaire, à la paix et au désarmement, et qui devrait paraître bientôt, se penche sur les relations entre la population et les militaires, particulièrement lorsque ces derniers effectuent des actions humanitaires.

« Ils ont démontré leur efficacité et les gros moyens dont ils disposent lors du dernier tsunami de décembre 2004. Mais c’est un mélange des genres corrupteur », relève Gérard Verna. En effet, depuis les attentats du 11 septembre, le virage militaire de la gestion des catastrophes humanitaires s’est accentué.

Cette « militarisation » de l’action humanitaire a de nombreux effets pervers dont celui de compromettre les conditions de travail des gens qui œuvrent dans les ONG. « Lorsque celui qui reconstruit porte un fusil dans son dos, nombreux sont ceux qui ne voient que le fusil », souligne le chercheur. Ce qui expliquerait une partie de la recrudescence de la violence faite contre les civils.

Et la paix, lorsqu’elle revient, peut-elle être un moteur pour la prospérité ? C’est ce que soupçonne Gérard Verna qui dirige aussi une seconde thèse sur la prise de conscience des femmes qui, dans un pays en reconstruction, décident de sortir de la survie quotidienne pour jeter les bases d’une activité plus rémunératrice.

« Il s’agit aussi de cerner ce qui motive les femmes qui se lancent en affaires. Le retour à la paix pourrait être une motivation supplémentaire dans leur démarche », explique le professeur. Pour dépasser la survie, pour oublier la guerre.

Pour en savoir plus sur les travaux de Gérard Verna et la gestion humanitaire

À feuilleter

Gérard Verna a publié une série de trois ouvrages aux Presses de l’Université Laval.

L’action humanitaire du Canada, 2004

Faire la paix, 2005


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