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Publié le 22 septembre 2007 par Raymond Viger

Agence Science-Presse - Isabelle Burgun

Exit, les chevaliers sans peur et sans grimaces... Si les hommes sont plus résistants à la douleur, cela n'aurait rien à voir avec leur légendaire endurance, mais plutôt tout à voir avec leur système hormonal. Loin d'être plus douillettes, les femmes ne bénéficieraient tout simplement pas de la protection propre aux hommes : la testostérone, un formidable bouclier antidouleur !

" Cette hormone servait sans doute au départ à protéger les hommes de grandes douleurs somatiques. Le chasseur qui se faisait manger un bras luttait pour sa survie ", avance Isabelle Gaumond. La professeure du département des sciences de la santé de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue signe un passionnant article sur le sujet, La douleur est-elle sexiste ? Mécanismes endogènes et hormones sexuelles, avec Serge Marchand - le spécialiste québécois de la douleur - dans une récente édition de la revue Médecine/Science. La clé de la compréhension des différences face à la douleur se logerait ainsi dans la sphère hormonale.

Alors que la douleur fait partie prenante de la vie des femmes (menstruations, accouchement, etc.), les hommes sont mieux armés pour lui faire face. Une injustice encore aggravée par le lien intime qui existe entre cycle menstruel et les douleurs chroniques. " Le seuil de la douleur est plus bas pour les femmes et elles supportent moins les stimuli intenses. En plus, elles sont plus souvent victimes de douleurs chroniques reliées aux cycles menstruels, telle la migraine ", soutient la chercheuse qui poursuit actuellement des projets cliniques au sein d'une école interactionnelle destinée à aider les patients souffrant de douleurs cervicales.

Expériences douloureuses

Pour explorer les mécanismes de la douleur, les chercheurs ont soumis des rats à des expériences douloureuses. Réputés posséder un système de transmission de la douleur semblable au nôtre, ces animaux sont des modèles parfaits pour ce genre d'études.

Les rats ont reçu une injection de formaline - du formol dilué - dans la patte arrière. Cette piqûre leur donnait un mal persistant pendant deux heures alors que les chercheurs notaient leurs réactions. Ils ont constaté un dimorphisme sexuel dans la modulation des différents mécanismes de gestion de la douleur reliés au système nerveux. " Les mâles semblaient y être moins exposés que les femelles ", relève Isabelle Gaumont. Tandis que les sujets gonadectomisés - en absence de glande sexuelle - ont produit les mêmes réponses que les femelles.

La plus grande tolérance des mâles à la douleur proviendrait de l'influence de la testostérone sur les mécanismes excitateurs qui transmettent le signal douloureux. Chez les femelles, les hormones sexuelles joueraient plutôt sur l'inhibition - même si d'autres mécanismes, comme la libération d'opioïdes endogènes, existent dans la gestion féminine de la douleur. Cette différence hormonale s'avérait ainsi moins efficace chez les femmes, surtout lors de douleurs chroniques.

De récents travaux de recherche de la chercheuse Ana Maria Aloisi vont aussi dans ce sens. La chercheuse italienne a questionné des transsexuels sur leur perception de la douleur lors de l'administration d'hormones liées au changement de sexe. Près d'un homme devenant femme sur trois (29,8 %) a rapporté des douleurs. Une réalité nouvelle pour un transsexuel sur six !

Pour en savoir plus

La douleur est-elle sexiste ? Mécanismes endogènes et hormones sexuelles par Isabelle Gaumond et Serge Marchand publié dans Médecine/Sciences, 22 décembre 2006 : http://www.erudit.org/revue/ms/2006/v22/n12/014472ar.pdf

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