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Cinq réflexions sur l’aide financière à la Grèce

Publié le 04 mai 2010 par Lecriducontribuable
  • « Too big to save ». Le PIB de la Grèce (moins de 300 milliards d’euros) ne représentant que 2,65% du PIB de la zone euro, on a dit qu’aider la Grèce ne coûterait pas si cher que cela. Comme la facture est finalement de plus de 100 milliards d’euros, il en résulte qu’un sauvetage de l’Espagne ou de l’Italie serait hors des moyens de la communauté internationale. Depuis le 15 septembre 2008 nous vivions sous l’emprise du « too big to fail ». Désormais ce sera  « too big to save ». Ni l’Italie, ni l’Espagne, ni la France, ni le Royaume-Uni, ni les Etats-Unis ne sont « sauvables »…
  • Les opinions publiques – et pas seulement en Allemagne – étaient hostiles à l’aide de la Zone euro à la Grèce. Les économistes stipendiés, les médias socialisants et les gouvernements constructivistes y étaient unanimement favorables. Nouvelle fracture démocratique. Qui encourage le populisme…
  • L’establishment, qui prend la responsabilité de ce plan, dit qu’il est « extraordinairement rigoureux ». Réduire le déficit public de 14 à 3% en trois ans, est-ce si « dur » ? Pour ceux qui vont voir leurs « droits acquis » ravalés à ce que valent les « faux droits », c’est nouveau, en effet. Mais il convient de relativiser : c’est moins grave que pour les victimes de Madoff, que pour les Islandais, moins grave que pour les épargnants du monde entier qui ont perdu plus de 30 000 milliards de dollars en 2008-2009. Et de toute façon, de même que l’argent public atterrit toujours dans des poches privées, les fautes des hommes de l’État sont toujours payées par les individus…
  • Pour dramatiser et essayer d’inspirer de la compassion pour ces pauvres Grecs (profiteurs de l’UE et de l’Euro…), les médias ont confondu « déficit public réduit de 10 points de PIB », et réduction du PIB de 10%… Grosse ficelle !…. La vérité est que la réduction du déficit devrait permettre non pas une baisse mais une augmentation du PIB, par le biais de la compétitivité. Un peu comme si la Grèce, sortie de l’euro, avait dû dévaluer son drachme. Car les déficits publics jouent « contre » la croissance, et non pas « pour ». Les Grecs auront au moins appris ça…
  • Qu’est-ce qui a déclenché la panique ? Non pas tant le niveau de la dette par rapport au PIB, mais plutôt l’examen précis des encours venant à échéance et au regard la disposition des opérateurs sur les marchés à prêter à l’État grec. Il y avait l’échéance du 19 mai. Mon petit doigt me dit que la dette britannique, puis la dette américaine vont désormais être regardées avec un peu plus de circonspection…

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