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Dépenses de santé : Les "grandes " idées du Docteur Alain Minc pour le grand âge !

Publié le 10 mai 2010 par Slovar
Alain MINC est un homme "extraordinaire" puisque quel que soit le sujet, il a un avis !
Profitant de son statut de conseiller officieux du Prince, il se permet, régulièrement de donner des conseils de gouvernance économique. Or Alain MINC a trouvé une nouvelle solution pour équilibrer les comptes de la Sécu : Faire payer , aux personnes très âgées, sur leurs ressources ou biens, leurs frais de maladie et d'hospitalisation !
Caisses vides et crise économique oblige, les conseillers, Think tanks et économistes au petit pied sortent du bois pour apporter leurs idées ou contributions afin de sortir la France de la situation dans laquelle est se trouve. Il y a peu, c'était au très droitier Institut Montaigne de dénoncer l'école primaire.
Ce Week end, c'était au tour d'Alain MINC de faire son show sur France-info dans l'émission "Parlons net".
Festival de suffisance et d'auto satisfaction de celui qui se prétend "ami" du Président de la République et non son conseiller et indique que même sous la torture, il ne révélera pas la fréquence de leurs rendez-vous ni la teneur de leurs entretiens.
Alain MINC s'est comporté pendant l'émission en "marquise de la prévision économique" (10'48 ) comme lui a fait remarquer Pascal Riché le journaliste de Rue89 " Et a évité avec son humour et ses réparties habituelles à "2 euros" les questions gênantes !
Et puis au détour d'un propos éclair sur les retraites, il glissait au passage une "anecdote" personnelle sur le coût de la santé pour les "très âgés" (voir la vidéo à 21'33)
" ... / ... J'ai un père qui a 102 ans. Il a été hospitalisé pendant 15 jours en service de pointe, il en est sorti. La collectivité française a dépensé 100.000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C'est un luxe immense, extraordinaire, pour lui donner quelques mois, ou j'espère, quelques années de vie. Je trouve aberrant que quand le bénéficiaire a un patrimoine ou quand ses ayants droits ont les moyens, que l'Etat m'ait fait ce cadeau à l'œil. Et donc, je pense qu'il va bien falloir s'interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux en ne mettant pas à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont un ou le patrimoine de leurs ayants droits ... / ... "
Indiquant au passage, qu'il attend que la gauche l'évoque dans son programme tout en essayant de nous faire croire qu'il ne l'a pas déjà évoqué avec Nicolas Sarkozy !

Tout d'abord, félicitons monsieur MINC père pour sa longévité qui n'est pas encore une constante dans notre pays. Ensuite, il est tentant de répondre à Alain MINC que si le montant consacré au soins apportés à son père, lui pose tant de problème, il n'a qu'à envoyer un chèque à la Sécurité Sociale, puisque, sans nul doute, ses revenus et son patrimoine le lui permettent !
Ce qui n'est pas, rappelons le, le cas de la très grande majorité de la population qui devrait, si l'on en croit monsieur MINC, en tant "qu'ayant droit" être amenés à payer le coût "dispendieux de la maladie de leurs parents !
Mais, ce qu'il faut surtout retenir de ce raisonnement d'économiste, c'est qu'au delà d'un certain âge, il ne faudrait plus compter sur la solidarité nationale mais sur ... ses deniers.
Faudrait-il en extrapolant les propos d'Alain MINC considérer, (comme en Grande Bretagne) que les plus de 70 ans soient exclus de la dialyse ? Sauf, bien entendu, les patients capables de la financer !
Notons au passage que si Slate, qui a fait un papier sur l'intervention d'Alain MINC (Le directeur de Slate est un "ami" d'Alain MINC ) évoque : " les "très vieux" malades riches ... / ... " vous pourrez constater en regardant la vidéo qu'Alain MINC n'a jamais parlé de " très riches" et qu'on pourrait imaginer que la notion de "richesse" soit assez vaste pour qu'il puisse être, par exemple, liée à la simple propriété de sa résidence principale !
Cette déclaration est-elle un prélude à un nouveau discours sur : " les tabous qu'il faut briser " si cher à notre président ? Et va t-on essayer de nous convaincre que : "définitivement, la santé est une marchandise comme les autres" ?
Verra t-on, comme par miracle les banquiers et assureurs "amis" de monsieur MINC sortir de leurs chapeaux des contrats "maladie et hospitalisation" spécifiques au grand âge qui deviendraient d'authentique rente financières ?
Ce qui permettraient, au passage, à l'Etat de se décharger du problème, tout en faisant de substantielles économies ...
Un des internautes de Slate pose, à notre sens, les bonnes questions : " Le problème reste toujours entier : A partir de quand est-on suffisamment riche et est-on suffisamment vieux pour devoir payer ses frais médicaux? "
A l'aune des choix du Président de la République, de son gouvernement et de sa majorité en termes de santé, depuis 2007, il y a tout lieu d'être inquiets ! Car, au cas ou cette "brillante idée" d'Alain MINC ferait son chemin, on peut déjà imaginer que les critères de "récupération des dépenses médicales sur les très vieux " pourraient bien s'appliquer à la plus large partie de la population ...
Crédit photos
Biblioteca.etsit
Saint Paul Val Alliers

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