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17ème livraison

Publié le 31 octobre 2007 par Coquenart
Les vieilles passions et les vieilles haines se réveillent, les vieilles blessures mal cicatrisées se rouvrent. En un mot, je crains une renaissance de la guerre civile à la moindre étincelle malencontreuse, en Anjou comme ailleurs. Et vous savez comme moi, Coquenart, que, malheureusement, les moindres incidents, récupérés et orchestrés convenablement par des fanatiques, peuvent donner naissance à des mouvements de grande ampleur.
- Je sais cela, Sire.
- Inutile de vous expliquer pourquoi je ne tiens pas à ce que la Cour apprenne la situation : mes ennemis n'attendent qu'une occasion pour reprendre la lutte.
- Je comprends, Sire.
- Il faut à tout prix empêcher cela. Et vous allez m'y aider.
Ici le roi jeta à mon maître un regard pénétrant.
- Je suis au service de Votre Majesté.
- Je désire que cette affaire soit élucidée le plus rapidement possible afin de faire taire toute trace de rumeur. Par ailleurs, vous comprenez bien qu'il faut agir dans la discrétion la plus absolue. C'est pourquoi j'ai pensé à vous, en souvenir de toutes ces années.
- C'est trop d'honneur, fit mon maître en s'inclinant à demi.
- Votre réputation d'enquêteur n'est plus à faire ; je me rappellerais toujours la manière dont vous avez élucidé la mort du pauvre soldat Guinet. Ce fut brillant et magistral ! De plus, vous pouvez agir rapidement et efficacement, sans alarmer la Cour ni l'opinion. C'est pourquoi je vous demande d'accepter cette mission.
- Non seulement j'accepte, Sire, mais c'est de grand cœur.
- C'est à merveille. Vous irez donc là où je vous enverrai.
- J'irai, Sire, j'irai où bon vous semblera pour le service de Votre Majesté.
- Par chemins et par vaux ?
- Par chemins et par vaux, par vallons et par forêts, par montagnes et précipices, s'il le fallait !
- Par ce temps ?
Je frissonnai d'épouvante.

- Par ce temps.


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