Magazine Pacifique

Voyage en Nouvelle-Calédonie (1)

Publié le 04 décembre 2007 par Argoul

Sabine a exploré la Nouvelle-Calédonie depuis Papeete et elle nous conte en plusieurs notes ses impressions de voyage.

Je suis partie m’y dépayser avec une connaissance pendant une quinzaine de jours. Nous avions bien préparé notre voyage, retenu les hôtels, les voitures, etc. Parties à 20h de Papeete, nous sommes arrivées le lendemain vers minuit. Il n’y a guère que 6h d’avion mais… nous avions franchi la ligne de changement de date.

La Tontouta, aéroport de Nouméa, se trouve à 45 km de la ville. Nouméa est une ville à l’européenne, propre, accueillante, des jardins et des parcs partout. Beaucoup de voitures mais une végétation luxuriante et des gens aimables.

En regardant la photo d’un footballeur issu du pays, je m’étais faite une fausse idée des Kanaks et je leur présente mes excuses. Ce sont des gens souriants, agréables, même ceux avec les cheveux rasta à la Bob Marley – leur dieu.

Pour visiter la ville, très étendue, nous jouons les touristes en empruntant le Petit Train qui sillonne Nouméa et ses alentours. Soleil ardent mais vent froid. Une promenade à pied dans les rues du centre-ville nous permet de découvrir la place des Cocotiers, la fontaine Céleste, le kiosque à musique, la mairie, l’ancienne mairie, l’église protestante, l’Assemblée territoriale, la cathédrale Saint-Joseph, le marché couvert, le carré des rues anciennes, Chinatown et le port.

Le lendemain matin, nous partons explorer le parc provincial de la Rivière Bleue, au sud de Nouméa. Il s’étend sur 9045 hectares et comprend une partie du lac de retenue de Yaté. Tout est propre, organisé pour camper, manger, s’abriter, se promener. Notre guide connaît les arbres, les plantes, les minéraux. Les arbres sont les chênes-gomme, les kaoris (bois tendre d’un jaune-rose, peuvent atteindre 40 m de haut et vivre mille ans), les houps (fleurs rouges et bois jaune imputrescible, les araucarias, les niaoulis, les pandanus, les pins colonnaires (qui peuvent atteindre 60 m de haut), les banians (associés aux rites funéraires), les bouraos (fleurs jeunes médicinales), les fougères arborescentes… L’arbre est intriqué dans la culture mélanésienne au même titre que l’igname. Les trois espèces emblématiques sont le niaouli, le cocotier et le pin colonnaire.

Nous pique-niquons au bord de l’eau. Puis nous lions connaissance avec les cagous. Ce sont des oiseaux, mais qui ne volent pas. Ils ne chantent pas non plus, ils aboient comme des chiens. Ils n’ont pas un cœur d’oiseau mais hérissent les plumes de leur tête et déploient les ailes pour intimider tout intrus. Ils ont quand même un plumage, gris bleuté, pattes et bec orangé. Ils ne craignent pas l’homme parce qu’ils sont espèce protégée mais se sont fait de nombreux ennemis – en particulier les chiens errants. Le cagou n’a aucun proche parent dans le monde. Il y aurait 200 individus dans le parc.

Le jour suivant, nous louons une voiture pour gagner le nord de la Grande Terre par la côte ouest, « sous le vent ». Les routes sont bonnes, virageuses, franchissant des cols de moyenne altitude – mais vous ne trouvez aucune borne kilométrique.

A Boulouparis, nous visitons la distillerie artisanale d’essence de niaouli et y achetons quelques flacons. Le niaouli n’est pas spécifique à l’île, son nom est une déformation de ‘yauli’ qui le désigne à Balade et aux îles Belep. De cet arbrisseau odoriférant, on tire une essence utilisée pour parfumer, notamment le Goménol qui sert à soigner le rhume. Ce nom de goménol vient de la tribu de Gomen. De la famille des myrtacées, comme l’eucalyptus, le nialouli a des feuilles lancéolées vert glauque, un tronc tortueux, une écorce blanche et brillante qui se démascle en larges bandes et sert à recouvrir les cases, des fleurs blanches en mai. Il résiste aux feux de brousse et est réputé assécher les sols.

De nos jours, la région se consacre à la culture du sorgho et du squash dans les plaines bien drainées. Le squash n’a rien à voir avec la raquette mais l’anglicisme local pour la bête courge ou coloquinte comestible. Nous entrons sur le territoire de la tribu Oua Tom pour aller déjeuner chez Marie-Georgette. Elle nous sert du cochon sauvage, du cerf sauvage, et du manioc, patate douce et igname cultivés. Les viandes sont un peu trop cuites mais la sauce est délicieuse. Marie-Georgette et son mari (chargé de la vaisselle) ont protégé leurs cheveux d’un petit bonnet de plastique très kitsch. Ce sont ceux que l’on trouve dans les salles de bain d’hôtel pour éviter d’abîmer sa permanente sous la douche.

Nous passons La Foa, tout en jetant un œil à la passerelle Marguerite (du nom de l’épouse du gouverneur Richard), conçus par les disciples de Gustave Eiffel en 1909. Le jardin de la mairie expose des sculptures canaques. Le fort Teremba était un poste militaire en 1871, transformé en colonie pénitentiaire en 1885, a fermé en 1898. Nous traversons Moindou, fondé par des immigrants d’Alsace-Lorraine venus en 1874 pour les raisons que vous devinez (la Prusse…).

Nous terminons la journée à Bourail, station d’élevage en bord de rivière. Sur la plage de Poé, nous allons contempler la Roche Percée et le Bonhomme, nom donné pour honorer le travail d’érosion des vagues. La falaise est toute percée par les flots et prolongée par un énorme monolithe de quartz incliné sur son socle. D’en haut, le Pacifique nous récompense d’un somptueux coucher de soleil.

Sabine


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