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Manque de sécurité humaine a considérablement entravé le progrès palestinien

Publié le 18 mai 2010 par Tanjaawi
PNUD
De nombreux Palestiniens reçoivent une aide alimentaire suffisante pour subvenir à leurs besoins mais parce qu’ils sont dans l’incapacité de gagner leur vie eux-mêmes, ils restent en état de dépendance. Il ne s’agit pas, d’après le rapport, d’une pauvreté par l’insuffisance, mais d’une pauvreté par la privation du pouvoir.

Ramallah. Jusqu’à ce que les Palestiniens puissent assurer le contrôle de leur économie et de leur environnement - en particulier celui d’une politique macroéconomique, du commerce, des moyens de subsistance, des ressources en eau et des frontières -, un développement soutenu restera hors d’atteinte, selon le dernier rapport sur le Développement humain palestinien, publié aujourd’hui 9 mai, par le Premier ministre palestinien Salam Fayyad et par le représentant spécial du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans le territoire palestinien occupé, Mr Jens Toyberg-Frandzen.

Le rapport sur le Développement humain palestinien, Investir dans la sécurité humaine pour un futur Etat, explore les différents aspects de la sécurité des personnes - économique, alimentaire, sanitaire, environnemental, politique, individuel, communautaire - dans la perspective de les mettre à l’abri du besoin, de la peur, et de leur permettre de vivre dans la dignité. Recadrer le concept de « sécurité » vers un concept qui mette la sécurité humaine à l’égal de celle des institutions de l’Etat est essentiel quand il s’agit de réfléchir à la vie quotidienne des Palestiniens. C’est particulièrement important compte tenu de la mise en œuvre d’un discours sur la sécurité par l’Etat d’Israël dans le Territoire palestinien occupé (TPO).

S’exprimant à la publication du rapport, le Dr Salam Fayyad déclare : « Nous voulons voir disparaître les marques du régime d’occupation. Nous voulons voir la fin des incursions israéliennes dans les zones A, et nous voulons que les Palestiniens puissent être présents en permanence et dans une sécurité reconnue dans toutes les zones palestiniennes. Nous ne voyons pas cela comme des mesures visant à créer la confiance, mais comme des indications pour un Etat en constitution. Pour nous, cela est nécessaire pour que les négociations de paix aient quelque crédibilité. Pour obtenir l’adhésion des Palestiniens, il faut des signes cohérents de la fin de l’occupation ». Et d’ajouter aussi que réaliser un développement soutenu restera un objectif inatteignable dans le TPO aussi longtemps que le territoire restera occupé.

Le rapport a été rédigé par une équipe indépendante d’universitaires internationaux et palestiniens et des praticiens du développement.

La pauvreté par la privation de tout pouvoir

De nombreux Palestiniens reçoivent une aide alimentaire suffisante pour subvenir à leurs besoins mais parce qu’ils sont dans l’incapacité de gagner leur vie eux-mêmes, ils restent en état de dépendance. Il ne s’agit pas, d’après le rapport, d’une pauvreté par l’insuffisance, mais d’une pauvreté par la privation du pouvoir.

De petits pas ont été réalisés et doivent se poursuivre. Le rapport soutient qu’il y a corrélation entre le niveau de responsabilité de l’Autorité palestinienne dans un secteur, et le niveau de l’avancement qui y a été réalisé. Les systèmes d’enseignement et de santé sont de bons exemples de domaines où les Palestiniens, au regard de leur créneau d’actions, ont réalisé des progrès. En revanche, l’économie nationale s’est invariablement affaiblie pendant la période prise en considération par le rapport en raison d’un contrôle rigoureux (israélien). Les Palestiniens n’ont aucun pouvoir sur leur espace aérien, leurs eaux territoriales, leurs ressources naturelles, sur leurs déplacements et sur les instruments macroéconomiques, sur tout ce qui rend possible une autonomie économique.

Dr Fayyad note que le rapport a bien développé comment la fragmentation et la misère des Palestiniens sont provoquées par l’occupation et ruinent les efforts entrepris par l’Autorité palestinienne et soutenus par la communauté internationale, pour apporter des améliorations dans le territoire palestinien occupé. D’après le rapport, le fait de n’avoir pas su améliorer la condition humaine des Palestiniens « ne résultait pas d’un manque de volonté de l’Autorité palestinienne, ou de l’absence de désir de la communauté palestinienne, mais était la conséquence du régime d’occupation et de ses pratiques ».

Fragmentation territoriale et polarisation politique

Depuis 1967, le morcellement territorial du TPO est devenu petit à petit plus marqué. Le rapport fait valoir que la séparation systématique par Israël des communautés palestiniennes en une série d’archipels dispersés a eu de profondes répercussions sur la cohésion économique, sociale et culturelle palestinienne.

Les auteurs du rapport affirment que la fragmentation territoriale du territoire occupé a gravement affaibli l’autorité centrale et les institutions centrales de gouvernance de l’Autorité palestinienne, et intensifié la polarisation politique palestinienne intérieure. Il en résulte une augmentation dans la violence politique et la suppression de droits civils par les différentes autorités de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Le rapport argue également qu’une sorte de processus de réconciliation nationale serait nécessaire pour surmonter les conséquences néfastes de la violence politique, et aussi pour réduire la marginalisation des Palestiniens ordinaires du processus politique.

A la sortie du rapport, Mr Jens Toyberg-Frandzen souligne de son côté que « la sécurité humaine est la plateforme pour un développement dont l’objectif est de créer un environnement où la population peut profiter d’une vie longue, saine et créative. Ce rapport, dit-il, rappelle que les Palestiniens sont toujours confrontés à de nombreux défis, notamment à l’occupation et à la fragmentation intérieure. »

Investir dans la sécurité humaine

Tout en reconnaissant que maintenir le statu quo est indéfendable, le rapport se prononce pour une approche pragmatique afin de promouvoir la sécurité des personnes même sous occupation ou simplement émergeant de l’occupation.

Allant de l’avant, les auteurs plaident pour une stratégie participative de constitution d’un Etat promouvant une continuité territoriale, une intégration économique, une cohésion sociale, une souveraineté et une réconciliation politique. Le rapport recommande la création d’une commission pour une gouvernance représentative afin de superviser la mise en œuvre de cette stratégie, d’assurer la transparence de l’Autorité palestinienne et de se donner une responsabilité et une crédibilité.

Il suggère aussi que l’aide soit dissociée du processus politique de sorte que des dispositions institutionnelles puissent être établies afin de garantir la préservation des droits des Palestiniens et la prise en compte de leurs besoins.

Le rapport sur le Développement humain 2009/2010 pour le territoire palestinien occupé est le cinquième du genre. Ce rapport indépendant a été commandé par le Programme d’assistance du PNUD au peuple palestinien, avec l’objectif d’être un catalyseur pour un échange public renouvelé sur le développement humain et la sécurité des personnes. Les auteurs attendent du rapport qu’il influence de futurs débats politiques par les informations accessibles et exactes et les analyses sur les questions de développement dans le territoire occupé qu’il apporte.


Voir le rapport (anglais, pdf) : http://www.undp.ps/en/newsroom/publ...
Voir le communiqué de presse du PNUD (anglais, pdf) : http://www.undp.ps/en/newsroom/pres...

9 mai 2010 - PNUD - traduction : JPP  / 17/05/2010 -


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