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Festival de Cannes - Acte II : Vive le cinéma

Publié le 20 mai 2010 par Loaparis
Durant ces six jours passés à Cannes, nous avons réussi à voir onze films.
Le premier, Chongqing Blues de Wang Xiaoshuai, dans la Salle Lumière, en robe de soirée, en présence de l'équipe du film. Ou l'histoire d'un père qui revient chez lui tenter de découvrir pourquoi son fils qu'il a abandonné quinze ans plus tôt est mort après avoir pris en otage la cliente d'un supermarché. Un très beau film chinois.
Chatroom, film japonnais de Hideo Nakata, injustement qualifié de « teen movie d'horreur » par les critiques de la presse quotidienne. Chatroom, matérialisation des chats pour ado sur internet et de leur influence sur la vie réelle, est plutôt un bon thriller, très efficace et jouant parfaitement avec le spectateur.
Tournée. La montée des marches événement de l'année composée de stripteaseuses, précédait un film tout aussi attendu, tout du moins pour Sophie. Il en résulte une comédie dramatique bien menée, sans temps morts, et à la musique persistante, mais laissant un goût amer à ceux qui se seront reconnus dans les deux enfants.
La journée de vendredi s'est terminée devant Love Lions, un film psychédélique tourné à Los Angeles par Agnès Varda en 1968. Le film était très bien, il est juste regrettable que du LSD ne fut pas distribué à l'entrée de la salle.
Robert Mitchum est mort, premier long métrage de Olivier Babinet, présenté par l'équipe du film, dont l'acteur Olivier Gourmet, est la bonne surprise de notre festival. Sous la forme d'un road movie, le film suit un acteur et son manager de Paris au festival du film du cercle plaire, au fin fond de la Norvège. Drôle, attachant, Robert Mitchum est mort était probablement la bouffée d'air frais de la semaine (et il a sa page Facebook, et ça c'est pas rien!)
On ne peut pas en dire autant de l'Etrange Affaire Angelica, drame symboliste aux accents métaphysiques de Manoel de Oliveira. Je ne prétendrais pas donner mon avis sur ce film, je n'en ai vu que 40 minutes, avant d'entamer une merveilleuse sieste réparatrice.
Samedi soir avait lieu la première des Amours Imaginaires de Xavier Dolan, mon coup de coeur de ce festival. Après deux heures d'attente, quand le jeune réalisateur venu sur scène présenter son film entouré des deux autres acteurs a lancé « J'espère que le film va vous rappeler vos amours imaginaires » il fallait se douter que le film n'allait pas être rose. Au contraire : une série de récits amoureux malheureux entrecoupe l'histoire de deux amis, Francis et Marie, amoureux du même garçon. De là découle une heure quarante de larmes à peine retenues, et une BO rockabilly collant à merveille à ce film canadien.
Dimanche midi nous avons assisté à la première de ce que nous appelons toutes les trois le raté de notre festival : Pál Adrienn « La prochaine fois je te montrerai une autopsie si tu veux », de la réalisatrice hongroise Ágnès Kocsis. Qualifié de caricature de film d'auteur de l'Est, Pál Adrienn peut se résumer à cette phrase tirée du film : « Ton humour et ta bonne humeur nous ont manqué ». 2h15 durant lesquelles le personnage principal mange et tente de réanimer les pensionnaires des soins palliatifs de l'hôpital de la ville, tout en tentant de retrouver Adrienn, son amie d'enfance. En dehors des scènes écœurantes d'ingestion d'aliments, et celles inutiles d'hôpital, il y a de bonnes idées. Dommage que le film soit si long et lent pour arriver à une fin en queue de poisson.
Sorties de cette indigestion cinématographique, nous avons enchainé avec le dernier film de Jia Zhangke, I wish I knew, documentaire de deux heures présentant la ville de Shanghai des années 1940 à la construction des pavillons de l'Exposition Universelle. Magnifiquement filmé, de très belles images de la ville, I wish I knew me ferait presque aimer les documentaires.
Dimanche soir était le moment attendu du festival : Hollywood don't surf, un documentaire d'une heure quinze sur comme Hollywood est incapable de filmer de le surf, projeté au cinéma de la plage. Quoi de mieux que les pieds dans le sable et le bruit des vagues en fond sonore pour regarder des extraits d'American Graffitti, Point Break et Blue Crush, sur une BO de rock californien, les Beach Boys en tête ?
Lundi fut LA journée de merde de la semaine. Heureusement que Carancho, film du réalisateur argentin Pablo Trapero était là. Servi par des acteurs parfaits, Ricardo Darin et Martina Gussman, le film racontant la rencontre entre une infirmière toxico et un avocat véreux dans le milieu pourri d'une mafia de Buenos Aires, va crecendo et scotche le spectateur à son siège deux heures durant, pour finir par une standing ovation.
Et ce soir, à Paris, je suis allée voir Robin Hood. Sans commentaires.

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