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Vol au dessus d'un nid de gogos

Publié le 20 mai 2010 par Delanopolis
Le musée d'art moderne de la ville a été donc été délesté, la nuit dernière, de 5 tableaux dont la valeur, selon les estimations, varie de 100 à 500 millions d'euros. Il ne faut pas prendre cette affaire à la légère : il s'agit du plus important vol d'oeuvres d'art en France depuis fort longtemps, peut-être depuis l'occupation allemande et le "pigeon aux petits pois", du plus pur cubisme analytique picassien est sans doute le tableau le plus précieux détenu par ce musée municipal. Aussitôt, Delanoë s'est fendu d'un communiqué tentant d'expliquer les défaillances qui ont facilité ce brigandage, lesquelles n'ont évidemment rien à voir avec sa politique, toute sa prose le suggère aux éventuels mauvais esprits qui seraient tentés de le penser. Pourtant, à y regarder de plus près, la chose n'est pas évidente ... Vol au dessus d'un nid de gogos Que les lecteurs se rassurent, il ne s'agit pas de dire que ce pauvre maire devait monter lui-même la garde, en compagnie de Girard, dans le Palais de Tokyo, coiffés de casquettes et munis de lampes de poche.

Cela étant, le communiqué de presse aussitôt publié est pour le moins troublant.

"Un dysfonctionnement partiel du système d’alarme volumétrique a été identifié dans une partie des salles du musée. En revanche, le dispositif vidéo était en parfait état de marche et diffusait des images en temps réel au PC de sécurité du lieu où trois agents sont mobilisés chaque nuit.

Pour ce qui est de l’alarme volumétrique, le musée avait constaté ce dysfonctionnement technique le 30 mars dernier et avait alerté le jour même la société prestataire. Celle-ci est intervenue dans les 24 heures mais sa demande de matériel de remplacement, adressée à son fournisseur, n’était toujours pas satisfaite.

En complément de l’enquête judiciaire qui devra permettre de rechercher les auteurs de ce vol et d’établir ses circonstances précises, j’ai souhaité qu’une enquête administrative soit lancée sans délai. J’ai donc saisi l’Inspection générale de la Ville afin de contribuer à vérifier si d’éventuelles carences techniques ou humaines ont contribué à rendre possible cette effraction.

Rappelons enfin qu’un plan de mise aux normes de la sécurité (anti-incendie, anti-intrusion) de ce Musée a été mis en œuvre par la Ville, mobilisant un investissement global de 15 millions d’euros et nécessitant sa fermeture de 2004 à 2006."

Ainsi, pour résumer les faits, depuis le 31 mars le système d'alarme volumétrique était défaillant et aucun renforcement en gardiennage humain n'a été décidé !!! Seuls 3 gardiens, pour un établissement très vaste faut-il le rappeler, visionnaient les écrans, du moins si l'on en croit la prose municipale.

Cette insuffisance notoire de personnel, embauché au moins à titre provisoire, dans la circonstance d'un défaillance connue du système de sécurité est difficilement excusable. Et la circonstance que 15 millions aient été investis il y a 6 ans ne fait que renforcer l'idée que, si ce système était en panne, sa substitution par une surveillance humaine accrue n'en était que plus nécessaire.

Tout cela nous renvoie alors au problème des dépenses inutiles et du gâchis des ressources humaines à la ville de Paris.

Savez-vous, par exemple, que le chantier des Halles est actuellement gardienné à grands frais avec des maîtres-chiens malgré la suspension ordonnée par le Tribunal ? Pendant que la Ville dépense des fortunes au 104, au Louxor, à la Gaîté-Lyrique et dans d'autres entreprises et projets culturels foireux, son patrimoine le plus précieux est négligé.

Le principe des économies budgétaires est opposé aux personnels des bibliothèques, certaines sont menacées de fermeture ; la conservation d'archives est en cause, le musée de Montmartre a failli fermer (seule une mobilisation populaire l'a sauvé), le Pavillon des Arts a eu moins de chance et a été cadenassé, l'acquisition d'oeuvres d'art pour les musées de la ville est squelettique et, pendant ce temps, Girard et Delanoë continuent d'injecter des dizaines de millions d'euros dans leurs petites lubies communicationnelles ou clientélistes, arrosant squats d'"artistes" préemptés et associations amies à objectif vaguement culturel.

La soi-disant enquête que mènera l'inspection de la ville, service sans aucune indépendance réelle vis-à-vis du maire rappelons-le, serait bien inspirée de creuser cette question. Bizarrement, on peut douter que cela vienne à l'esprit de ses agents. En attendant, si ces 5 tableaux ne sont pas retrouvés, Paris aura connu un nouvel et important appauvrissement.




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