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Déjà venait une femme vivante (Jean Joubert)

Par Arbrealettres
Déjà venait une femme vivante (Jean Joubert)


Déjà venait une femme vivante
porter au creux de pierre et d’ossement
ses doigts de pluie sur la sève dolente.

Qui va disant que la terre prépare
un lit de noce où se dépouillera
le peu de chair anxieuse qui la pare

et que le vent de neige et ses vautours
exileront cette infime poussière
qui fut sa bouche aux saisons de l’amour?

Sa langue veille aux passes du silence,
sa main repousse une ombre d’étrangleur
et se donnant elle donne patience,

plus belle d’opposer à ce lieu mort
le simple poids de songe et de lumière
que l’aube laisse à l’arbre de son corps.

(Jean Joubert)


Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole



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