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Martine et les cumulards

Publié le 25 mai 2010 par Hmoreigne

 Les militants en ont rêvé, Martine l’a fait adopter. A 72% lors du référendum d’octobre 2009 sur la rénovation, les militants socialistes ont plébiscité l’application de la règle du non-cumul. Forte de ce vote sans appel, symbole d’une rénovation annoncée, la patronne du PS rappelle aux récalcitrants que “la question du non-cumul est derrière nous, les militants ont tranché.

L’argument ne suffit pas à fermer le ban. Après l’affaire Frêche ce nouveau dossier souligne l’antagonisme entre un PS des barons repliés sur leurs terres, facilement enclins à s’asseoir sur les statuts de leur parti et de l’autre Solférino et de nombreux militants exaspérés par une fronde devenue quasi-permanente.

Plus que la Chambre du seigle et de la châtaigne, la Haute assemblée incarne même pour les élus socialistes une façon d’exercer le pouvoir à l’ancienne, où l’on estime qu’il est nécessaire pour être efficace politiquement de concentrer tous les leviers en cumulant un maximum de mandats.

De nombreux citoyens et militants estiment pourtant le contraire, ne voyant dans cette course au pouvoir qu’un verrouillage territorial par la multiplication des obligés et une professionnalisation de la politique devenue au fil des ans un moyen, sinon de faire fortune au moins de vivre confortablement.

Fidèles à leur image, les sénateurs ne sont pas pressés de se voir appliquer une mesure qui va leur rogner les ailes. Les plus téméraires s’y opposent frontalement, les autres louvoient en proposant de renvoyer à plus tard au motif que le PS a devant lui, en 2011, la chance historique de faire basculer la Chambre haute à gauche.

Principes et exemplarité contre enjeux électoraux et intérêts personnels, le match s’annonce serré. “Bien faire de la politique, ce n’est pas avoir toujours plus pour soi-même” estime la Première secrétaire qui ne manque pas de souligner que la décentralisation a rendu lourd et complexe  l’exécution d’un mandat local. Aubryment dit : la gestion des collectivités locales est un job à plein temps. La fonction de parlementaire également n’a de cesse de rabâcher Thomas Legrand sur France Inter.

Observateur averti de la chose politique le journaliste relève qu’il appartient au parlement de faire la loi et de contrôler l’exécutif notamment dans l’exécution des dépenses publiques. Deux secteurs dans lesquels on ne peut pas dire que le travail réalisé soit très efficient. S’y ajoute un troisième : le suivi de l’application des lois. Un volet largement négligé en grande partie du fait du cumul des mandats.

Pas de désarmement unilatéral” rétorquent les récalcitrants, soutenus dans cette position par Lionel Jospin. La rengaine est connue, non à l’autolimitation, mais oui à une loi anticumul qui mette droite et gauche sur un pied d’égalité. Une pirouette intellectuelle qui permet de renvoyer aux calendes grecques toute remise à plat.

Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS justement en charge de la rénovation a l’expression juste en comparant  la question du cumul à une “nouvelle frontière” que tous les socialistes ne sont pas décidés à franchir. Rendez-vous est d’ores et déja pris le 3 juillet prochain lors d’une convention du parti sur la rénovation et la procédure des primaires.

Certaines voix s’élèvent pour dénoncer une instrumentalisation du non cumul et pointer le fait que celui-ci fasse l’impasse sur certains champs notamment,  les cumuls entre mandats locaux ou entre mandats locaux et présidences d’organismes pour ne citer qu’eux.

La notion de populisme a bon dos et permet surtout de s’exonérer de toute remise en cause du système. Même imparfait la disposition controversée permet de glisser un pied dans l’ouverture de la porte et de faire rentrer un peu d’air frais dans un microcosme marqué, à l’image de la société, par un effondrement intellectuel et une érosion des valeurs.

L’enjeu qui n’échappe à personne, c’est le renouvellement d’une partie vieillissante de la classe politique qui s’accroche à ses prérogatives comme les moules au rocher. Il ne s’agit pas de faire monter tous les Vizirs d’un cran pour en faire des Califesmais de se domnner les moyens d’agréger des personnalités innovantes de la société civile. A charge pour le PS de ne pas de vivre en marge de la société mais d’en représenter toutes les composantes. A défaut d’être assurément gagnée, la bataille doit être au moins menée.

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