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Condamnés aux travaux forcés

Publié le 25 mai 2010 par D.ieu Nous Aime...
Drapeau Malawi.jpgAu Malawi, un tribunal a condamné le 20 mai 2010, le couple d'homosexuels reconnu coupable d'"avoir violé l'ordre de la nature" après avoir organisé la première cérémonie symbolique de "mariage" gay du pays, à 14 ans de prison, la peine maximale, et aux travaux forcés.
Justice 1.jpgLe juge Nyakwawa Usiwa Usiwa a déclaré "Je vous condamne à 14 ans de prison, une peine assortie de travaux forcés. C'est la peine maximale selon le code pénal".
Il a poursuivi "La condamnation que je vous donne est destinée à faire peur afin de protéger le public de gens comme vous pour que nous ne soyons pas tentés de reproduire cet exemple horrible. Le Malawi n'est pas prêt à voir ses fils mariés à ses fils".
Un tribunal de Blantyre les avait dans un premier temps jugés coupables le 18 mai d'"avoir violé l'ordre de la nature", l'homosexualité étant dans le pays, interdite par la loi.
Leur avocat a déclaré à l'issue de l'audience qu'ils allaient voir s'ils font appel.
Steven Monjeza and Tiwonge Chimbalanga, couple gay au Malawi 3.jpgTiwonge Chimbalanga, 20 ans, et Steven Monjeza, 26 ans, avaient été arrêtés le 28 décembre 2009 à Blantyre, capitale commerciale du pays, deux jours après avoir organisé une cérémonie symbolique de mariage gay.
Leur arrestation et leur maintien en détention ont suscité l'indignation des communautés de défense des droits de l'Homme et des organisations de lutte contre le sida.
Le sentiment qui prévaut est que ce couple a été puni pour l’exemple.
Alors que l’on ne sait pas encore si le couple fera appel, deux organisations locales des droits de l'Homme se préparent à contester la sentence.
Gay rights are human rights 1a.jpgUndule D.K. Mwakasungula, directeur exécutif du Centre pour les droits humains et la rehabilitation au Malawi, déclare "Nous allons bientôt faire appel auprès de la haute cour. Nous avons bon espoir qu'elle annulera ce jugement anticonstitutionnel. Mais nous voulons par ailleurs nous lancer dans l'éducation concernant les LGBT auprès de l'opinion publique".
Pour sa part Dunker Kama, administrateur au Centre pour le développement du peuple, qui veut lui aussi faire appel, a dit "Cette décision prouve que le Malawi n'est toujours pas prêt à ce que les droits humains soient universels".
La communauté internationale s'indigne aussi de cette décision de justice, qui tombe quasiment un mois après des déclarations homophobes du président Bingu Wa Mutharika.
Bernard Kouchner.jpgLa France, par la voix de Bernard Kouchner, le ministère des Affaires étrangères, "regrette et condamne le verdict (…). Des décisions de cette nature, intervenant au lendemain de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, justifient la mobilisation internationale contre les violations graves des droits de l'Homme fondées sur l'orientation sexuelle".
Le Département d'État américain a pour sa part indiqué "Criminaliser l'orientation et l'identité sexuelles est un pas en arrière dans la protection des droits de l'Homme au Malawi".
En Europe, le gouvernement britannique "exhorte le gouvernement du Malawi à revoir ses lois pour garantir la défense des droits humains de tous, sans discrimination aucune".
Il a ajouté que le Royaume-Uni et ses partenaires internationaux "continueront à faire pression sur le gouvernement sur ce thème".
Le ministre du Développement irlandais dit "travailler avec (ses) partenaires pour une réponse européenne forte".
Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l'Homme.jpgLigue des droits de l'Homme (LDH).jpgMalik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l'Homme a quant à lui déclaré "Cette affaire témoigne encore plus que la France doit reprendre l’initiative, comme elle l’avait fait avec Rama Yade auprès de l'Onu" pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité.
Amnesty International 6.jpgMathilde Chevalier, membre de la commission LGBT d'Amnesty International France, estime que "ce qui est choquant, c’est que cette condamnation viole la constitution du Malawi, puisque l’article 20 interdit toute forme de discrimination et que l'article 4 garantit la liberté d’expression et de conscience, et le droit à la vie privée".
Elle rappelle également les risques d'inciter les gays à continuer à se cacher, vis-à-vis de la lutte contre le sida.
Prions pour que la mobilisation internationale permette à ce couple gay de retrouver la liberté et peut être de pouvoir être accueilli dans un pays où les droits de l’Homme sont respectés.
Seigneur, pourquoi tant de haine?

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