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Dans la tête d'un(e) divorcé(e)

Publié le 25 mai 2010 par Sarah.bh
Les contes de fées n'existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante. La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment... La vérité, c'est que l'amour commence dans l'eau de rose et finit en eau de boudin...On se marie exactement comme on passe son baccalauréat ou son permis de conduire: c'est toujours le même moule dans lequel on veut couler pour être normal, normal, NORMAL, à tout prix. A défaut d'être au-dessus de tout le monde, on veut être comme tout le monde, par peur d'être en dessous. Et c'est le meilleur moyen de ruiner un amour véritable. Le mariage n'est d'ailleurs pas seulement un modèle imposé par l'éducation bourgeoise: il fait aussi l'objet d'un colossal lavage de cerveau publicitaire, cinématographique, journalistique, et même littéraire, une immense intox qui finit par pousser de ravissantes demoiselles à désirer la bague au doigt et la robe blanche, alors que sans cela, elles n'y auraient jamais songé...Dans un monde parfait, les filles de vingt ans ne seraient jamais attirées par une invention aussi artificielle. Elles rêveraient de sincérité, de passion, d'absolu. Elles attendraient l'Homme qui saurait les étonner chaque jour que Dieu fait, pas l'Homme qui va leur offrir les étagères Ikea. Elles laisseraient la Nature -c'est-à-dire- le désir faire son office. Malheureusement leur maman frustrée leur souhaite un malheur identique, et elles-mêmes on vu trop de soap-opera. Alors elles attendent le Prince Charmant, ce concept publicitaire débile qui fabrique des déçues, des futures vieilles-filles,des aigries en quête d'absolu, alors que seul un homme imparfait peut les rendre heureuses.... J'ai été imprudent, fat, naïf et stupide. Je le paye cash. J'ai mérité cette débâcle. J'étais comme tout le monde, comme vous qui me lisez, persuadé d'être l'exception qui confirme la règle. Évidemment,le malheur allait m'éviter, nous passerions entre les gouttes. L'échec n'arrive qu'aux autres. L'amour s'en est allé un jour, et j'ai été réveillé en sursaut. Jusque-là je m'étais forcé à jouer le mari comblé. Mais je mentais à moi-même depuis longtemps pour ne pas,un jour, commencer à mentir à quelqu'un d'autre.
Frédéric Beigbeder, L'amour dure trois ans, p48-50

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