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Ségolène Royal. Encore, je sais.

Publié le 07 décembre 2007 par Nicolas J
Mon dernier billet sur Ségolène Royal, ce matin, était juste pour rigoler de son come back. La teneur des commentaires me pousse à préciser ma position.
Dans l’interview au Monde que j’évoquais, à un moment elle se plaignait du procès en incompétence qui lui est fait et plus loin elle avoue qu’elle doit encore progresser dans les domaines de l’international et de l’économie. C’est de l’incompétence ! Son adversaire n’a pas fait ce genre d’erreur alors qu’il est probablement évidemment moins bon qu’elle dans ces deux domaines. Sa félicitation à Vladimir Poutine et la politique budgétaire en sont de bons exemples.
Ségolène Royal : de l’incompétence politique ! Que n’a pas Nicolas Sarkozy, il a gagné.
Que je la critique sur ce point n’est pas grave. Elle peut progresser. Surtout, ce n’est pas la seule à être incompétente à gauche. Nicolas Sarkozy est en train de torpiller les 35 heures et je n’entends personne à gauche crier dans les médias. Il n’y a que Le Monde qui constate.
Voilà le Parti Socialiste (je parle de ses dirigeants) : Nicolas Sarkozy dit qu’il faut travailler plus pour gagner plus, le PS lui courre après… Ségolène Royal a critiqué les 35 heures… et tout le monde au PS s’écrase au nom du pouvoir d’achat.
C’est idiot. Pour différentes raisons… Les 35 heures ont permis la réduction du chômage… les supprimer n’aura qu’un effet ! La diminution du temps de travail est un progrès social. Ceux qui approuvent cette politique du travailler plus sont des fous dangereux : voir mon billet de l’autre jour (d’une part, si on veut lutter contre les Chinois en travaillant plus, on se retrouvera bientôt avec le niveau de vie des Chinois, d’autre part, les Allemands ont un coût du travail largement supérieur au nôtre et continuent à exporter plus qu’ils n’importent : le problème est donc ailleurs). Le PS devrait rappeler que les revenus du capital augmentent beaucoup plus vite que les revenus du travail.
Mais la question n’est pas là. C’est idiot car la gauche, avec un excellent programme (je n’ai que très rarement fait de critiques sur le Pacte Présidentiel, sauf sur des points précis), essaie de gagner avec un discours à droite pour appliquer une politique de gauche.
Un discours à droite ? Ben ouais… Dans « ordre juste », il y a ordre. Ce n’est pas de la valeur travail dont il faudrait parler, mais de la valeur du travail. La « valeur travail » est un truc de droite : « tu travailleras dur pour faire vivre ta famille ». Facile ! Les dirigeants de droite font travailler les autres…
Il se trouve que dans le monde actuel, un couple avec deux enfants a du mal à surnager avec ses deux SMIC… C’est tout simplement parce que le travail ne vaut plus grand-chose.
Parler d’encadrement militaire pour les délinquants est un truc de droite. Un truc de gauche serait de parler d’encadrement par des éducateurs (qu’ils dépendent du Ministère de l’Education Nationale, de la Justice ou de la Défense n’est qu’annexe).
Par son discours, Ségolène Royal a essayé de convaincre des électeurs de droite de voter à gauche. Ca ne sert à rien. Autant pisser dans un violon ou tenir un blog politique.
La gauche, la droite… C’est un peu une question de géométrie nous avait expliqué Franssoit il y a un an (mais il a tellement de blogs que j’ai la flemme de chercher où, je vais en mettre un au hasard). En fait presque par définition, il y a la moitié des Français à gauche et l’autre moitié à droite. Si nous sommes un nombre impair, il y a un type au centre, sinon il n’y a personne.
A chaque présidentielle, le curseur se déplace un peu ! Mais pas celui de la gauche et de la droite, celui du score à l’élection. Le second tour (sauf en 2002 !) se termine entre 45 et 55% des voix. 47% contre 53% la dernière fois.
Parmi ces 45%, sur la droite, il y en a la moitié qui ne votera à gauche à cause des problèmes d’immigration et l’autre moitié (comme la plupart de mes copains de droite) qui sont toujours persuadés que le RMI favorise la fainéantise (je caricature) et pour qui le mot « socialisme » fait peur (ça leur rappelle la Chine et l’URSS).
Ce n’est pas à eux qu’il faut s’adresser ! Sauf pour leur rappeler que la politique menée par la droite française est mauvaise, pour les inciter à s’abstenir.
Ce sont les autres qu’il faut convaincre, les 55% qui restent. Convaincre sa base, les 40 ou 45, qu’on mérite qu’on vote pour soi et les autres, plus indécis, plus centristes, qu’on a le meilleur projet, la meilleure vision de la société, la meilleure équipe pour diriger le pays.
On avait le meilleur projet, la meilleure vision de la société, la meilleure équipe (tant pis si on n’avait pas Roselyne Bachelot)… mais on n’a pas su vendre. On a essayé de piquer les électeurs traditionnels du type en face… et de s’associer avec les dirigeants du centre, ce qui a dérouté la base.
Il va peut-être falloir commencer à changer. Et arrêter de parler à nouveau de la valeur travail et de l’identité nationale. Enfin, un de mes commentateurs (le célèbre Dagrouik) a dit que n’étant pas membre du PS, on n’avait pas notre mot à dire. Dagrouik, fais gaffe ! On est des électeurs…

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