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La « pozoleria », théâtre improbable de la société mexicaine d’aujourd’hui où l’on mange et regarde à tous les râteliers…

Publié le 31 mai 2010 par Andsowhat

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Suite de mon périple de sourcing et ressourcing mexicain. Un post anecdotique qui trouve sa place ici tant il est symptomatique de la société mexicaine, caractérisé par la maxime suivante : Viernes social, sababo sexual, domingo familial (vendredi = social, samedi = sexuel, dimanche = famille) ; Le jeudi a lui aussi son institution, c’est le Pozole. 

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On les appelle les Pozoleria, où l’on sert cette soupe traditionnelle mexicaine de poulet (délicieuse) avec ses accompagnements, dans lesquels par contre, tout bon européen fera des choix qui s’avèreront cruciaux pour l’avenir de ses papilles (chili, peau de porc grillée – tout n’est pas forcément bon dans le cochon, et autres tortillas frites, l’assiette d’accompagnement représentant 400% d’apport calorique du plat lui même.

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Mais si la simplicité prévaut pour ce qui est de l’assiette, en revanche, le jeu d’organisation des tables, et la nature du spectacle lui-même témoigne d’un certain code d’organisation de ce miroir social qu’est le Jueves (jeudi). Ainsi donc voici la table des hommes d’un côté, celle des femmes de l’autre ; ici une table d’un séminaire improbable, là des jeunes filles endimanchées dont le top laisse plus qu'entrevoir ce qui est le plus vendable…  

Puis entre deux danses sur une musique variant du standard Gringos du Métropolis à un mix de country mexicaine, voici un show de travestis très piqué de verres où la maîtresse de cérémonie insulte tour à tour les tables comme pour marquer l’avancée des mœurs dans une ambiance entendue ("on va pas se la raconter, ton père ton frère et même ton mari, tous putos" (pédé- non péjoratif).

Je m’interroge sur le grand intérêt que porte les mexicains aux travestis (sur la photo du haut Cher de loin mais loin d'être chère avec mon hôte mexicain Gérard et des ami(e)s peu culottées). Vérités assénées à coup de rires ? ou tout simplement fantasme d’une créature d’1m80 qui taille 38, alors qu'ici, une vache taille 42, une guêpe taille un frelons et une Mexicaine frôle au bas mot le 54 ? Car ici, une fois une chérie devenue mère des enfants, les tables de deux puent l’ennuie et l’on lorgne déjà sur celle d’à côté (enfin Monsieur, parce que Madame chante à braire avec les travestis.…).

Dans notre société française ou on range tout dans des cases pour avoir une lecture très bien pensante qui arrange tout le monde, ici je ne ne m’étonne plus de rien ! - depuis sans doutes m’être fait siffler dans la rue par un camion d’ouvriers au sortir d’un chantier (non non j’étais en pantalon long).

Quoiqu’il en soit, j’aime ces ambiances populaires déglinguées qui sont des « remise en perspective nécessaires » de nos modèles bien pensants.

Je quitte la rase campagne bien loin de la côte d’Acapulco pour un retour en ville. Changement de décor d’une Pozoleria très très urbaine, photo de toutes les stars mexicaines et internationales au mur, avec un show tordant, sous les yeux d’enfants en bas âge à qui on apprend à trinquer avec papa ou d’adolescents qui déjà rêve à trinquer tout court.

Et dans la salle, haute société en éventail, bonne et moins bonne société qui partage le même menu (mais pas à la même table), à savoir un nouveau show déluré mimant cette fois ci une scène de ménage ("t’es minable avec ton tout petit kiki", "regarde cette trainée avec qui tu me trompe"- en montrant une spectatrice), où l’on finit par tabasser le travesti a coups de pied, gifles, arrachage de perruque (mince, c’est pas une perruque), le public y allant de son ceinturon ; c’est d’une violence hilarante mais seuls quelques gringos (qui ne sortent pas que sous air conditionné) sont prêts à aller porter secours à cette pauvre fille en ce jeudi pas très sain, et dont la seule faute finalement est d’être plus appétissante que ce que réserve le reste de la semaine…. Mais que réclame le peuple mon bon César… de la bière, des jeux, des ceinturons et quelques beaux centurions… Quel pays !


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