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Etat chronique de poésie 904

Publié le 01 juin 2010 par Xavierlaine081

904

Nous voici pris dans cette chaîne invisible, liés, reliés, mots en suspends aux lèvres de l'attente.

Les feuilles s'égrènent dans un vent de printemps, elles ne disent que partie lisible, le reste est à jamais inscrit dans un temps qui n'existe pas… 

*

Nos actes ont une portée illisible.

Ils vont loin, en disent long sur ce que nous sommes.

Que dit un bras qui se tend ? Quelle vibration se propage par-delà l’immédiat palpable de nos sens endormis ?

Si fragile rencontre que celle qui se produit, lorsque tout vous semble définitivement clos.

La vie par delà la vie palpite et s’émeut.

Un battement de cil repeint le monde, lui donne un luisant inattendu.

Deux âmes qui flottent face au couchant qui rayonne, et voilà déjà qu’un doux vent les unit, dans cette communion des yeux.

*

Si souvent nous sommes illettrés : nous ne savons rien de ce qui s’écrit au-delà de l’apparence des mots.

Nous ne savons voir cette palpitation discrète qui précède toute effusion.

Une lave coule en nos veines qui désespèrent.

Le volcan n’éclate jamais où notre science l’attendait.

Il faut pourtant que le fleuve puissant et chaud s’écoule.

Nous n’en observons que les fumerolles.

Ce qui ne nous empêche pas de nous affirmer ceci ou cela, dans un ultime geste d’arrogance.

Brisés par la tempête, nos yeux alors pleurent. Notre colère gronde contre cette création sourde et aveugle qui ne comprend pas notre orgueil.

*

Nul n'est artiste ou poète s'il ne sait le devenir. 

Ce n'est qu'au point final qu'une postérité peut affirmer l'état du voyageur. 

Tout le reste n'est que vanité.

*

C’est par vanité que nous affûtons nos armes.

Par elle que nous provoquons guerres et massacres.

Pour elle que nous nous méprisons en brisant l’autre dans sa dignité d’Homme.

Elle est la vermine qui nous éloigne de toute humanité.

Elle nous ronge, nous gangrène, nous crible de balles.

Elle trouve toujours, dans nos gouffres amers, une corde prête à vibrer à ses sirènes sans gloire.

*

Boursouflure de l’être

Kyste prêt à se répandre

En flots de pus nauséabond

.

C’est digne tâche que de cautériser

Suturer, favoriser la contraction des berges

Pour que plaie se cicatrise

Au front d’humaine condition

.

Manosque, 19 avril 2010

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