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Vos CD et DVD ne sont pas fiables

Publié le 01 juin 2010 par Frédéric Bordage @greenit
Dématérialisation - Rapport - Longévité des supports numériques - couverture

« Nos sociétés produisent des masses croissantes d’information alors même que la durée de vie des supports numériques disponibles pour les conserver n’a jamais été aussi courte » alarment Eric Spitz, Franck Laloë, et Jean-Charles Hourcade dans un rapport publié par l’Académie des sciences et l’Académie des technologies. « Les supports numériques n’ont qu’une durée de vie de 5 à 10 ans environ » constatent les trois membres du groupe Pérennité des Supports Numériques (PSN), soit 3 à 6 fois moins longtemps que les durées de vie annoncées par les fabricants (30 à 50 ans). Pire : des tests réalisés par le Laboratoire National de Métrologie et d’Essais montrent que 8% des CD et des DVD gravés sont inutilisables au bout de… 12 mois. « Archiver sur ces supports pendant des décennies ou un siècle pose un problème » estiment donc les auteurs du rapport.

L’Académie des sciences ne se veut pas alarmiste. Elle cherche plutôt à anticiper les problèmes de conservation rencontrés par les entreprises et les institutions. A l’heure où toutes les informations du pays circulent au format numérique, le sujet mérite d’être étudié sérieusement. La France n’est d’ailleurs pas le seul pays à se pencher sérieusement sur la question. Au Japon, l’Archive Disc Test Center réalise des tests indépendants de vieillissement et proposera bientôt un label certifiant la durée de conservation indiquée par le fabricant. Le PSN recommande de favoriser le développement d’une offre de supports industriels (longue conservation) via la commande publique et d’élaborer une véritable politique nationale d’archivage numérique.

Les entreprises seront certainement plus sensibles au coût de stockage des documents légaux. Sauvegarder des fiches de paie dématérialisés pendant 40 ans nécessitera par exemple 10 à 30 copies de l’information initiale (2 x 5 copies à 3 x 10 copies) selon la qualité du support de stockage et le niveau de disponibilité attendu. A l’échelle de la vie de la donnée, il sera donc peut être plus judicieux d’externaliser la sauvegarde de ces données en ligne, chez un prestataire spécialisé qui mutualisera les coûts d’infrastructure et de manipulation de données.

Quant aux documents les plus sensibles, l’Etat les conservent sur… du papier. Bien que long et coûteux à manipuler, ce support ne se dégrade pas avant des centaines (voir des milliers) d’années dans des conditions de conservation optimales. Et nul doute qu’on saura encore lire le français. Décrypter un vieux format informatique sera, par contre, certainement plus difficile.


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