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La fonction publique territoriale reste-t-elle la moins bien rémunérée, secteur privé inclus ?

Publié le 07 décembre 2007 par Pascal Naud

Dans le secteur privé, la rémunération nette moyenne a progressé de 2,9 % en 2005 par rapport à 2004. Compte tenu de l’inflation (1,8 % en 2005), la hausse n’est plus que de 1% en euros constants, après avoir stagné entre 2003 et 2004. Pour la fonction publique d’Etat, par contre, le salaire net moyen a bien progressé de 0,9% en euros courants par rapport à 2004, mais en euros constants, il a baissé de 0,9%, soit un différentiel, en négatif, de près de deux points avec le secteur privé. Et ce, après une baisse de 0,4% entre 2003 et 2004.

Ces chiffres sont sensibles aux évolutions résultant des entrées et sorties dans chaque catégorie (recrutements, mises à la retraite), puisque les jeunes recrutés sont moins payés que les fins de carrière. Mais même en tenant compte des seules personnes restées présentes dans chacune des catégories en 2004 et 2005, la progression reste encore plus forte pour le privé (+ 1,6 %) que pour le public étatique (+ 0,4 %). Plus globalement, si, sur les vingt-cinq dernières années et jusqu’en 2002, les évolutions de salaires nets moyens entre salariés du privé et fonctionnaires de l’Etat sont assez voisines, celle du public étatique a décroché du privé depuis 5 ans.

Au final, entre 2000 et 2005, selon les syndicats, et pour les trois fonctions publiques, la perte de pouvoir d’achat s’élèverait à 6 %. Et si l’année 2006 a été neutre, 2007 s’annonce clairement en baisse. 

Les cadres, moins payés que dans le privé

Vu d’avion, les fonctionnaires sont mieux payés que les salariés du privé. En 2005, le salaire net moyen des agents de l’Etat (les plus nombreux des trois fonctions publiques) s’établissait à 25 525 euros net annuels, contre 22 842 euros pour les salariés du privé. Mais par catégorie socioprofessionnelle, la comparaison donne un résultat assez différent. Si l’Etat paye mieux ses ouvriers et employés (19 198 euros net annuels) que les employeurs du secteur concurrentiel (16 500 euros), les cadres (29 575 euros) et professions intermédiaires (21 869 euros) du public étatique gagnent beaucoup moins que leurs collègues du privé (45 327 euros nets pour les cadres, 23 139 euros pour les professions intermédiaires). Cette différence de salaire moyen global entre fonction publique d’Etat et secteur privé s’explique aussi par la plus grande proportion de cadres dans le public étatique (51 %), que dans le privé (17 %). Par ailleurs, conséquence de cet éventail des salaires plus resserré dans la fonction publique d’Etat, le salaire médian (qui divise la population en deux parties, 50 % gagnant plus, 50 % moins) est plus élevé chez les fonctionnaires que dans le privé. Pour les deux autres fonctions publiques, si le salaire net moyen est légèrement inférieur dans l’hospitalière par rapport à l’étatique, la fonction publique territoriale reste la moins bien rémunérée de toutes les catégories, privé inclus.

Des différences entre fonctions publiques

Les trois fonctions publiques (étatique, hospitalière et territoriale) connaissent entre elles des disparités de rémunérations. Concernant le salaire moyen, souvent mis en avant, ces différences sont dues à des structures de qualifications différentes. L’Etat et ses 800 000 enseignants concentrent plus de 50% de cadres tandis que l’hôpital cumule une grande part de professions intermédiaires (personnel soignant). Le salaire net moyen dans la fonction publique d’Etat (2 108 euros par mois en 2004) est ainsi supérieur aux 2 002 euros de la fonction publique hospitalière (médecins compris), et surtout au salaire moyen dans la fonction publique territoriale (1 578 euros). Par catégorie socioprofessionnelle, les écarts se resserrent mais persistent. Pour les cadres, l’Etat est plus généreux : 3488 euros net en 2004 (hors enseignants) contre 3332 euros pour l’hôpital (hors médecins) et 2809 euros dans la territoriale. A l’inverse, les professions intermédiaires sont mieux rémunérées par l’hôpital (2 100 euros net) que par l’Etat (1792 euros net) ou la territoriale (1753 euros net). Ouvriers et employés, enfin, seront mieux payés s’ils travaillent pour l’Etat (1578 euros) que pour l’hôpital (1550 euros) ou la territoriale (1369 euros). A noter également: au sein de chaque catégorie existent de fortes différences entre, par exemple, les personnels pénitentiaires et les maîtres d’école.

La précarité, le public n’y échappe pas

Contrairement aux idées reçues, travailler dans la fonction publique n’assure pas une carrière à l’abri du chômage. En 2005, près de 15 % des agents de la fonction publique étaient titulaires d’un contrat court, contre 12 % pour le privé. Un chiffre à tempérer en raison de la part plus importante de contrats aidés dans le public que dans le secteur privé. Mais même en excluant ce type de contrat, la fonction publique conserve un taux de précaires plus fort que le secteur concurrentiel. La fonction publique territoriale détient la cuillère de bois avec près de 20 % de non titulaires, suivie par la fonction publique hospitalière (13,4 %) et l’Etat (12 %). Cependant, les collectivités locales tendent à la baisse (de 23 % en 2004 à 20 % en 2005), alors que l’hôpital a de plus en plus recours aux non titulaires (de 8 % à 13,4 % sur la même période). Selon une étude de la Dares de 2002, la part de contrats courts dans les effectifs totaux du secteur public aurait progressé de cinq points entre 1990 et 2002, contre trois points dans le privé. Une nuance cependant : les salariés en contrat court dans le public ont deux fois moins de risques d’être au chômage l’année suivante que dans le privé. En matière de recours au temps partiel, les fonctions publiques hospitalière (20,7 % en 2004) et la territoriale (24 %) sont encore une fois largement au dessus de la moyenne nationale (17,4 %)

  Source : Libération – secrétairedemairie.org


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