Elevage de lapins, mode d'emploi

Par Selectionsavicoles

LES CONDITIONS DE LA REUSSITE

Rien ne pourra remplacer les connaissan­ces acquises par votre propre expérience. Seule la pratique vous permet, au point de vue technique, une application judicieuse des méthodes d'élevage basées sur des données théoriques. C'est au cours d'expériences que votre esprit d'observation et votre intuition se développent. Par la suite, adaptez vos expé­riences aux circonstances si complexes et si variables qu'aucun livre ne peut prétendre donner comme définitives.

Dans votre carrière d'éleveur, pour autant que l’on puisse s’exprimer ainsi, il faut vous mettre en face des réalités et vous pourrez alors juger que l'élevage des lapins n'est pas un amusement, mais une occupation très sérieuse qui de­mande de l'action, de l'attachement et une surveillance constante. C'est au cours de la ­pratique qui nous force à voir chaque chose de près, que l'on observe le mieux une foule de faits, que l'on décèle telle affection, etc. Cherchez à connaître les raisons de chaque chose, la valeur des races ou mieux des li­gnées, celle des sujets. C'est là un point ca­pital de l'élevage si l'on désire obtenir des résultats.

Pour tout débutant qui possède le feu sa­cré, qui aime et veut pratiquer la cuniculture, non parce qu'il pense qu'elle exige peu d'ef­forts et d'argent pour rapporter beaucoup, mais parce que la cuniculture, qui joue son rôle dans notre économie nationale, l'inté­resse et qu'il désire y consacrer tous ses efforts pour des profits légitimes ou plus sim­plement pour ses loisirs. Il acquerera, s'il est studieux, assez aisément les connaissances théoriques, car aucun préjugé, aucune idée préconçue, aucune méthode ancienne ne s'opposeront à l'assimilation des méthodes nouvelles d'élevage. L'assimilation de ces données théoriques et pratiques nouvelles est plus difficile pour celui qui a suivi jusqu'à présent des méthodes d'élevage routinières, et si par principe, il nie ce qui se présente comme un progrès, surtout s'il ne sait pas toute l'importance d'un logement clair et hy­giénique, d'une alimentation judicieuse, de soins répétés, d'efforts soutenus, pour obte­nir de lapins sélectionnés tout le rendement qu'ils peuvent donner.

Une autre condition essentielle est le choix de sujets de bonne origine. Il importe de n'avoir qu'une race, car il est impossible, de l'avis de cuniculteurs expérimentés, de me­ner de front avec tout le soin voulu, l'élevage de plusieurs races. Il en est fatalement une à laquelle vous attachez plus particulièrement la constitution de la souche ; elle est alors conduite avec un soin jaloux, mais les autres ?

En éleveur consciencieux, vous les suivrez correctement ; cela ne suffit pas, le résultat obtenu sera certainement inférieur à celui acquis avec votre race préférée. C'est là un fait psychologique indéniable et que connais­sent bien tous les éleveurs expérimentés.

Quelle race faut‑il choisir ? Cela sera évi­demment en rapport avec le but que vous visez. Si vous recherchez uniquement le rap­port, choisissez une race bien "fixée", robuste, et ne vous attardez pas avec des variétés aux caractéristiques merveilleuses. Les ama­teurs qui ont si habilement créé celles‑ci ont dû négliger les aptitudes héréditaires de rap­port pour obtenir ces sujets aux multiples couleurs et dessins, constituant de ce fait, plutôt des curiosités que des lapins aptes à donner à l'éleveur un rendement apprécia­ble. Par contre, pour l'amateur qui élève des lapins par "sport", il trouvera dans la collec­tion des races figurant à notre standard, un choix bien suffisant pour satisfaire les goûts les plus diff iciles.

Il est d'autres faits d'un caractère réaliste, lorsque vous élevez simultanément plusieurs races, Noir et Feu, Argentés de Champagne, Géant des Flandres, par exemple, vous avez des sujets de grande, moyenne et de petite race auxquels vous distribuez souvent une alimentation identique et leur réservez aussi le même logement. Or, les besoins des grandes races sont essentiellement différents de ceux des petites races. Vous vous trou­vez donc dans l'alternative de donner à vos sujets une alimentation ou trop abondante ou insuffisante ; quant au logement, vous donnez trop peu d'espace aux uns et vous perdez beaucoup de place avec les autres. Une première simplification consiste donc à n'adopter qu'une seule, grande, moyenne ou petite race.

DOUZE PRECAUTIONS POUR REUSSIR

1) Noter la production de chaque individu.

2) Se débarrasser des sujets à faible production.

3) Laisser toujours de l'eau propre à la disposition des lapins.

4) Disposer les cages et le matériel de façon à économiser le travail et les pas.

5) Avoir un emploi du temps régulier pour chaque jour et pour la semaine.

6) Eviter au maximum d'exciter les lapins.

7) Tâcher de ne pas aller au clapier l'après‑midi si on le peut.

8) Tenir les lapins à l'abri et éviter les courants d'air, surtout par temps froid.

9) Fournir de l'ombre et asperger d'eau les toits et les abords des cages par temps chaud.

10) Avec les races petites et moyennes, faire saillir les jeunes lapines et commencer à employer les jeunes mâles vers l'âge de 5 mois.

11) L'emploi de mesures d'hygiène et de prophylaxie convenables réduit au minimum les maladies, les odeurs et les mouches

12) Si c'est nécessaire, solliciter le diagnostic d'un laboratoire en cas de maladie.