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Le trésor des banlieues

Publié le 07 juin 2010 par Hermes
Le trésor des banlieues
Nous possédons en France une richesse que nous voulons ignorer mais que d’autres, plus lucides dans une vision à long terme, ne manqueront pas d’exploiter.
Cette richesse c’est, à en croire certains, un boulet que nous traînons avec le poids de ce mot : « banlieue ».
Ah ces banlieues, coupables de tous les maux d’une société à bout de souffle pestant contre ce cancer qui rongerait notre belle France avec l’insécurité, l’islamisme et les profiteurs de tous poils !
Un bel article du Monde nous apprend que ceux qui connaissent le mieux le 93, ce ne seraient pas toutes ces commissions ad hoc qui prolifèrent avec autant de bons amis à placer …mais les américains !
Par le biais de leur Ambassade, les USA se projettent dans l’avenir, conscients des futures mutations ethniques et sociologiques de notre pays. Vivant dans la diversité, les américains, pragmatiques, savent qu’il est inutile de pleurer sur un monde perdu : Laissons la nostalgie à la mauvaise littérature.
Mais hélas, quand l’aigle américain contemple déjà sa proie, le coq franchouillard se trémousse encore dans ses plumes avec le gloussement de Roselyne Bachelot. Oui, celle qui rabroue la trop noire Rama Yade, celle qui - même si sa politique n’est pas la mienne - incarne l’avenir.
Donc c’est là, dans cette banlieue pour nous invisible, que les américains repèrent aujourd’hui l’élite de demain. Quitte à nous en priver.
Pendant que Fadela Amara brasse les paroles en l’air de l’incompétence et de la bureaucratie avec autant d’argent perdu, les américains ne s’embarrassent avec de belles promesses mais se coltinent avec le réel. Ils tissent des réseaux, écoutent, accordent leur confiance.
Et dans ces banlieues dans lesquelles, chaque jour, il faut se dépatouiller avec le réel, on apprend vite.
Alors que le jeune du 93 est vilipendé dans son pays, qu’on lui colle à la peau sa couleur, son origine et la misère sociale comme une sale étoile jaune, ailleurs, à New York, on lui donne sa chance pour ce qu’il fait. Ici, on se contente de le mépriser pour ce qu’il est.
J’aime cette Amérique là qui nous renvoie le triste miroir de ce que nous sommes devenus.
Etre fier de son pays, c’est regarder devant. Tous ces vieux nationalistes qui regardent leur passé n’aiment qu’une nation perdue, un fantasme qui n’existe plus.
A-t-il d’ailleurs un jour existé ?
Et pour ceux-là, il ne reste que la jouissance de la haine.

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