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"La tête en friche"

Publié le 08 juin 2010 par Alexcessif

"- vous êtes un fumiste!" J'ai senti mon oreille s'envoler et j'ai tenté de la suivre en me mettant sur la pointe des pieds. C'est le vouvoiement qui m'a surpris tout autant que l'arrachage d'oreille. Je suis dans la cour des grands et je viens de faire connaissance avec le prof principal de ma future sixième. Longtemps je l'ai cru, M. Moreau. Il a une calvitie qui lui donne un air sévère, des lunettes cerclée de métal doré et un petite moustache à la Hitler très impressionnante pour mes dix ans. Donc il a raison: je suis un fumiste et le reste de ma vie scolaire et d'ado, je me suis interrogé sur la vrai nature de mes actes et, derrière mes envies légitimes d'être aimé, je me soupçonnais des besoins obscurs et vils. Car si M.Moreau l' a dit après m'avoir observé cinq minutes dans la cour de récré et dans mon jeu de lancer de boule de neige où j'avais remporté par la ruse une innocente victoire, cela devenait une vérité immuable. Je me suis senti longtemps sournois et manipulateur puisque Sa majesté l'autorité professorale l'avait décrété.Mauvaise rencontre donc, et aiguillage faussé pour entrer dans le secondaire.
Personnellement ce sont les rares scènes de la scolarité sabotée de Germain qui m'ont émues.


Mais je déteste parler de moi, alors parlons du film!

Il y a beaucoup d'autres thèmes dans ce film de Becker: la rencontre entre la culture et l'illettrisme, le bébé/accident non désiré et son enfance sans amour auprès d'une mère célibataire aigrie et la bêtise grégaire en plus du prof sadique. Mais c'est la mauvaise rencontre de l'enfant Depardieu avec le prof Laspalés qui a ravivé cette douleur ancienne et la résurgence de cette sinistre trace dont je ne me servirai pas pour faire un procès injuste à l'éducation nationale et ses formatages (oup's: je rechute. Ah, cet égo!). L'innocence curieuse servant de soufre douleur à un Maître indigne reste marginale et chaque profession a ses  brebis galeuses. Chacun trouvera dans ce film sensible et humain une raison de s'émouvoir de la soif de culture de Germain/Depardieu satisfaite tardivement par  Margueritte/ Gisèle Casadessus. Par la grâce et l'amitié entre ce modeste Michel Morin un peu jardinier, un peu bricoleur  et l'érudition littéraire de Margueritte   l'objet de la risée populaire devient un spécialiste de Camus. (Il faut dire qu'il revient de loin, le Germain: il confondait  Guy de Maupassant avec le guide Michelin) Un film en général et un Becker en particulier trouve le chemin de l'émotion, grâce à l'humanité simple (ne lis pas: simpliste.) de ce roman de Marie-Sabine Roger filmé par JB et dialogué par Jean Lou Dabadie.

Le texte en voix off sur le générique de fin est superbe.

Version courte: va le voir... et l'écouter!

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LES COMMENTAIRES (1)

Par cat
posté le 20 juin à 11:56
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je cherche en vain le texte de la voix off de fin du film ou puis je trouver merci

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