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Quand le recensement frappe à notre porte

Publié le 08 juin 2010 par Olivia1972

uid1.jpgCoup de sonnette samedi à 10h30 !

C'est le monsieur qui fait le recensement.

Nous avions publié un article expliquant que l'Inde avait lancé le recensement décennal récemment. Voila donc le recensement qui frappe à notre porte !

 La quarantaine, l'air bien fonctionnaire, le quidam nous dit bonjour et nous fait remarquer qu'il est déjà passé hier sur un ton qui pourrait nous faire croire que nous devrions lui présenter nos excuses pour ne pas avoir été présents à l'heure aléatoire à laquelle il est venu vendredi... 

Nous voilà donc très intéressés car nous voulions justement savoir quelles questions allaient être posées dans le cadre de ce recensement ; les journaux avaient fait état d'une polémique sur le fait que les questions portaient sur la religion, les castes etc.. sans compter les questions sur l'eau courante, l'électricité, si on a une machine à laver (çà tombe bien, elle est en panne, va-t-il falloir la déclarer ?) ... Bref, nous allions pouvoir en avoir le coeur net ! Allez savoir pourquoi, mais encore plus qu'Olivia, j'éprouvais beaucoup de bonheur à l'idée d'être recensé ! Mon imaginaire orgueil allant jusqu'à imaginer une question comme "avez-vous des oeuvres d'art ?", ce à quoi je lui aurais répondu que j'avais quelques aquarelles (de mon pinceau) dans l'appartement ! Ah qu'il est bon de se faire plaisir de temps en temps, et après tout un recensement cela ne se produit, comme les vraies éclipses, qu'une fois tous les dix ans. 

Notre recenseur est un fonctionnaire indien de l'Etat du Maharashtra et porte sous son bras une grande planche à dessin (80 cm x 60 cm) sur laquelle s'empilent de grandes feuilles perforées remplies de cases colorées. Tout est écrit en marathi ou en hindi car bien sûr il y a différentes feuilles.

C'est parti, combien êtes vous ici ? Mâle ou femelle ? depuis combien de temps êtes-vous ici ? Combien de temps prévoyez-vous de rester ici (si nous avions répondu moins d'un an, nous n'aurions pas été recensés) ? Nom du père (cela doit faire maintenant un million de fois que je réponds à cette question, bien que le nom de mon père n'ait pas véritablement changé !), occupation, nom de la ville de naissance, date de naissance, êtes-vous propriétaire ou locataire...

Pour les noms le formulaire est rempli en hindi, il nous faut donc prononcer le nom pour que le recenseur en ait la bonne transcription phonétique en hindi.

Puis l'officier traitant nous dit que c'est fini et nous remercie de notre coopération. Nous devons néanmoins signer deux formulaires.

Mais pas question de le laisser partir ainsi ; on veut qu'il nous demande notre religion, notre caste, si nous avons une machine à laver etc...

Non, non, nous dit-il ? Est-ce parce que nous sommes étrangers ? Non, explique-t-il, on a trois catégories et les questions ne sont pas les mêmes. Ah et quelles sont ces catégories ? Il y a les très pauvres, les pauvres et les gens  normaux. Et dans ce quartier, nous précise-t-il, ce sont que des gens normaux (normaux ici veut dire riches), donc on ne pose pas toutes ces questions.  

Nous voilà normaux mais incomplètement recensés !


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