Magazine Poésie

JOUVENCE de José Maria de HEREDIA

Par Fleurdusoleil

mardi 15 juin 2010

JOUVENCE de José Maria de HEREDIA

Juan Ponce de Leon, par le Diable tenté,
Déjà très vieux et plein des antiques études,
Voyant l'âge blanchir ses cheveux courts et rudes,
Prit la mer pour chercher la Source de Santé.
Sur sa belle Armada, d'un vain songe hanté,
Trois ans il explora les glauques solitudes,
Lorsque enfin, déchirant le brouillard des Bermudes,
La Floride apparut sous un ciel enchanté.
Et le Conquistador, bénissant sa folie,
Vint planter son pennon d'une main affaiblie
Dans la terre éclatante où s'ouvrait son tombeau.
Vieillard, tu fus heureux, et ta fortune est telle
Que la Mort, malgré toi, fit ton rêve plus beau ;
La Gloire t'a donné la jeunesse immortelle.

José Maria de Heredia (1842-1905), extrait du recueil “Les Trophées

barres de séparations

 
 

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Fleurdusoleil 213 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines