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Gouvernance économique européenne

Publié le 15 juin 2010 par Egea

J’ai pu assister hier soir à la fin de la conférence organisée par le club « forum du futur » (amiral 2S Betermier) sur « la gouvernance économique européenne ».

Deux orateurs : Elie Cohen, économiste à Science Po, et JL Bourlange ex député centriste européen.

Deux thèmes successifs :

I le constat

E. Cohen. Au-delà de ce constat pessimiste (je suis arrivé en retard, mais devine assez bien le tableau), il peut y avoir aussi des aspects positifs, soulignés par Mario Monti, qui voit trois progrès majeurs :

  • - l’instauration nette d’une culture de la rigueur en Grèce
  • - la mise en place d’une politique de solidarité (plan de 750 GE)
  • - la coordination budgétaire ex ante (avant les votes nationaux) devient pensable.

JL Bourlange. Maastricht et l’euro sont l’ombre portée d’une étoile éclatante mais morte, car datant des années 1980 et de la trinité Mitterrand Kohl Delors. Depuis, que des euronégligents (Chirac, Scroeder) ou des eurosceptiques (Aznar, Berlusconi). On a donc cassé l’outil européen (illusion de la pacification du monde, de la mondialisation heureuse) alors qu’on s’aperçoit aujourd’hui qu’on en a besoin.

II Perspectives.

E. Cohen.

La crise n’est pas finie, cf. le système bancaire espagnol qui doit se refinancer en urgence. Au scénario rose (on ‘en sort, 10% de proba) et au scénario noir (tout se casse la figure, 15 %) , on s’oriente vrs un scénario gris de longue récession.

On a vu se cristalliser une lecture allemande, et une lecture française.

  • Ad : « Suivez mon exemple ». mais ultra déflationniste et désarmement de la BCE (utilisation des méthodes non orthodoxes)
  • Fr : « il faut corriger les déséquilibres globaux de l’UE »

JL Bourlange. Il faut une psychanalyse publique franco-allemande, et au-delà de l’Europe du N avec l’Europe du sud.

Il n’y a pas de tragique (i.e. devant telle situation nette et contrastée, je prends telle décision la face de l’histoire), on est dans des faux-semblants qui doit être traitée par un lent exercice de maturation analytique, car les deux sociétés allemandes et françaises sont profondément ébranlées et gémissent en tâtonnant.

  • FR : a raison de dire qu’il faut gérer la crise, et que l’euro sert à tout le monde (et notamment à l’Allemagne, malgré le discours de Merkel l’Allemagne a fiat le donc de l’euro à l’Europe) et qu’on ne peut sauver la zone que solidairement.
  • AD : a raison de critiquer la non-rigueur en 2007 choisie par N. Sarkozy, de dire que nous profitons indûment de leur vertu (agacement allemand devant la désinvolture française, d’où une rigueur machiavélique – le plan de 80 GE- pour nous forcer à la rigueur). C’est au fond la remise en question du modèle français : croissance, dépend de la consommation, dépend des transferts sociaux, dépend du déficit, dépend de l’endettement.

Ne croit pas à la possibilité d’éclatement de l’euro : c’est d’abord techniquement trop difficile, et en plus, cela aggraverait les problèmes de chacun. On s’oriente vers une longue période de langueur, où la rigueur nécessaire serait compensée par la dévaluation collective de l’euro (ce qui pose des problèmes à l’extérieur, mettant en cause la reprise américaine, dont on voit les déficits remonter, et chinoise, qui est à nouveau rétive devant la modification de la parité du yuan depuis que l’euro baisse).

Je me suis fait cette réflexion, pour conclure : isolationnisme allemand fait retourner l’adage : on disait que les Américains étaient des Allemands qui parlaient anglais. Il semble que le Allemands soient des Américains isolationnistes qui parlent deutsch.

O. Kempf


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