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Un écrivain qui aime les femmes : Rick Bass. Ses héros sont...

Publié le 20 juin 2010 par Mmepastel
Un écrivain qui aime les femmes : Rick Bass.
Ses héros sont...

Un écrivain qui aime les femmes : Rick Bass.

Ses héros sont souvent masculins, et leurs portraits nuancés et profonds. Mais de tout ce que j’ai lu de lui, j’ai toujours adoré la place accordée aux héroïnes féminines. Il n’en parle pas comme la plupart des écrivains. Elles sont souvent fortes, silencieuses, peu soucieuses de leur beauté, indépendantes, et essaient d’être libres.

Il y a un livre que j’aime tout particulièrement, qui s’appelle Platte River. Il est composé de trois récits qui ressemblent à des contes. Il est d’ailleurs dédicacé à cinq femmes : Mary Katherine, Amanda, Stephanie, Mary et Mollie.

Comme toujours chez Rick Bass, on se trouve dans le nord des États-Unis, dans des terres où l’hiver semble durer une année. Dans la première nouvelle, on est dans le nord du Montana. Dans la Grass Valley, l’hiver s’éternise donc. Et une femme arrive. “Elle s’appelait Leena. Elle n’avait pas d’argent et elle arriva sans rien savoir, elle arriva du Sud et plaça une petite annonce sur le panneau situé sur la façade du bazar, pour demander un toit en échange de travail -lessive, jardinage, installation de clôtures, alimentation de chevaux, peu importait.” 

Mais rien ne se présente, alors elle se met à vivre dans une tente au bord de la rivière, avec son chien. “La nuit, elle se baignait dans la rivière. L’eau était très froide, semée de blocs de glace qui descendaient le courant en bondissant comme des têtes de laitue terreuses et qui la frôlaient tandis qu’elle se frottait vigoureusement le corps avec son gant, cherchant son souffle, le froid chassant l’air hors de ses poumons et l’engourdissant peu à peu.” On comprend qu’elle a fui un homme. “Elle n’avait jamais vécu dans un endroit aussi propre. Elle pensait parfois qu’elle pourrait dormir sans fin. C’était bon d’être dans un endroit sauvage où les hommes n’essayaient pas de vous faire subir leur loi.”

Et pourtant, sans que cela soit soumission bien que ça en ait l’air, elle se met à travailler dur pour un vieil homme, un prêcheur, dont la femme esquimau a subitement disparu dans les eaux de la rivière. Ensemble, ils s’escriment à cultiver un potager, contre la loi de la nature elle-même. Ce travail n’a rien d’une occupation distrayante : “Son dos devint aussi large que celui d’un homme, ses bras devinrent épais et compacts. Leena faisait ce qu’il lui disait de faire. Elle ne savait pas pourquoi mais elle lui obéissait.”

C’est comme si elle redécouvrait le lien avec un homme en gagnant sa force, comme si c’était sa seule solution. Dans le combat trop inégal qu’elle a manifestement mené toute sa vie, elle n’avait pas trouvé d’autre voie que de muter en une force de la nature, pour gagner, à la force du poignet, son égalité. C’est une troublante histoire, mais c’est une histoire neuve et scintillante, comme la glace de la rivière.

Peinture de Robert Bateman, Winter Pond.


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