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334° L'Illusionniste

Publié le 22 juin 2010 par Jacques De Brethmas

334°  L'IllusionnisteLa carrière de Jacques Tati s'est terminée dans une certaine confusion qui mêlait difficultés financières et problèmes de santé, laissant les inconditionnels du maître dans l'amertume d'une œuvre inachevée.

S'il fallait tirer un coup de chapeau au grand Jacques, lui rendre l'hommage qu'on a oublié de lui faire de son vivant, malgré le César qui lui fut décerné en 1977 pour l'ensemble de son œuvre, eh bien voilà qui est réparé.

On ne pourra plus sortir une « intégrale » de Tati sans y adjoindre « L'Illusionniste », hommage quasiment amoureux que Sylvain Chomet lui dédie avec une passion du détail, un souci du geste, un respect du son qui rappelle à chaque instant les meilleurs moments de François le facteur et de Monsieur Hulot.

Car il y a le geste Tati, la posture Tati, le cadre tati, le son Tati, très soigné et explicite bien que ne comportant jamais de dialogue. Tati est la charnière entre le muet et le parlant, mais les scènes de Tati avec leurs bruitages soignés expriment bien davantage que beaucoup de films désespérément bavards...

334°  L'Illusionniste
334°  L'Illusionniste
Tati aura ainsi écrit son film le plus émouvant, mais il ne l'aura jamais vu.

Dans mon billet n° 329, j'annonçais « L'Illusionniste » -que je n'avais encore pas vu- comme une réussite potentielle dans la lignée du précédent de l'auteur, « Les Triplettes de Belleville ».

Oubliées les Triplettes... Chomet ne prête que son art et sa technique, mais s'efface complètement derrière le scénario de Tati auquel il donne vie « à la manière de ».

Car on a vraiment l'impression de voir un Tati inédit... L'homme a vieilli, et une grande mélancolie sert de fil d'Ariane aux gags de toutes sortes. Or Chomet, est jeune, -il a 47 ans-. On sent qu'il ne réalise pas « en son nom »...Il a fait -et réussi- le dernier Tati...

334°  L'Illusionniste

Réalisé sur place à Edimbourg et dans les Highlands avec des dessins et des décors hyperréalistes à la Hergé, empreint d'un volet « satire sociale », le film dépeint avec émotion le petit monde du music-hall qui défunte dans les années 60, avec son clown triste, ses hôtels miteux et ses coulisses insalubres. C'est aussi une histoire d'amour que je vous laisse le soin de découvrir.

Ne tardez pas trop, l'ambiance est mélancolique jusqu'au bout : il est déjà dans une petite salle, et le public n'est pas bien nombreux.

334°  L'Illusionniste


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