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L’atelier

Publié le 12 décembre 2007 par Jlhuss

par Arion

Je dis “ma main gauche”, “ma jambe droite”, “mon foie”, “ma tête”, et je les tiens pour des organes. Mais où réside le “je” qui fait l’inventaire? Où s’arrête l’outillage et où commence la direction? Qui possède réellement l’atelier? L’artisan couchant sur place? Le seul maître indéniable n’est-il pas plutôt celui qui, logeant ailleurs, sort à sa guise et ferme la porte à clé ? Nul encore ne l’a vu. Attendons la liquidation.

Les trois quarts de la production sont pour l’échange. Un mot de reconnaissance accompagne parfois la commande. S’il vient “du fond du cœur”, comme une défaillance ventriculaire, prudence ! Pour les conflits internes -un rabot qui se rebiffe, un estomac qui pince- faisons mine de rien, chantons en alouettes étourdies, passons gaiement le vernis au tampon sur les placages.

L’essentiel est de garder pignon sur rue, d’oublier le décret d’alignement, de s’affairer à l’établi dans la clarté de la verrière, chaude et fragile comme l’espérance, la première à voler en éclats quand viendront les engins.


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