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Rugby : La grossière erreur de Marc Lièvremont et Emile N’Tamack.

Publié le 28 juin 2010 par Lben

Quel dommage de finir la saison par un tel camouflé. L’équipe de France a survolé le Tournoi cet hiver mais s’est noyée dans une Tournée qui n’en était même plus une. Tentative d’explications.

Label équipe de France ?

Est ce que l’on peut parler d’équipe de France lorsque manquent à l’appel Servat – Harinordoquy – Jauzion et Traille ( plus éventuellement Chabal et Bastareaud ) ? Difficile de répondre par la positive quand le groupe possède l’expérience des Mas – Nallet – Bonnaire – Dusautoir devant et des joueurs comme Parra, qui a réalisé une grosse saison, Marty, Mermoz, Rougerie et les Toulousains Fritz, Clerc et Poitrenaud derrière. Au niveau des avants, c’est sur, il n’y avait pas de quoi parler d’une équipe bis même si William Servat et Imanol Harinordoquy  ont atteint une plénitude dans leur rugby qui en fait des références mondiales. Par contre, derrière, ce n’est pas la même chose. Yannick Jauzion s’est rappelé, cette saison, qu’il restait la référence du poste de centre en France. Son assurance physique et technique en fait un joueur qui peut, même dans un mauvais jour de l’équipe, garder le navire à peu près à flot en remportant malgré tout la bataille du milieu du terrain. Le seul, actuellement, qui puisse le remplacer et remplir le rôle, c’est Damien Traille. Manque de chance, il est blessé. Et comme, dans le même temps, Maxime Mermoz a connu une saison difficile par la succession de blessures et que Florian Fritz n’évolue pas, pour le moment, en équipe de France en situation de confiance, l’équipe de France souffre derrière.

Mais plus que la performance de joueurs qui ont surtout décroché mentalement, je voudrais insister sur les erreurs commises par l’encadrement. Autant, comme je viens de le dire dans le paragraphe précédent, l’équipe de France a présenté une équipe qui tient la route devant, autant derrière on est loin de ce que l’équipe de France doit montrer. C’est dû à quelques absences, c’est dû à un manque de cohésion et peut-être d’envie, mais c’est certainement aussi dû à l’erreur des entraîneurs de composer une ligne de trois-quarts qui, assemblée ainsi, n’a pas le niveau ! Marc Lièvremont et Emile N’Tamack viennent de se faire rappeler ce que sont les règles du haut-niveau. Ils se sont certainement laissé bercer d’illusions par les 2 défaites de l’Argentine face à l’Ecosse, pensant que, du coup, cette équipe Sud-Américaine ne présentait pas un écueil important pour une équipe de France, vainqueur du Grand Chelem. Comme, en même temps, ils ont voulu sanctionner certains joueurs comme Maxime Mermoz pour leur production, où plutôt leur manque de production, face à l’Afrique du Sud, ils ont offert à des Argentins assoiffés de revanche sur eux-mêmes, une victoire qui nous fait mal.

Donner leur chance à Jérôme Porical et Laurent Mazars, relancer Florian Fritz, sanctionner Maxime Mermoz, David Marty et Clément Poitrenaud n’étaient pas, pris individuellement, des mauvaises idées mais faire tout cela en même temps alors qu’en plus, il faut se passer de Yannick Jauzion et Damien Traille, c’est courir à la catastrophe. Et c’est ce qui est arrivé. L’équipe de France n’avait pas les armes pour lutter et ce d’autant plus qu’elle partait battu au niveau de l’engagement et de l’envie de gagner. Les entraîneurs français sont les premiers fautifs de la défaite en Argentine. Ils ont fait une erreur de casting qui vient de l’intégration en même temps de Jérôme Porical et Laurent Mazars ajouté à la réintégration de Florian Fritz à qui ont a demandé de jouer comme Yannick Jauzion et de l’absence de véritable patron, Aurélien Rougerie, le seul qui pouvait tenir le rôle, n’étant pas sur le terrain. Autant la défaite en Afrique du Sud était prévisible, esprit de revanche Sud Africaine + déficit de fraîcheur physique trop important entre les 2 équipes à ce moment de leurs saisons respectives, autant la capitulation de Buenos Aires étaient évitable, au moins au niveau du score. Si un match de rugby se gagne sur l’envie et, de ce côté là, les Argentins étaient bien mieux armés que nous, il n’en reste pas moins que l’équipe de France n’était pas à son niveau ce samedi.

Arrêter de croire que l’on peut avoir 30 joueurs de niveau international :

L’erreur de Marc Lièvremont et d’Emile N’Tamack est de croire que l’on peut « fabriquer » 30 joueurs de même niveau en prévision de la Coupe du Monde. Le problème c’est que cela ne marche pas comme ça, il existe une différence de hiérarchie et de classe entre les meilleurs et les bons joueurs. C’est la règle du haut niveau qui s’applique dans tous les sports. Certains identifiés comme bons joueurs ont la vocation à devenir des grands joueurs à condition de leur donner le temps de travailler pour progresser et surtout de les intégrer dans l’équipe à dose homéopathique. Il existe une hiérarchie et plus on s’en éloigne, plus le risque est grand de ne plus être au niveau. C’est ce qui s’est passé en Argentine avec, il faut l’ajouter, un manque d’humilité des entraîneurs qui ont certainement dû se dire, au moins inconsciemment, que si l’Argentine n’arrivait pas à battre l’Ecosse, alors cette équipe ne présentait pas trop de risque. Ils ont cru, au fond d’eux-même, qu’ils jouaient 2 fois contre la province de Buenos Aires. Et la 2ième fois leur a été fatale.

Sans Yannick Jauzion et / ou Damien Traille, le niveau a tendance à baisser. Mais si l’on aligne une équipe qui, en plus, combine manque d’automatisme et d’expérience, le rendement baisse, d’un coup, considérablement. Et comme en plus de cela, l’équipe de France ne possède pas une charnière capable de peser sur un match, quel que soit la configuration de celui-ci, et notamment lorsque le pack français ne se montre pas dominateur, la défaite parait logique. C’est exactement ce qui s’est passé ce week-end. L’équipe de France avait besoin d’une victoire, il fallait donc aligner une ligne de trois-quarts proche de ce que la France peut proposer de meilleur. Par exemple, j’aurai bien aimé voir ce qu’une association Fritz – Mermoz peut donner. Quitte à relancer le Toulousain autant le faire dans les meilleurs conditions possibles. Et qui nous dit, en plus, que ces 2 là ne sont pas l’avenir de l’équipe de France ? Pas moi en tout cas.

Dans la perspective de la Coupe du Monde l’an prochain, je comprends le soucis de l’encadrement de construire un groupe homogène. Attention, néanmoins, à ne pas faire 2 erreurs. La première consisterait à croire que homogène veut dire avoir 30 joueurs interchangeables. Encore une fois, c’est impossible. Et la 2ème, ce serait de privilégier les rotations pour donner sa chance à un maximum de joueurs au détriment de la cohésion entre les joueurs qui constituent l’ossature de l’équipe. Une équipe type doit, à partir du mois de novembre, se dégager et il sera, ensuite, important de travailler avec elle sur la confiance et la cohésion. Et ce même si elle connaît un jour sans. Les entraîneurs français doivent, à partir de maintenant, assumer leurs choix et s’y tenir. Quitte à se faire violence à pousser des coups de gueule face à des joueurs qui n’ont pas rempli le contrat plutôt que de pratiquer la menace de faire des rotations dont tout le monde sait qu’elles ne sont pas du même niveau.

Dans cette défaite face à l’Argentine, j’ai retrouvé les ingrédients de la 1ère saison de Marc Lièvremont à la tête de l’équipe de France. Même si celui-ci a, cette fois, des circonstances atténuantes dans une tournée pitoyable dans son organisation, le haut niveau vient de lui rappeler une des règles essentielles qu’il devra bien avoir en tête au moment d’attaquer la Coupe du Monde, l’année prochaine…


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