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Actualités des marchés obligataires et Impacts dans les BFI

Publié le 29 juin 2010 par Sia Conseil

illustration_cobranding_part1 L’année de tous les records… et après ?

L’année 2009 fut l’année de tous les records sur les marchés primaires obligataires. En effet, dans le contexte de crise et de durcissement de l’accès au crédit,

l’émission d’obligations s’est révélé un moyen de substitution utile pour les Corporate en recherche de financement.Les premiers mois de 2010 montre que sans atteindre les mêmes niveaux, les volumes et montants émis sur les marchés obligataires restent élevés.
Pour les banques de financement et d’investissement, qui prennent en charge, syndiquent, ou participent à ces émissions, ce contexte est particulièrement attractif. Cependant, sur le plan opérationnel, c’est un véritable challenge : Une émission se traduit par un très grand nombre de transactions (le carnet d’ordres des investisseurs sur le marché gris) qu’il faut traiter dans un temps réduit (pas plus de quelques jours).

Un marché secondaire dynamique qui nécessite des efforts d’efficacité

Sur le marché secondaire, après une année 2008 particulièrement agitée (disparition de certains investisseurs, retrait de plusieurs market-makers, grande volatilité des prix), l’année 2009 a marqué le retour à la stabilité et à un niveau d’activité soutenu.
D’après nos analyses, les volumes devraient rester relativement élevés à moyen terme. En effet, côté buy-side, l’appétence des investisseurs pour des produits simples et aux risques limités devrait rester forte dans un contexte post-crise. Côté sell-side, les obligations sont le produit d’appel par excellence : simple, liquide, lisible. Les efforts des banques de financement et d’investissement en matière d’offres vont donc être importants. En effet, elles doivent redorer leur image et positionner leurs clients au centre de leurs préoccupations. Enfin, des initiatives de place en faveur de la transparence, de la liquidité et de l’efficience du marché secondaire obligataire devraient contribuer à maintenir des volumes élevés. Citons par exemple le projet Cassiopee de création d’une plateforme obligataire de référence en Europe.

D’un point de vue opérationnel dans les banques d’investissement, les volumes supplémentaires doivent être absorbés à effectif constant (la crise impose des réductions de coûts). Alors que dans le même temps, le suivi du risque est renforcé. Pour relever ce défi, les banques d’investissement doivent encore accroître leur efficacité.

La réponse ? Le STP bien sûr !

Comme toujours dans les métiers des titres, l’amélioration du process et la capacité des équipes opérationnelles à absorber les volumes passe par l’automatisation de la chaîne de traitement Front-To-Back.
Cette « STPisation[1] » doit s’appuyer sur les standards de place, à tous les niveaux.
Au niveau front-office, l’augmentation des ordres exécutés électroniquement via les plateformes (Tradeweb, Bondvision, MarketAxess, etc.) permet d’automatiser les saisies, à condition que le système d’information soit interfacé avec les plateformes. De plus, ces plateformes offrent désormais des services à valeur ajoutée (allocation automatique des ordres, accès direct aux chambres de compensation pour les plateformes interbancaires, etc.) qui permettent d’outsourcer certaines tâches.
Côté back-office, les 2 grandes causes résiduelles de rupture de la chaîne automatique sont :

  • L’allocation des ordres : les ordres face aux Asset Managers sont souvent exécutés, côté front-office, en bloc (c’est-à-dire que l’Asset Manager regroupe plusieurs ordres sur plusieurs fonds). Côté back-office, le dénouement doit se faire au niveau fin, c’est-à-dire que l’ordre bloc doit être alloué sur les différents fonds de l’Asset Manager avant d’être envoyé pour instruction au dépositaire
  • La détermination des coordonnées de règlement-livraison des contreparties (les « Standard Settlement Instructions ») : en effet, l’utilisation d’un compte ou d’un autre par les contreparties dépend de nombreux facteurs qui ne peuvent pas être tous modélisés au sein des référentiels

Actualités des marchés obligataires et Impacts dans les BFI

Figure 1 : Le processus d’allocation et de détermination des SSI – Schéma simplifié (Cas d’un deal négocié en bloc, à allouer, et pour lesquels les SSI ne peuvent pas être déduites d’un référentiel)

Les plateformes de pré-confirmation offrent aujourd’hui les solutions qui répondent, techniquement, à cette double problématique. Concrètement, les cinématiques de pré-confirmation proposées par ces plateformes permettent aux contreparties de fournir, dans leurs messages (et dans des formats standards et exploitables), le détail de leurs allocations ainsi que leurs coordonnées de règlement-livraison.

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Figure 2 : Utilisation d’une plate-forme de pré-confirmation

Si l’utilisation des plateformes de pré-confirmation est souhaitée depuis longtemps par les banques d’investissement, il existe cependant quelques freins à un usage global et systématique :

  • les coûts d’adhésion et d’interfaçage à ces plateformes, trop élevés pour certains acteurs (les petits Asset Managers)
  • la coexistence de plusieurs solutions (Oasys, Trax, Swift, etc.) hétérogènes et partiellement redondantes. De ce point de vue, la place doit s’accorder sur une cible claire.

Au-delà du STP

Cependant l’automatisation n’est pas une réponse suffisante. Lorsque que la chaîne de traitement est complètement automatisée et fiable, les problèmes se focalisent à 2 niveaux :

  • La qualité des référentiels : le moindre problème (absence de donnée, données erronées, retard de mise à jour) se traduit immanquablement par une rupture de la chaîne ou par un suspens.
  • La qualité des saisies par le Front-Office (traders et sales) à l’entrée de la chaîne de traitement.

Concernant ce dernier point, et au-delà des solutions traditionnelles (pilotage de la qualité des saisies via les Key Performance Indicators adaptés), il existe un mécanisme efficace pour améliorer la qualité des saisies : Sanctionner les erreurs et les retards de saisies en imputant des pénalités financières sur le P&L des traders et des sales (ces pénalités pouvant être reversées aux fonctions supports – Middle-Office et Back-Office).
Alors que toute la place appelle de ses vœux un renforcement des contrôles et des fonctions support, le moment est propice, dans les Banques d’Investissement, pour responsabiliser les traders et les sales en créant ce type de dispositif.

Sia Conseil



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