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Sarkozy découvre que l’eau mouille (mais les affaires continuent)

Publié le 29 juin 2010 par Ncadene

On pensait qu’un ministre ne pouvait pas payer ses dépenses personnelles sur le budget du ministère, c’était une évidence pour tous les français. Il a fallu 3 ans à Nicolas Sarkozy pour le comprendre.

La moitié des mesures annoncées sont évidentes et auraient dû être respectées dès le départ : leur non-respect est déjà, à la base, un grave abus de droit des concernés. Il en est ainsi de la prise en charge par l’État de la location de logements dans le parc privé, de l’utilisation de l’argent public pour des frais d’ordre privé, des déplacements abusifs et des nombreux avantage en nature.

L’autre moitié de ces mesures est constituée d’engagements de 2007 de Nicolas Sarkozy et/ou de François Fillon et qui n’ont jamais été respectés : 20 collaborateurs maximum par ministre (François Fillon en compte 57), 4 par secrétaire d’État, la fin des chasses présidentielles, réduction du nombre de cérémonies, baisse des frais de bouche, réduction du parc automobiles.

Les effectifs des cabinets ministériels s’élèvent à près de 3 300 personnes et leurs rémunérations ont atteint 69 millions d’euros l’an passé (en hausse de 21% par rapport à 2008), alors que dans le même temps, les rémunérations des fonctionnaires au mieux stagnent et les retraites baissent.

En 2010, Nicolas Sarkozy a connu une augmentation de +1.2% de sa rémunération, après s’être augmenté de +220% après son arrivée à l’Élysée.

Nicolas Sarkozy parlait en 2007 de « République irréprochable» , mais jamais nous n’avons connu autant d’indécences et de manquements à l’éthique dans un gouvernement de la 5ème République. Les affaires concernant des ministres (pourtant maintenus, ce qui ne se verrait nulle part ailleurs dans une démocratie moderne) sont désormais monnaie courante : la mission à 9.500 euros mensuels de Christine Boutin, le cumul de rémunération et retraites des parlementaires,  le « placement»  du fils de Roselyne Bachelot, le logement de fonction de Christian Estrosi, les cigares à 12.000 euros de Christian Blanc, le vol en jet privé à 116.500 euros d’Alain Joyandet, les conflits d’intérêts d’Éric Wœrth, etc.).

Hasard du calendrier, les annonces de Nicolas Sarkozy interviennent au moment où est annoncée une prime de 40 ou 60 000 euros annuels pour les préfets « méritants»  ainsi que la mise en service d’un « Air Force One»  à la française dès l’automne prochain. Ce sera un airbus A-330-200 entièrement aménagé pour un coût d’environ 180 millions d’euros. Cet avion disposera d’une soixantaine de fauteuils « business» , d’une grande salle de réunion , d’une chambre et d’une vraie douche pour le chef de l’état, de dernier cri en matière technologique (fax, Internet, téléphones, etc.), d’une mini-salle d’opération et sera équipé d’un système de leurre antimissiles.

Ces annonces du président de la République constituent une nouvelle manœuvre pour faire oublier les réductions de dépenses publiques drastiques, notamment dans les écoles ou les services publics et pour poursuivre l’amplification d’une politique d’austérité dont les victimes sont les collectivités locales, l’emploi dans les services publics, l’investissement public et au final l’ensemble des Français.


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