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Le défi de la nouvelle évangélisation

Publié le 29 juin 2010 par Beniouioui

Depuis quelques temps, BeniNews donnait l'impression de broyer du noir. Les nouvelles n'étaient pas fameuses et la lumière de l'espérance semblait bizarrement se terrer alors qu'elle devrait resplendir. Pourtant les bonnes nouvelles sont pléthores dans notre drôle de monde.

La lumière d'espérance de l'hédoniste pourrait être le retour de l'été, du soleil et des décolletés. La lumière d'espérance du relativiste pourrait être de voir que même les gens très riches n'ont pas les moyens de payer leurs impôts. La lumière d'espérance de l'ultra-réaliste pourrait être de se dire qu'il a éviter le pire avec le nouveau programme intellectuel de M6 "Trompe-moi si tu peux" à 23h plutôt qu'à 20h30.

La lumière d'espérance du vaticaniste est quant à elle l'annonce officielle par le pape Benoît XVI de la création d'un dicastère dédié à la nouvelle évangélisation.

Le Saint-Père a mille fois raison lorsqu'il affirme que les pays où l'Evangile a depuis longtemps des racines ont besoin de l'aide de l'Esprit Saint. Et il voit également juste lorsqu'il énonce que "l'homme du troisième millénaire lui aussi voudrait une vie pleine et authentique; il a besoin de vérité, de liberté profonde, d'amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l'âme de l'homme a soif de Dieu, du Dieu vivant."

Cette volonté de revivifier notre vieux continent en s'appuyant sur l'Esprit Saint est clef, car elle pousse notre société occidentale à rencentrer son projet sur les quatre premiers fruits incontournables de l'Esprit :

L'Amour : cet amour qui est notre objectif ultime mais que nous suivons parfois par des chemins de traverse; cet amour qui se donne gratuitement mais qui nous confronte à notre désir égoïste; cet amour qui nous libère dans sa transcendance en tant que "choix définitif" (Benoît XVI) mais qui nous pousse à sortir de nos "choix" du moment. L'humanisme de nos politiques semble libérateur (cf discours de Roselyne Bachelot sur l'IVG) alors qu'il est très loin de l'amour absolu et vrai. Benoït XVI explique que la liberté réside dans l'obéissance à Dieu, c'est-à-dire dans l'amour des uns et des autres, et non dans un choix égoïste ni même une liberté institutionnelle qui est une liberté de consensus, lequel consensus des hommes a provoqué nombre d'horreurs. La nouvelle évangélisation doit apporter cette amour libérateur à un peuple qui s'enferme.

La Joie : la joie du chrétien, c'est le fait de se savoir aimé de Dieu. Mais la joie de l'humain, c'est celle d'être. On a souvent l'impression que l'homme s'auto-avorte. Il ne supporte pas sa propre naissance et passe sa vie à la supprimer. Ou dit de manière positive, l'homme cherche à améliorer sa condition qu'il n'aime pas. Pourtant la création est magnifique. Que ceux qui ont la chance de pouvoir voyager mettent en pratique le proverbe africain qui dit : "assieds-toi au pied d'un arbre et avec le temps, tu verras la création défiler devant tes yeux." La nature est sublime; la vie est un trésor; l'avenir est une espérance. Nos sociétés souffrent de déséspérance. Elles ont le moral en berne et s'en remettent mécaniquement à des plaisirs qui les satisfont à court terme. La nouvelle évangélisation doit apporter cette joie pleine d'espérance à un peuple qui trépigne.

La Paix : sujet souvent abordé sur BeniNews, la paix est une épreuve. Des guerres qui secouent le monde aux actes de violence gratuite qui se développent dans nos banlieues et plus largement en France, la paix semble compromise. "Acquiers la paix intérieure et, autour de toi, des milliers d'âmes seront sauvés." (Seraphim de Sarov). La paix est éminemment liée à l'amour et à l'espérance; la paix est imbriquée dans la foi. Dépasser ses pulsions, ses haines, ses incompréhensions est un acte de volonté mais surtout d'intégration de l'amour de Dieu. Je suis aimé, j'aime, je suis en paix. La nouvelle évangélisation doit apporter cette paix à un peuple a peur.

La Patience : l'amour, la joie et la paix viennent de Dieu mais sont loin des hommes. L'homme est appelé à être saint mais il ne l'est jamais. Ou plutôt, il ne l'est pas encore. Il doit patienter. La patience, c'est la patience de Dieu qui prend son temps pour que les hommes viennent librement à Lui. La patience, c'est aussi la patience des hommes qui ne peuvent pas perdre confiance. L'amour, la joie et la paix exigent un dépouillement, un abandon que nous ne sommes pas prêts à faire... pour le moment. Il arrivera un jour où nous aurons suffisamment lâché prise que nous serons pleinement heureux. "Au bout de la patience, il y a le ciel", dit un proverbe africain abondamment cité par BeniNews. Nos hommes politiques ne s'arment pas plus de patience que leurs concitoyens. Ils agissent à court terme pour obtenir une réélection. La patience est une vertu qui n'existe pas non plus dans le monde des affaires ni même dans l'univers familial. La patience, nous l'avons même pas avec nous-mêmes. Il n'y a pas plus exigeant envers un homme que lui-même. La nouvelle évangélisation doit apporter cette patience à un peuple qui s'excite et en perd son bon sens.

Avec ce nouveau dicastère, nous avons donc une bonne nouvelle. N'allons pas trop vite; soyons patients et faisons confiance à l'Esprit Saint. Commencer le travail, c'est déjà le réussir.

"Il faut que ça brûle" (Pierre Goursat, fondateur de la Communauté de l'Emmanuel)


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