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Poeme de Boltenhagen66 : Sarcelles

Par Illusionperdu @IllusionPerdu

Sarcelles

Un oiseau survola Sarcelles avant de venir tournoyer au-dessus de la tête de Philippe. Sans comprendre, il fut face à la porte de sa maison.
Il chercha alors ses clefs, mais s'aperçut que sa poche était vide. Il réalisa alors que celle-ci était percée. Il se frappa le front: comment allait-il entrer chez lui? Après avoir passé en revue les différentes possibilités, il décida de rentrer par la fenêtre entrouverte. Il jeta un coup d'oeil rapide alentour, passa une jambe, puis l'autre, et se retrouva dans l’appartement. Soudain, la lumière s'alluma...
- C'est toi? Que fais-tu là? Pourquoi tu n'as pas sonné?
Gina était là, debout sur le pas de la porte de la cuisine, et tenait dressée au-dessus d'elle une poêle à frire.
- Et toi? Répondit Philippe. Je ne pouvais pas savoir que tu étais là!
Le visage de Gina se radoucit. Elle posa la poêle et sourit:
- Je n'avais pas de travail, aujourd'hui.
Elle était magnifique. Ses yeux, sa bouche, tout s'éclairait chez elle.
- Viens, dit-elle.
Philippe pénétra dans la salle à manger avant de se laisser choir dans un fauteuil. Un silence s'ensuivit. Puis Gina, qui le regardait, lança doucement:
- Alors? Tu ne m'embrasses pas?
Philippe sourit.
- Je fais durer le plaisir, dit-il.
Puis il ajouta:
- Approche...
Gina s'exécuta, et Philippe posa sur sa bouche un baiser silencieux. Puis un autre. Encore un.
- Je...
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, ni même de la commencer, puisque Philippe la gratifia cette fois d'un long et tendre baiser. Quand cela fut terminé, Gina sourit.
- C'est toi qui embrasses le mieux de tous mes amants, dit-elle.
- Petite dévergondée, dit Philippe.
Ils se regardèrent. Philippe approcha sa bouche de l'oreille de Gina et chuchota:
- Je t'aime...
Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.
- Ça y est... cela fait déjà un an... cela fait une année, une année que la foudre m'a frappé... cela fait un an que nous nous sommes rencontrés. Et j'ai toujours su que c'était toi l'amour de ma vie. De Versailles à Sarcelles. Et ce, malgré les aventures passées.
- Oh... c'est bien vrai?
- Oui, c'est vrai.
- Mon coeur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi attentif à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Philippe rougit. Il se sentait bien. Tout près, son coeur battait.
- Ma puce... Gina...
Mais il ne pouvais pas continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un baobab, en train de aimer à l'air libre. Près d'eux, Betoveen chantait ''Requiem'' en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, Philippe fasciné eut à peine le temps d'apercevoir,Gina réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque Philippe rouvrit les yeux.
- Si nous n'étions pas déjà mariés, je voudrais de nouveau t'épouser, dit Philippe.
Ils discutèrent toute la nuit. Ils parlaient de tout, de rien.
- Tu sais, c'est drôle, dit Gina, car hier matin, Gabriel , notre petit bonhomme, a beaucoup tété de lait de mon sein.
- Le coquin!
- Heureusement je lui ai dit ceci: ''Le jour où tu seras un tant soit peu civilisé, mon petit bonhomme, tu apprendras que ton papa de Philippe est plus physicien que n'importe qui. Et tu est le bonheur de ces jours.
Ils s'embrassèrent pendant des heures. Des jours. Des années. Si d'aventure vous ne croyez plus à l'amour, sachez qu'en ce moment même ils s'embrassent quelque part.


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