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L’horoscope de la femme cancer (5ème partie)

Publié le 01 juillet 2010 par Nicolas Esse

L’horoscope de la femme cancer (5ème partie)

Nous avions quitté le Prince Charles, la main dans la main de Camillus, sur le perron de Balmoral Castle, Écosse.

Au contact prolongé de cette main tiède et puissante, Charles, Prince de Galles, renaît. Le monde est revenu à sa place. Il sent sa cage thoracique qui s’ouvre. Il sent pour la première fois cette odeur de fumée dans l’air froid de l’automne. Il est entre de bonnes mains, entre de vraies mains. Charles voudrait parler mais les mots restent collés au fond de sa gorge et c’est Camillus qui rompt le silence.

- Tu te souviens, Charles ? Il faisait si beau ce soir là.
- Je me souviens.
- Il avait plu tout le jour et le ciel s’était éclairci. Nous regardions le soleil orange tomber dans la mer.
- Et tu m’avais dit que nos chemins allaient se séparer.
- Exact. Toi le Prince de Galles et moi le prince blanc du blues électrique.
- Je t’ai suivi. Depuis le premier vinyle en 1968, jusqu’au dernier. Jusqu’à l’arrêt. Jusqu’à la fin.
- Il faut bien une fin, Charles, tu le sais bien. Le Flower Power était un rêve. Le rêve. Ensuite le commerce est revenu racheter la musique et les musiciens.
- Oui. Les choses sont rentrées dans l’ordre des choses. Tu es agent immobilier, maintenant. Je suis Prince de Galles. Nous aurions dû fuir. J’aurais dû partir à Paris, monter sur les barricades. Malheureusement, j’aime le polo.
- Et moi j’ai vendu mes guitares.
- Alors, il ne reste vraiment plus rien de nous.
- Il reste quelques photos passées et ta main dans mes cheveux.
- C’est ce que je dis, il ne reste plus rien. Non, ce n’est pas vrai, je te regarde et je te revois. Je te reconnais. Tu es encore Camillus et je suis encore Charles.
- Et pour quelques années encore, nous ne sommes pas morts, que je sache.
- Je ne sais pas. Je crois que je suis mort depuis des années, Camillus. Je suis mort et je ne le savais pas. Je le découvre maintenant que tu es là.
- Allons Charles, nous nous retrouvons après tout ce temps et tu m’apprends que tu es mort.
- Tu as raison. Je ne t’ai pas fait venir ici pour mon enterrement. Il s’agit d’autre chose, c’est délicat, et je n’aurai que deux jours pour te convaincre. Deux jours, le temps nous est compté.
- Charles tu me fais peur, qu’y a-t-il de si délicat pour que tu aies besoin de deux jours pour m’en parler.
- Pas ce soir. Pas maintenant. Ce soir, nous célébrons nos retrouvailles. Harriet a préparé ton kidney pie. Tu te souviens de Harriet ? De ces déjeuners qu’elle préparait rien que pour nous pendant que mère était à l’étranger et que nous avions tout le Palais rien que pour nous ?
- Je me souviens de Harriet. Je me souviens de tout Charles. Moi aussi, je n’ai rien oublié.

- Alors rentrons. Il fait froid, maintenant.



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