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Il était juste question de s’aérer la gueule. Zoner en...

Publié le 01 juillet 2010 par Poirpom @poirpom
Il était juste question de s’aérer la gueule. Zoner en...

Il était juste question de s’aérer la gueule. Zoner en tatanes sur Planète Mars. Zieuter les gueules qui déambulent.

L’avantage, sur Planète Mars, c’est que t’es pas emmerdé dans les expos. Tout le monde va poser son cul à la plage.

Rapide conversation téléphonique avec Mél-O la veille au soir. Qui résume, sommairement, la vie culturelle de Marseille.

Parking du MacDo. Réservé à la clientèle. Places libres.

Tant pis pour la clientèle.

Dans la rue, des gueules déambulent.

Muséum d’Histoire Naturelle de Marseille. Au rez-de-chaussée, à quelques pas de la caisse, une double porte vitrée en fin de vie. De l’autre côté, une grande pièce avec trois macaques empaillés aux gueules patibulaires, un ours polaire en plastoc et un faucon aux allures de pic-vert sous stéroïdes.

Photos interdites

Grimpette à l’étage via un grand escalier construit par un aveugle. Aux murs, des gueules. Cadrées serrées.

Un comptoir de vente. Catalogue, bouquins, cartes postales. Puis une grande pièce sombre. Avec des yourtes à l’intérieur. Les demeures mobiles d’un peuple rude comme un hiver et beau comme une espèce vivante. À l’intérieur desdites tentes, des bancs de bois et un écran mal fixé - à la verticale. À l’image, des gueules défilent. Déblatèrent. S’essoufflent. Grimacent. Prennent trop de place. Bougent. Marquent un temps, parfois. Parlent, le plus souvent.

Je me souviens d’eux et je pleure.

De la famille qui aide, qui soutient, qui pèse, qui oppresse, qui fait chier.

De l’amour qui déglingue, qui emporte, qui sauve, qui détruit, qui fait chier.

Des voyages planqués dans un camion citerne, des traversées en barque, des passeurs qui encaissent. Des mensonges qui nourrissent les rêves frelatés d’un monde meilleur. Qui font chier.

Tout le monde y passe. Des ploucs, des cul-terreux, des bouseux, des attardés. Des moches, des grosses, des vieux. Des bourges crispées du trou d’balle, des prolos suintant de crasse. Des chaudasses, des frigides. Des niakwés philosophes, des négros qui parlent mal. Des métèques qui gloussent comme des demeurés.

Des têtards qui n’ont rien à dire. Et le chuchotent comme des cons devant une caméra. 

Cadrés serrés.

Des femmes qui luttent, des sans-papiers qui s’accrochent, des hommes qui se battent. Des parents qui éduquent. Des jeunes paumés. Des vieux qui le vivent bien.

Des gens qui survivent.

Ces crétins qui bavassent déglinguent la caboche. Essorent les organes vitaux. Dégomment tout ce qui bouge. Chatouillent tout ce qui vit.

S’évader de chaque yourte. Pour reprendre son souffle. Reprendre une contenance.

Entre chaque cocon, échange de regards avec la gardienne. Qui sourit. Simplement. Avec son cul de cucuronnaise, son visage de maman, son empathie de Mère Teresa qui embrasse le Monde, à ses risques et périls.

Tu es belle, connasse. Tout comme les six milliards d’autres.


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