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Bugaled Breizh

Publié le 02 juillet 2010 par Ruminances

Posté par lediazec le 3 juillet 2010

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Quand un automobiliste est responsable d'un accident de la circulation et qu'il prend la fuite, il y a délit. Délit sévèrement puni par la loi et non moins sévèrement jugé par l'opinion. Au délit de fuite venant s'ajouter celui de non assistance à personne en danger, si la personne accidentée est grièvement blessée, nécessitant une intervention urgente pouvant lui sauver la vie.

Il y a plus de six ans, en pleine mer, un chalutier breton dont l'équipage cherchait de quoi nourrir ses filets faisait naufrage au large du cap Lizard, dans le sud-ouest de l'Angleterre. L'équipage travaillait dans une zone non balisée où des militaires de la marine anglaise s'entraînaient à faire la guerre dans le cadre d'un programme de l'Otan. Cet accident causa la mort ou la disparition de cinq membres de l'équipage du Bugaled Breizh.

C'est dans un silence de mort, accompagné par la seule rumeur de l'océan, qu'une fois de plus les travailleurs de la mer payaient leur tribut.

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Cependant, le doute, quant à l'origine véritable de l'accident s'installait dans les esprits. Une fois que le stade de la stupeur fut dépassé, les questions ont commencé à donner corps à la thèse selon laquelle l'accident du travail n'avait rien à voir avec les faits que les autorités voulaient imposer à l'opinion en général, à l'armateur et aux familles des victimes en particulier. Depuis 2004, tout le monde se bat pour prouver le contraire. Tout le monde sait, les preuves sont là, que s'il y a eu accident, la cause n'est pas celle que les magistrats de la première instruction à Quimper ont un peu hâtivement conclu en avançant la thèse du « blocage du train de pêche dans la vase ».

Prendre les gens pour des idiots ne signifie pas qu'ils le soient. Ces personnes, ces citoyens, conscients de leur droit et de leur devoir de mémoire, ont continué de se battre, à faire du barouf, pour que la vérité éclate au grand jour. Les médias ont bien relayé.

Ils ont eu raison de persévérer. Un rapport d'expert remis le mois de mars dernier, évoque “une probabilité pour qu'un sous-marin nucléaire d'attaque américain soit impliqué dans le naufrage”. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Rennes a relancé vendredi l'enquête sur le naufrage. Elle charge deux magistrats de demander aux américains de donner la position de leurs sous-marins le 15 janvier 2004, vers 12h00, au moment de « l'accident ».

Vont-ils avoir l'amabilité de répondre nos amis américains ?… Dans combien d'années ?… Délit de fuite ?… Ça va chercher dans les combien ?… Cinq morts !


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