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Pas bâties les Batignolles !

Publié le 04 juillet 2010 par Delanopolis
L'une des plus importantes opérations d'urbanisme parisienne vient de subir un sérieux coup d'arrêt par le fait d'un jugement ayant fustigé son caractère bâclé et trompeur. Après les Halles, c'est le deuxième revers d'envergure subi par la mairie ces dernières semaines. Et, avec les Halles, il s'agit d'un des plus beaux gâchis du delanoisme : une emprise de 40 hectares qui aurait pu se transformer en une sorte de Central Park rééquilibrant la ville vers le Nord et qui finit en une juxtaposition de programmes clientélistes et de jardins mal conçus. Jacques Gauthier vous explique cette semaine la portée de ce coup d'arrêt judiciaire. Pas bâties les Batignolles ! Le bijou de communication urbanistique des Batignolles avec ses tours graciles, ses routes diaphanes en lévitation au-dessus des voies ferrées, sa gare fret d'opérette, sa déchetterie parfumée, sa délicate centrale à béton et son usine aspirante pour papiers gras et épluchures vient de subir une dure confrontation avec les réalités après un jugement prononcé le 24 juin 2010 par le Tribunal administratif de Paris.

C'est à la suite d'un recours engagé par le syndicat des copropriétaires de la résidence Olympe, sise à Clichy-la-Garenne, que cette décision a été rendue. Les copropriétaires de cette résidence, riveraine du bd du Fort de Douaumont, n'ont pas apprécié que la mairie de Paris décide d'entasser, sous leurs fenêtres, de l'autre côté du périphérique l'ensemble des équipements prévus dans le programme de la ZAC Clichy-Batignolles et qui ne ressemblaient en rien à la description publicitaire vendue aux médias. Comme Delanoë fit la sourde oreille et maintint son projet sans rien modifier, ils décidèrent de passer à l'action contentieuse, la seule de nature à le faire plier comme le démontre le dossier des Halles.

Le tribunal a relevé que les équipements contestés ( l'usine de tri des ordures, la gare fret, la déchetterie ) inscrits dans le programme n'étaient pas financés ce qui est contraire aux régles d'urbanisme car il est vain de prévoir de tels équipements si les décideurs sont incapables de dire comment ils seront conçus et qui en supportera le coût. Autrement dit, l'urbanisme au pinceau dont rafole Tramsès 2 n'a pas sa place dans la ville durable.

Le tribunal a aussi noté que le prolongement du T3, de la porte de la Chapelle à celle d'Asnières, maillon indispensable à la desserte de la ZAC Clichy-Batignolles, dont la mise en oeuvre doit accompagner les chantiers de construction des logements et des bureaux, n'était ni décidé, ni financé et que tant que ces détails ne seraient pas réglés, il n'était pas question de construire quoi que ce soit sur le site.

Ce prolongement n'est pas une mince affaire car il faudrait l'intégrer immédiatement dans les travaux en cours porte de la Chapelle. Il supprimerait les bretelles sud du bd Ney porte des Poissonniers et les passages routiers souterrains portes de Clignancourt, porte de Saint-Ouen et porte de Clichy ce qui provoquerait une congestion routière permanente dans le nord parisien.

Avec les travaux de déviation des réseaux et ceux de voirie, on peut estimer l'opération entre 500 et 600 millions d' euros à la charge des Franciliens, en sus naturellement du milliard déjà nécessaire pour le prolongement jusqu'à la Chapelle. La balle est dans le camp du STIF qui aujourd'hui détient le pouvoir de débloquer les Batignolles. Dilemme angoisant pour son président : mettre l'argent des Franciliens dans le projet Arc Express ou dans l'extension du T3 de la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières ?

Resterait une solution de repli : la Petite Ceinture, mais il s'agit là d'une autre histoire qu'il n'appartient pas au petit maire de Paris d'écrire dans la main de Paris la Grande ...


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